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Opinion
Portrait de l'auteur
Par Youssef Mouawad
Publié oct. 24, 2026 - 14:57
Pour les mollahs iraniens, le sang des Houthis n’est que du sang yéménite, du sang arabe si l’on veut ! À leurs yeux, c’est le sang des autres, tout comme celui du Hezbollah qui est versé au Liban. Ils en usent comme si c’était un produit dispensable ou jetable. Et de fait, leur proxy, libanais fût-il ou yéménite, est toujours prêt à se sacrifier pour la plus grande gloire de wilayat al-faqih . Toujours prêts, toujours partants quand il s’agit de répondre à l’appel du martyre, appel dont le lancement est réservé en exclusivité à ces maîtres de cérémonie que sont les ayatollahs de Téhéran ou de Qom!
Un Œil sur l'évènement
Portrait de l'auteur
Par Hisham Dibsi - Publié oct. 24, 2026 - 03:28
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Photo ALEX WROBLEWSKI/AFP
Si mon père n’avait pas été contraint de se réfugier au Liban et de quitter la ville d’Acre, qui ne craint pas la mer, je participerais aujourd’hui activement aux campagnes électorales, comme mes cousins titulaires de la nationalité israélienne. Mais je possède un document d’identité de réfugié au Liban, qui ne me donne aucune possibilité d’exercer mon droit de vote. Ma fille, en revanche, qui possède la nationalité américaine, débat avec son mari, de sensibilité républicaine, en faisant valoir que les démocrates ne sont pas meilleurs non plus, ni en politique intérieure ni en politique étrangère.
Regard posé
Portrait de l'auteur
Par Rami Rayess - Publié oct. 24, 2026 - 02:43
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Photo RABIH DAHER/AFP
Les intérêts politiques donnent souvent lieu aux convergences les plus étranges. Certaines sont si illogiques qu’elles en deviennent difficiles à comprendre, voire à concevoir. Et pourtant, elles existent bel et bien. Entre la manière dont la politique se pratique et celle dont elle se conçoit en théorie, le fossé est considérable. C’est sans doute ce qui explique nombre des phénomènes auxquels nous assistons aujourd’hui au Liban. En près de deux décennies, le Liban est passé du statut de pays ayant libéré son territoire de l’une des armées les plus puissantes et les plus meurtrières de la région, sans condition, sans traité de paix et même sans accord sur des arrangements de sécurité, à celui d’un État dont cinq collines ont été occupées, puis près de 60 villages, dont les maisons ont été entièrement rasées, tandis que plus de 200 000 citoyens ont été déplacés, sans que leur retour paraisse proche ou même envisageable dans un avenir prévisible.
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Frappes stratégiques contre l’Iran, proposition de négociations directes libano-israéliennes

En Iran, le sort du nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei pose question, et une île iranienne hautement stratégique a été prise pour cible par l’aviation américaine. Sur le front libanais, Israël poursuit son offensive terrestre malgré quelques avancées diplomatiques ces derniers jours autour de l’idée de négociations directes avec Israël, lancée par le gouvernement libanais ; une proposition qui reste tributaire du terrain. Pour la deuxième semaine consécutive, le Moyen-Orient vit comme dans une histoire en accéléré. L’attaque contre l’Iran par les armées israélienne et américaine se poursuit, avec des bombardements intensifs ayant atteint, le 14 mars, l’île iranienne hautement stratégique de Kharg, au nord du Golfe persique. Cette île abrite de grandes infrastructures pétrolières qui ont intentionnellement épargnées par les Américains, alors que le président Donald Trump indiquait que des installations militaires avaient été réduites à néant. L’attaque contre cette île constitue un développement fondamental car elle fait planer une menace potentielle sur les exportations pétrolières de l’Iran.

L’enjeu, contrer non pas «des Libanais», mais le projet khomeyniste

On a souvent parlé, surtout avant la guerre, du « miracle libanais », du Liban comparé au phénix qui renaît de ses cendres. Belle image… Sauf qu’à force de renaitre de ses cendres sans discontinu pendant plus d’un demi-siècle, le pays du Cèdre est aujourd’hui à bout de souffle… D’autant qu’il est miné de l’intérieur par un parti qui ne se soucie en aucune façon de « l’intérêt du Liban et de la survie de son peuple », comme l’a souligné fort à propos le président Joseph Aoun dans son intervention, en ligne, à l’adresse des dirigeants de l’Union européenne. Le chef de l’Etat n’a pas hésité à mettre le doigt sur la plaie en accusant ouvertement le Hezbollah d’avoir réactivé le front du Liban-Sud pour « servir les intérêts iraniens », affirmant que l’objectif de la formation alliée aux Pasdaran est de provoquer « la chute de l’Etat libanais » pour prétendre par la suite qu’elle est, seule, capable d’affronter Israël.

La situation palestinienne… Gaza
Par
Hisham Dibsi
Publié

Gaza est l’avenir L’image générée par intelligence artificielle pour le projet «Riviera de Gaza» traduit, dans toute sa séduction, l’imaginaire immobilier du président Trump et de son gendre Kushner. Elle s’étend sur 365 km² de sables dorés que caressent les vagues tièdes de la Méditerranée, sous un climat dont rêvent les nantis des pays froids. De cette image, seuls sont absents les propriétaires des terres, qui n’ont aucune place dans la scène à venir — pas même au titre d’agents d’entretien ou d’ouvriers du bâtiment —, à l’image des esclaves affranchis à la peau sombre qui contribuèrent, de leurs muscles et de leur sueur, à bâtir et entretenir Washington lors de sa fondation, et qui en forment aujourd’hui encore la majorité de la population.

Le Liban entre conditions de négociation et complexités décisionnelles

Israël pose comme condition préalable le désarmement du Hezbollah avant toute négociation, exigence qu'il sait d'avance hors de portée de l'État libanais, dès lors que la décision de guerre et de paix demeure, dans une très large mesure, étrangère aux institutions de cet État. Israël a néanmoins franchi un pas notable en nommant Ron Dermer à la tête de sa délégation aux négociations avec le Liban — un responsable de haut rang, proche des cercles décisionnels et notamment du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cette nomination confère à la démarche israélienne une consistance politique indéniable et envoie un signal sans équivoque à la communauté internationale: Israël est prêt à s'engager dans un processus de négociation au plus haut niveau.

Walid Khalidi, l'architecte du savoir palestinien

Résumer en quelques lignes l'itinéraire d'un historien qui vécut près d'un siècle et qui, jusqu'à ses derniers jours, demeura plongé dans l'écriture et la réflexion, l'esprit sans cesse habité par ce qui se jouait dans son pays, la Palestine. Et sa cause ne varia pas d'un iota. Walid Khalidi, qui nous a quittés il y a quelques jours à peine, le 8 mars 2026, réunit au fil de sa longue vie de nombreuses qualités, dont la plus saillante est sans doute celle qu'on lui a maintes fois attribuée et que ses recherches et ouvrages confirment: il fut le gardien du récit de la Nakba, et l'homme même qui défit la narration sioniste sur la Palestine.

L’île de Kharg, nouvelle carte maîtresse aux mains de Trump

La guerre entre la République islamique iranienne, d’une part, et l’axe américano-israélien, incluant par ricochet l’Europe et les pays du Golfe ainsi que la Turquie, d’autre part, achève, en ce samedi 14 mars, sa deuxième semaine. Cette première phase du conflit a été axée essentiellement, côté occidental, sur l’élimination, dès les premières heures de l’offensive, le 28 février, d’une quarantaine de membres du haut commandement militaire et politique iranien, dont le Guide suprême Ali Khamenei, suivie d’un matraquage aérien massif et continu visant à détruire les infrastructures militaires et administratives du régime.