
À un moment charnière de la trajectoire libanaise, la décision d'expulser l'ambassadeur iranien ne saurait être traitée comme un geste diplomatique ordinaire. C'est, très simplement, le premier véritable test de la capacité de l'État libanais à dire « non » à un projet régional qui vide sa souveraineté de sa substance depuis des années. Mais comme toujours, le problème n'est pas seulement extérieur — il réside au-dedans, et plus précisément chez ceux qui se prétendent partenaires dans la gouvernance. Au centre de ce tableau se dresse Nabih Berry, notre omniprésent président de la Chambre. Berry, qui tente aujourd'hui de se poser en garant de la stabilité, est en réalité l'un des principaux architectes de son effondrement. L'homme qui s'est longtemps présenté comme une « soupape de sécurité » n'est devenu, en vérité, qu'une soupape d'obstruction — bloquant toute tentative sérieuse de contester la domination du Hezbollah et l'emprise de l'Iran sur le Liban.








