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Un vehicule de police en feu dégageant une épaisse fumée noire et des flammes est couché sur le côté sur l'autoroute A20 pendant les manifestations du 17 octobre 2026. (AFP)
Économie
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Par Bernard Raymond Jabre
Publié oct. 21, 2026 - 17:55
La France ne traverse plus seulement une crise budgétaire, une crise politique, une crise sociale ou une crise d’autorité. Le danger véritable apparaît lorsque ces crises, jusqu’ici relativement distinctes, commencent à converger, interagir et se nourrir les unes des autres. C’est alors qu’une succession de crises peut devenir une crise systémique de l’État. Il ne s’agit pas d’annoncer l’effondrement de la France. L’État demeure puissant, l’administration fonctionne, les institutions tiennent et l’économie française reste considérable. Mais une question plus profonde se pose : un État peut-il rester pleinement souverain lorsqu’il perd progressivement sa capacité à décider, à financer ses décisions, à les faire accepter et à les faire exécuter ?
Décryptage
Portrait de l'auteur
Par Taline Becharraoui - Publié oct. 20, 2026 - 23:42
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En Israël, un panneau représentant Donald Trump et Benjamin Netanyahu affiche en hébreu le message suivant: «Président Trump: votez Netanyahu!» En début de semaine, Trump a apporté un soutien sans ambiguïté à Netanyahu en vue des prochaines élections israéliennes, prévues le 27 octobre. (Jack Guez / AFP)
La relance des négociations entre Libanais et Israéliens à Tampa, en Floride, après plus de deux mois de gel (la dernière session avait eu lieu début août à Rome), constitue sans conteste l’événement marquant de ce mardi. Dans la forme, cette réunion a lieu entre deux délégations militaires et civiles, dans un objectif déclaré de faire le bilan des maigres réalisations enregistrées jusque-là. Une réunion de deux ou trois jours dont personne n’attend grand-chose, à l’exception d’un exposé des demandes des uns et des autres, jusque-là irréconciliables. Selon la MTV, en ce premier jour, un bilan a été fait de l’expérience des «zones pilotes» et des défis rencontrés. Mercredi, la discussion portera sur les pays pouvant jouer le rôle d’observateurs après le départ de la Finul, afin de lever des recommandations aux gouvernements. La chaîne a parlé d’un troisième jour qui serait consacré à des réunions bilatérales entre les Américains et chacune des deux délégations.
Opinion
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Par Jad Akhawi - Publié oct. 20, 2026 - 22:01
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Photo GAUTHIER BEDRIGNANS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
De Galerie Semaan aux Galeries Lafayette, il y a une longue distance qu’un écran de téléphone suffit à abolir en quelques secondes. Ici, une tentative d’empêcher les forces de sécurité d’accomplir leur mission; là, une tentative de prendre d’assaut un grand magasin, sur fond de troubles et de pillages. Les pays, les circonstances et les protagonistes diffèrent, mais une même question se pose: depuis quand la colère donne-t-elle le droit d’agresser, et depuis quand le groupe est-il devenu plus important que la loi qui protège ses membres et le reste de la population? Quant à placer le mot «islam» entre ces deux scènes, cela exige une autre forme de courage: celui de poser des questions, mais aussi celui de refuser les accusations toutes faites. Car l’identité religieuse ne se déduit pas d’un visage apparaissant dans une vidéo, pas plus que les motivations religieuses ne se déduisent d’un nom, d’une couleur de peau ou d’un accent. Quiconque entend demander des comptes à ceux qui s’approprient la religion doit d’abord se garder de se l’approprier à son tour pour en faire un acte d’accusation collectif.
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Du fondamentalisme religieux: la danse de la mort (1)

La victoire israélienne lors de la guerre de Juin et la nouvelle occupation de la bande de Gaza ont délivré les Frères musulmans du cauchemar que représentait pour eux le régime égyptien, après un affrontement déclenché par la tentative d’assassinat du dirigeant Gamal Abdel Nasser à Manshiyya, à Alexandrie, en 1954. Les autorités égyptiennes accusèrent alors la «Confrérie» d’avoir fomenté le complot et lancèrent une vaste campagne d’arrestations qui toucha ses principaux dirigeants, parmi lesquels Sayyid Qutb, principal théoricien de la conception du pouvoir propre à l’islam politique. Une décennie plus tard, après l’arrivée d’Abdel Salam Aref à la présidence de l’Irak, celui-ci obtint, par sa médiation, la libération de Sayyid Qutb. L’affaire ne déboucha cependant pas sur une réconciliation. Qutb fut de nouveau arrêté, accusé d’avoir constitué une organisation clandestine visant à renverser le régime égyptien par la force, puis condamné à mort. Il refusa de solliciter la clémence afin d’obtenir une commutation de sa peine et fut pendu le 29 août 1966.

La région entre dans un temps mort, Téhéran réorganise son directoire

La région semble s’être engagée dans une longue «pause», dans un temps mort appelé peut-être à durer jusqu’aux deux échéances électorales de l’automne, en Israël puis aux États-Unis. Des foyers de tensions itinérants persistent cependant, mais ils restent contrôlés. La semaine qui s’ouvre s’inscrit ainsi dans le prolongement de la précédente, sur les plans politique et militaire. Pas de positions en flèche, ni du côté américain, ni du côté israélien, alors que les propos du président américain, Donald Trump, dimanche sur l’Iran, continuent d’alimenter les spéculations sur un éventuel changement de stratégie de Washington.

La centralité du syriaque dans la tradition maronite: un patrimoine vivant (3/7)

La langue, en tant que vecteur de culture nationale, peut devenir un instrument de libération, comme chez Johann Fichte et Karol Wojtyla, et même une véritable raison d’être, selon Charles Malek. Elle forge la conscience nationale, assure la cohésion face aux hégémonies militaires ou culturelles et permet de construire l’avenir en s’enracinant dans l’héritage du passé. Alors que Johann Gottfried von Herder mettait en lumière le rôle de la langue dans la formation de l’identité culturelle, Johann Gottlieb Fichte prolongea cette réflexion en l’associant directement au concept de nation. Ce qu’il désignait par le Volkstum (culture nationale) (1) naquit comme un instrument de résistance face à la suprématie française. C’est sur ce même principe que Karol Wojtyla, futur pape Jean-Paul II, œuvra pour promouvoir l’usage de la langue polonaise dans le théâtre, afin de préserver l’âme de son peuple sous domination soviétique.

Le centre Philippe Chebaya pour enfants à besoins spécifiques: un phare au-dessus de la Vallée sainte

Ce n’est peut-être qu’un petit projet de montagne, mais la pose de la première pierre, samedi 8 août, d’un centre d’accueil pour enfants à besoins spécifiques à Bécharré (24.000 habitants), n’en est pas moins un «grand projet» pour ceux qui l’ont entrepris avec des moyens limités, mais une grande conscience de sa nécessité. Le centre est l’entreprise majeure de la Fondation Mgr Philippe Chebaya, du nom d’un prêtre qui fut, quarante années durant, directeur de l’école publique de Bécharré, avant d’être ordonné tardivement évêque. Un prêtre dirigeant une école publique: le cas est unique au Liban. On doit l’anomalie à la distance qui sépare Bécharré de Beyrouth, mais surtout au fait que le père Philippe a toujours refusé d’être rétribué pour son travail de directeur; et qu’aux heures critiques de la guerre et de l’occupation syrienne, il avait fait de l’école son monastère, dormant et mangeant sur place.

Troublante passivité américaine face aux agressions de l’aile radicale iranienne

L’Administration Trump a affiché durant la semaine écoulée une passivité troublante et inhabituelle, face aux agressions (et à l’arrogance) de l’aile radicale du régime iranien et de ses proxys, tant au détroit d’Ormuz que sur le «front» ouvert par la milice yéménite pro-iranienne des Houthis contre l’Arabie saoudite. C’est dans ce contexte qu’est intervenu cette semaine le pacte de défense commune, scellé entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie, perçu comme une sorte d’Otan sunnite face à l’Iran. La semaine écoulée au Moyen-Orient aura sans doute été marquée par une image: celle du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, du président turc Recep Tayyip Erdogan, et du Premier ministre pakistanais Chehbaz Charif, signant, vendredi, à la Mecque – lieu hautement symbolique – un pacte de défense commune.

La fabrique de la peur, l’état d’exception et la mise à nu de l’être humain au Liban

Depuis l’incident du bus de Aïn el-Remmaneh, en 1975, qui constitua l’étincelle symbolique de la guerre, le Libanais est entré dans un cycle ininterrompu de peur organisée, et non de peur circonstancielle. Il s’inscrit dans ce que certains penseurs appellent «l’économie de la peur» ou les «politiques de la peur», où celle-ci devient une matière que l’on fabrique et que l’on administre, et non plus seulement un sentiment spontané. La peur remplit ici trois fonctions dangereuses: Elle paralyse d’abord l’action collective. Lorsqu’une société vit sous la menace permanente de la guerre, de la discorde, de l’effondrement ou d’un ennemi extérieur ou intérieur, sa préoccupation première devient la survie individuelle, et non l’action collective. Ainsi se désagrège toute possibilité de résistance organisée à une quelconque forme de domination ou d’occupation.