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Saoud El-Mawla

Saoud El-Mawla

Les Houthis au Yémen: de Saada à Bab el-Mandeb (4/4)
Par
Saoud El-Mawla
Publié
oct. 11, 2026 - 15:12

VI - La guerre contre l’Iran (février-juin 2026): l’«intervention limitée» Une entrée tardive et symbolique Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël attaquent l’Iran. Très vite, Téhéran ferme largement le détroit d’Ormuz, réduisant les exportations du Golfe à un filet. Beaucoup s’attendaient alors à ce que les Houthis ouvrent un second front à Bab el-Mandeb. Ils ne le font pas. Leur engagement est prudent, graduel et tardif: ce n’est que le 28 mars, un mois après le début de la guerre, qu’ils tirent leurs premiers missiles vers Israël, comme s’ils avaient attendu le moment où leur entrée produirait le plus d’effet.

Les Houthis au Yémen: de Saada à Bab el-Mandeb (3)
Par
Saoud El-Mawla
Publié
oct. 8, 2026 - 03:52

III - De Saada à Sanaa: l'alliance paradoxale et la prise du pouvoir L'usure du système Saleh Pendant plus de trois décennies, Ali Abdallah Saleh gouverne par un système de clientélisme tribal. Il s'appuie sur un pacte conclu en 1978 avec le cheikh Abdallah al-Ahmar, chef de la confédération Hached, et le général Ali Mohsen al-Ahmar, commandant de la 1re division blindée. Son propre clan, les Sanhan, branche de la confédération Hached, tient les commandements militaires et sécuritaires. Ce système repose sur la rente pétrolière, qui représente jusqu'à 75 % des ressources de l'État en 2002. Le déclin de la production (environ -40 % après ce pic) contracte la redistribution. Les petits cheikhs voient leurs subsides réduits, voire supprimés. Au même moment, les Houthis disposent de ressources propres et d'une légitimité extérieure aux structures tribales. Ils peuvent ainsi recruter parmi des tribus frustrées, notamment dans la confédération Bakil, qui réclame depuis longtemps l'égalité avec Hached.

Les Houthis au Yémen: de Saada à Bab el-Mandeb (2)
Par
Saoud El-Mawla
Publié
oct. 4, 2026 - 16:52

II - Le zaydisme: une doctrine de l'imam présent et de la révolte Une branche singulière du chiisme Le chiisme ( chī'a , «parti» de Ali) tient Ali ibn Abi Talib et ses descendants, les «Gens de la Maison» ( Ahl al-Bayt ), pour les successeurs légitimes du Prophète. Au fil des querelles de succession, il s'est scindé en plusieurs branches: les duodécimains (majoritaires en Iran, en Irak et à Bahreïn, et très présents au Liban), les ismaéliens, les courants dits «exagérateurs» ( ghoulat ) et les zaydites, aujourd'hui concentrés dans le nord-ouest du Yémen. Le zaydisme doit son nom à Zayd ibn Ali, petit-fils de Hussein, qui se soulève contre les Omeyyades et meurt en martyr en 740. Son neveu Ja'far al-Sadiq, référence des futurs duodécimains, refuse de le suivre. La séparation se fait sur ce point précis: suivre l'imam qui prend les armes contre l'injustice, ou attendre. Zayd entretenait des liens étroits avec le mutazilite Wasil ibn Ata, et Abou Hanifa, fondateur d'une grande école juridique sunnite, fut son élève et soutint sa révolte. Cette proximité explique que le zaydisme ait longtemps été décrit comme «le plus sunnite des chiismes».

Les Houthis au Yémen: de Saada à Bab el-Mandeb (1)
Par
Saoud El-Mawla
Publié
sept. 30, 2026 - 21:40

En septembre 2026, les Houthis ont pris le contrôle de la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb et frappé le cœur pétrolier de l'Arabie saoudite. Ce basculement clôt la phase d'«escalade contrôlée» observée au début de la guerre américano-israélo-iranienne et ouvre une confrontation directe avec Riyad et ses nouveaux alliés du Pacte de La Mecque. Pour la comprendre, il faut revenir aux racines religieuses, familiales et sociales d'un mouvement né dans les montagnes de Saada. Introduction Le 11 septembre 2026, des combattants d'Ansar Allah plantaient leur drapeau sur l'île de Mayun (Perim), au milieu du détroit de Bab el-Mandeb. En trois jours, ils avaient conquis Hays, al-Khokha, le port de Mokha puis le district de Dhubab, soit environ 5 400 km² arrachés aux forces loyales au gouvernement reconnu. Trois jours plus tôt, leurs missiles avaient atteint l'aéroport d'Abha, la base aérienne King Khalid et des installations d'Aramco à Abha et Jizan, dans l'attaque la plus lourde contre le Royaume depuis des années.

La défaite de Viktor Orbán: un tournant historique pour la Hongrie et l'Europe

La victoire de Peter Magyar et de son parti « Tisza » marque un tournant historique dans le paysage politique hongrois, mettant fin à seize années de règne de Viktor Orbán et de son parti Fidesz. Ces élections ont été qualifiées de plus importantes depuis des décennies, non seulement en raison d'une participation record, mais aussi parce que le résultat a assuré à l'opposition une majorité des deux tiers au Parlement. Celle-ci lui donne le pouvoir de réformer la Constitution et d'annuler les politiques illibérales mises en place par Orbán durant son mandat. Le futur Premier ministre a promis de rétablir la liberté de la presse et de réformer les médias d'État, une initiative visant à démanteler le système de contrôle de l'information sur lequel s'appuyait le régime précédent.