
«Garde ton sou blanc pour ton jour noir»… C’était une phrase que ma défunte mère répétait devant nous depuis le début de la guerre civile libanaise, il y a plus de cinquante ans. Pour elle, ce n’était pas un simple conseil financier, mais l’expression d’un pressentiment précoce du danger et de la nécessité de se préparer aux jours difficiles. D’autant qu’elle avait connu la tragédie de la famine à travers les récits transmis par son père, dont les deux frères avaient émigré en quête de quoi vivre et dont on était resté longtemps sans nouvelles, tandis que lui était demeuré auprès de ses parents pour prendre soin d’eux…





