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Analyse

L'État et les armes illégales au Liban

Une crise de rôle et de stratégie, pas de décision

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Por Kassem El Saddik
Publicado avr. 2, 2026 - 15:54

Le débat sur le monopole des armes par l'État au Liban n’est plus une simple question de souveraineté ou de légalité, mais est devenu un véritable test sur la capacité de l'État à accomplir ses fonctions régaliennes. La problématique a ainsi dépassé le stade du principe lui-même, qui fait l'objet d'un consensus théorique quasi unanime: à savoir que ce qui fait défaut, ce sont les leviers internes et la vision stratégique nationale susceptibles de le rendre applicable, dans un contexte d'imbrications régionales profondes et d'une fragilité économique et institutionnelle sans précédent. L'absence de trajectoire claire, la persistance d'une politique de temporisation et l'érosion du facteur temps pourraient bien constituer, à elles seules, la menace la plus grave pesant sur la stabilité du Liban et l'avenir de son État.

Le débat sur le monopole des armes par l'État au Liban a cessé d'être un simple débat souverainiste classique portant sur l'application de la Constitution ou l'exécution de la résolution 1701. Il s'est transformé ainsi en une épreuve existentielle de la capacité de l'État à exercer ses fonctions essentielles. Aussi la question centrale porte-t-elle aujourd’hui sur l'immense fossé qui sépare la décision souveraine de la capacité réelle à la concrétiser dans le cadre d'une vision nationale et d'un consensus sociétal englobant, et non plus sur la validité d'un principe dont le consensus théorique est quasi général.

 

Ce déplacement de la question révèle toute la gravité de la conjoncture actuelle. La volonté politique ne suffit plus. C'est la capacité structurelle qui est désormais en cause. L'État libanais se trouve en effet dans une situation inédite de carence de leviers: il ne dispose ni d'un levier interne décisif face au Hezb, ni d'un soutien régional favorable, ni d'une solidarité internationale suffisante, qu'elle soit politique, sécuritaire, économique ou financière. Au-delà d'un simple affaiblissement conjoncturel, cette situation révèle que la décision de monopoliser les armes, aussi juste soit-elle dans son principe, se trouve désormais prisonnière d'un triangle d'impuissance: incapacité à l'imposer, à négocier depuis une position de force et à assumer le coût de son échec.

Restaurer la primauté de l’Etat 

La persistance des armes hors du cadre étatique n'est que la face visible du problème ; plus insidieux encore est le fait que le fossé entre la décision et la capacité est lui-même devenu un facteur d'instabilité. Un gouvernement, présidence comprise, qui proclame un objectif souverain et stratégique sans disposer des outils réels pour l'atteindre s'aventure en territoire périlleux, au point que sa crédibilité même se retrouve en jeu, à l'instar d'un acteur secondaire et non souverain. Le véritable défi déborde ainsi la seule question des armes, et tient désormais à la capacité de réaligner l'ambition souveraine sur la capacité réelle, tout en garantissant la stabilité sociale intérieure.

 

Pour comprendre ce moment, il faut revenir au contexte dans lequel la question du monopole des armes a pris sa forme actuelle. Ce dossier est le fruit d'un processus d'accumulation qui remonte aux accords de Taëf, mais qui est demeuré en suspens pendant des décennies en raison des équilibres hérités de la guerre civile. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que ce processus a quitté le domaine du discours politique pour entrer dans celui des décisions exécutives, notamment après la guerre de soutien à Gaza de 2024 et les arrangements sécuritaires contraignants qui l’ont accompagné. Des arrangements que le Hezbollah a au demeurant accepté, et a contribué à concevoir en sa qualité d'acteur principal et souverain, par l'intermédiaire de son allié, le chef du mouvement Amal et du Parlement libanais, en lieu et place de l'État ou du gouvernement libanais, dans le cadre de la déclaration de cessation des hostilités entre le Liban et Israël du 26-27 novembre 2024 et la remise en exergue de l'application de la résolution 1701.

 

Mais la transition vers la mise en œuvre de cette décision a bien vite révélé les limites de la capacité de l’État. En dépit de cette incapacité à élaborer un tel accord dès le départ, le succès relatif obtenu par l’État à travers le déploiement de l'armée libanaise au sud du Litani n’était pas tant le résultat d'un règlement politique intérieur que des circonstances de terrain imposées par les résultats de la guerre de soutien à Gaza et les pressions qui en ont découlé. En revanche, la transition vers le rétablissement du monopole de la violence sur le reste du territoire a mis en évidence les complexités structurelles du système libanais, où les considérations de souveraineté s'enchevêtrent avec les impératifs de stabilité, et où les calculs intérieurs se croisent avec les calculs régionaux, exposant l'État à des accusations de manque de sérieux dans l'accomplissement des engagements de l'accord.

L’obsolescence la notion de «Résistance»

Le dossier du monopole des armes a paru ainsi entrer dans une phase que l'on pourrait qualifier de «temporisation stratégique», comparable à celle d'autres dossiers tout aussi sensibles et importants, tels que celui du trou financier ou de l'affaire du port de Beyrouth, entre autres, et caractérisée par le fait que ni l'État ne peut avancer de façon décisive, ni le Hezb n'est prêt à reculer, ni la communauté internationale n'est en mesure d'imposer une solution, ni l'environnement régional ne permet un règlement rapide, ni la structure interne ne s'est mise d'accord sur une option. Ce constat suffit à lui seul à révéler que le problème n'est plus technique ou sécuritaire, mais exprime un dysfonctionnement bien plus profond au sein des rapports entre l'État et la société libanaise dans leur ensemble.

 

Dans ce contexte, il est impossible de faire abstraction de la transformation la plus significative intervenue dans l'environnement politique libanais: l'effritement progressif de la vaste légitimité nationale dont bénéficiait la notion de «Résistance». Avant l'an 2000, ce concept ne ressemblait guère à ce qu'il est devenu depuis, car les trois piliers sur lesquels reposait la légitimité de la Résistance, la libération du territoire, la dissuasion d'Israël, et l'action dans le cadre d'un projet national unificateur, se sont fissurés et érodés graduellement.  Le Hezb a d’abord concentré progressivement son assise dans son environnement social au détriment de l'État, en mobilisant les ressources que lui offraient l'économie de rente, à titre principal ou par délégation, en substitut à l'État rentier défaillant de l'époque, renforçant ainsi son emprise sur la représentation populaire et politique de cet environnement, et imposant des mécanismes internes garantissant sa pérennité et celle de son rôle, au détriment de son allié, mais dans le cadre d'une équation façonnée avec une précision d’orfèvre.

Ensuite, les armes n’ont jamais été intégrées à une stratégie de défense nationale concertée, mais sont demeurées hors du cadre des institutions, constituant une structure militaire à ramifications régionales, bien plus qu'un acteur cantonné au Liban.

Par ailleurs, l'engagement dans les conflits régionaux, en Syrie notamment, a contribué à transformer l'image des armes d'un instrument de résistance et de défense, tel qu'on se plaisait à les présenter, en outil d'influence régionale élargie.

Enfin, les effondrements économiques et les guerres à répétition ont ajouté un facteur inédit: le coût social élevé que des pans entiers de la population libanaise se trouvent désormais à supporter, à la suite de choix auxquels ils n'ont pas participé.

 

Assigner un rôle souverainiste à l’armée

Cette évolution n’a pas entraîné l'effondrement total du concept de «Résistance », mais a provoqué son glissement d'une légitimité nationale rassembleuse vers une légitimité partielle, liée à un environnement politique et social spécifique. Là réside pourtant le défi brûlant d'aujourd'hui: si le modèle de la Résistance a perdu une partie, voire la totalité, de sa légitimité, l'État est-il réellement en mesure de combler ce vide?

Cette question ramène le débat à un point fondamental, trop souvent éludé à force d'être posé, mais qu'il serait vain d'ignorer. Car le problème excède les armes elles-mêmes: il touche à l'absence d'une stratégie et des fondements d'une défense nationale alternative, digne de la confiance des Libanais. L'État libanais, malgré sa légitimité juridique, ne dispose pas encore des capacités militaires ni de la doctrine de dissuasion lui permettant de faire face aux agressions israéliennes, d'autant plus que les deux pays se trouvent toujours sous le régime d'un armistice exposé à des violations récurrentes. Insuffisance des ressources, certes — mais aussi, et plus fondamentalement, nature même de la doctrine militaire héritée de Taëf, qui a privilégié la stabilité intérieure sur la préparation à un affrontement conventionnel extérieur ; ainsi que la nature du soutien international, qui a davantage renforcé le rôle de l'armée comme force de maintien de l'ordre que comme armée de combat classique.

Voilà pourquoi le débat sur le monopole des armes demeure incomplet s'il n'est pas articulé à la construction d'une stratégie de défense nationale viable.

 

Dans ce contexte, le débat libanais peut s'articuler autour de trois approches principales. La première est l'approche souverainiste, qui identifie dans la dualité du pouvoir le problème fondamental et voit dans l'imposition du monopole étatique des armes, conformément aux accords de Taëf et aux résolutions internationales, le point de départ de tout règlement. Cette approche est solide dans ses principes et prédomine dans le discours de la présidence et du gouvernement libanais, mais elle tend à ignorer les conditions matérielles de son application.

La deuxième est l'approche réaliste, qui estime que toute solution doit passer par un règlement progressif, une entente et un accord politique impliquant des contreparties, ce qui explique d'ailleurs ses atermoiements ou son absence de la table des négociations, et qui récuse la confrontation directe, car la fragilité confessionnelle et la précarité économique et sécuritaire du contexte libanais feraient de tout affrontement frontal un risque d'embrasement intérieur. Si elle paraît plus réaliste, cette approche est toutefois constamment présente dans les discussions sans jamais produire de solution, se transformant le plus souvent en gestion de la crise plutôt qu'en résolution de celle-ci.

Reconquérir le monopole des armes

Quant à la troisième, l'approche critique, elle avance que le calendrier de ce dossier est plus lié aux pressions extérieures, notamment aux équilibres de l'après-guerre et aux pressions américano-israéliennes, qu'il n'est le fruit d'un consensus libanais achevé. Elle doute de la possibilité de son exécution intégrale, tant qu'Israël poursuit ses violations et son occupation d'un côté, et que le Hezbollah maintient son monopole sur les décisions de guerre et de paix de l'autre, et elle met en garde contre les risques d'une imposition sans conditions politiques appropriées. Elle n'offre cependant pas de solution alternative cohérente.

 

En définitive, ces trois approches reflètent une divergence fondamentale dans la conception de la nature même de l'État recherché: le Liban est-il un État capable de reconquérir son monopole des armes et de la défense? Un système d'équilibres intérieurs fragiles qu'il convient de préserver ou de transformer de l'intérieur par des outils constitutionnels? Ou bien un terrain de rivalités régionales qu'il convient de neutraliser? L'absence de réponse unifiée à cette question, nourrie peut-être du manque de confiance dans la première option, de l'échec de la deuxième au lendemain de la révolution de 2019 et des insuffisances manifestes de la troisième, explique que le débat sur les armes se transforme à chaque fois en interrogation sur la nature de l'État et les modalités de sa reconstruction ou de sa restauration.

 

Tout cela conduit à la dimension la plus complexe du problème: la dimension régionale. La réalité montre que la décision sur les armes au Liban n'a jamais été une décision purement libanaise. Les liens organiques entre le Hezbollah et l'Iran, l'articulation du dossier des armes avec les arrangements du cessez-le-feu avec Israël, sa transformation en composante de la négociation américano-iranienne — autant de facteurs qui ont placé cette décision hors de portée de l'État libanais, réduit au rôle de négociateur supplétif, sans maîtrise des enjeux et sans réelle capacité d'action. Apparaît alors le paradoxe d'un cercle vicieux, où la souveraineté devient une responsabilité sans outils: le Liban est appelé à exécuter une décision souveraine, alors même qu'une large part des conditions de sa réussite se définit en dehors de ses frontières.

Ce qui aggrave encore la contradiction présente, c'est la pression internationale croissante exercée sur le Liban pour qu'il prenne des mesures intérieures, face à la capacité limitée de la communauté internationale à imposer les conditions de stabilité régionale nécessaires au succès de ces mêmes mesures.

 

Il convient ici de souligner le blocage de l'horizon régional. Le pari sur le découplage entre le Hezbollah et l'Iran, deux acteurs soumis à des pressions militaires et sécuritaires sans précédent, demeure incertain, voire plus improbable encore qu'auparavant. Car dans les moments de siège existentiel, les réseaux et les relais alliés tendent à se resserrer les uns sur les autres plutôt qu'à se désagréger. La logique de la «pression maximale» peut en effet aboutir à deux résultats contradictoires: soit pousser le Hezb vers un repli tactique, s'il perçoit que son environnement se dérobe sous lui, cherchant alors à préserver ce qui lui reste de ses acquis et à épargner à sa base des coûts intérieurs plus lourds ; soit le pousser à un raidissement accentué, parce qu'il voit dans les armes la dernière garantie de sa survie politique, organisationnelle et psychologique, ainsi qu'une carte de négociation supplémentaire pour son mandant originel.

Les armes deviennent alors bien davantage qu'un simple outil militaire, se muant en mécanisme de survie politique, psychologique et organisationnelle. Cela fragilise encore davantage l'approche libanaise officielle, qui exige du Hezb qu'il réduise son influence au moment précis où il ressent que cette influence est ce qui le préserve d'une soumission totale.

 

Au cœur de cette impasse se trouve la réalité de l'État libanais lui-même. Car l'État à qui l'on demande de monopoliser les armes souffre d'une fragilité financière sans précédent, d'une faiblesse institutionnelle profonde, de fractures politiques internes et de contraintes sécuritaires majeures. L'économie tarde à se relever, les institutions peinent à retrouver la confiance des citoyens, et la capacité à gérer les crises demeure limitée. À quoi s'ajoutent les pressions économiques, sociales et sécuritaires sans précédent que génère le déplacement massif des populations du Liban-Sud: avec des chiffres atteignant huit cent mille personnes et au-delà, ce déplacement déborde largement le cadre humanitaire pour exercer une pression directe sur les équilibres locaux, les services, les loyers, les ressources municipales et des réseaux de solidarité déjà fragiles.

Les démons des divisions passées

Les rapports font état du risque que la persistance de ce déplacement, faute d'un soutien suffisant, n'ouvre la voie aux tensions et à une politisation de la question de l'accueil. On commence d'ailleurs à percevoir comment cette friction peut se transformer, dans un pays politiquement et confessionnellement divisé, en combustible d'une tension latente profonde, surtout lorsque les déplacés se trouvent associés à des choix militaires que les communautés d'accueil n'ont pas décidés.

 

Quant à l'armée libanaise, censée être l'outil d'exécution de cette décision, elle agit avec une prudence extrême. Elle réussit, relativement, à s'établir au sud du Litani dans le cadre de règles posées par le Hezb et ses parrains régionaux malgré les pertes douloureuses que ce déploiement entraîna, et a annonéé en janvier 2026 tenir la zone sur le plan opérationnel. Mais la transition vers le nord du Litani a démontré que la situation y est fondamentalement différente, puisqu'elle touche aux équilibres intérieurs.

Cette prudence traduit, au-delà des seules limites de capacités militaires, une conscience profonde que tout affrontement intérieur d'ampleur risquerait de menacer la cohésion de l'institution elle-même, ravivant la mémoire des fractures antérieures de la guerre civile. La posture peut paraître passive de l'extérieur ; elle relève en réalité d'une stratégie de survie institutionnelle, et de la conscience que tout pas inconsidéré risquerait de briser la dernière institution nationale qui conserve encore un minimum de cohésion.

 

Cette prudence s'accroît encore au regard de la fragilité financière, judiciaire et sécuritaire de l'État, car même à supposer qu'une décision politique résolue existe, son exécution supposerait des appareils capables de déploiement, de contrôle, d'enquête, de saisie, de démantèlement, de surveillance et de protection des populations, auxquels s'ajouteraient des capacités judiciaires et administratives permettant de gérer les répercussions. Or la réalité montre que les institutions, dans leur ensemble, sont épuisées par l'effondrement financier depuis 2019 et s'efforcent péniblement de maintenir un minimum de fonctionnement à travers des arrangements précaires pour assurer le paiement des salaires et les services de base, grâce à un financement extérieur demeuré insuffisant.

 

À cela s'ajoute la faiblesse structurelle de la position de l'État, gouvernement et présidence confondus. Il ne dispose ni de cartes de pression, ni d'alliances décisives, ni de garanties sécuritaires, étant perçu comme un tiers non souverain dans les négociations. Même lorsque l'État exige un cessez-le-feu complet comme préalable à tout dialogue, la limite de son influence transparaît: il ne possède pas les leviers qui rendraient cette condition contraignante pour quelque partie que ce soit, incapable qu'il est de dissuader Israël tout autant que de faire pression sur le Hezbollah.

L’Etat souffre d’une marge de manoeuvre très étroite

Les données récentes ont d'ailleurs montré que la France elle-même a estimé déraisonnable d'exiger du Liban qu'il désarme le Hezbollah pendant qu'Israël continue de le bombarder et que le parti se prête à l'atermoiement. Cela indique qu'une partie des capitales occidentales commence à reconnaître l'écart entre les attentes imposées à l'État libanais et sa capacité effective. Mais cette reconnaissance ne se traduit pas nécessairement par une protection politique du Liban ; elle risque de n'être qu'un constat d'impuissance sans lendemain.

Ainsi le Liban se trouve-t-il face à une équation implacable: sommé de prendre de grandes décisions souveraines sans avoir le poids de négociation qui lui permettrait d'en imposer le rythme ou les priorités, et sans la capacité réelle de contenir les choix et la cadence du Hezb, dont les liens avec la dynamique régionale sont devenus plus étroits que jamais. En tout état de cause, il ne dispose pas des outils politiques, économiques ou militaires nécessaires pour mettre en œuvre ces décisions ou en circonscrire les répercussions.

 

En définitive, l'État libanais vit une situation sans précédent de carence de leviers, internes comme externes. Il fait face simultanément à une occupation et à une agression continues, à des pressions régionales croissantes, à un effondrement économique et social persistant, à une fragilité sécuritaire grandissante et à une marge de manœuvre internationale étroite.

Le véritable péril que le Liban affronte aujourd'hui tient ainsi moins aux armes elles-mêmes qu'à l'absence quasi totale d'une vision et d'une stratégie nationale réaliste qui précisent le point de départ de la trajectoire, les conditions de l'arrêt de l'agression et du dépôt des armes, le calendrier de chacune des étapes, leur coût respectif et les garanties susceptibles d'empêcher une escalade de l'agression ou une explosion des armes entre les mains d'un État défaillant. Car ce qu'il y a de plus dangereux serait de persévérer dans la politique de temporisation, de laisser filer le temps et d'avancer sans trajectoire, puisque tergiverser finit par devenir en soi plus périlleux que décider.

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