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Ormuz et Liban, les deux leviers de Téhéran

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Por LevantTime .
Publicado juin 20, 2026 - 23:47

Le détroit d’Ormuz et le Liban: deux «armes» militaro-diplomatiques essentielles que l’Iran compte manier pour peser sur les négociations avec les États-Unis, qui doivent s’étaler sur 60 jours selon le mémorandum signé mercredi par les deux parties.

L’Iran a ainsi annoncé samedi «fermer» à nouveau le stratégique détroit d’Ormuz en représailles aux attaques israéliennes au Liban, sans pour autant rompre les discussions en vue d’un accord définitif avec les USA, qui doivent débuter dimanche en Suisse.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, avait averti samedi les États-Unis que le protocole initial serait «en danger» si ses dispositions n’étaient pas appliquées rapidement, en allusion à la situation au Liban.

«Nous tenons Washington directement responsable des attaques israéliennes contre le Liban, et cette escalade menace la sécurité et la stabilité régionales», a affirmé Baghaï, ajoutant, dans une menace à peine voilée adressée à l’Administration Trump, que Téhéran prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts, sa sécurité et les droits de ses alliés.

 

De son côté, l’agence de presse Tasnim, affiliée aux Gardiens de la révolution iranienne, a appelé à l’arrêt des négociations et à la fermeture du détroit d’Ormuz.

Dans la soirée de samedi, le commandement central de l’armée iranienne a pris le relais dans cette opération de propagande en annonçant que «le détroit d’Ormuz sera(it) fermé au trafic maritime», une «première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi» (allusion aux USA). Il a menacé de prendre «d’autres mesures» si nécessaire «pour contraindre l’ennemi (les USA) à respecter ses obligations» contractées dans le protocole d’accord.

CNN, citant une source, a rapporté que Washington avait informé Téhéran qu’Israël avait accepté un cessez-le-feu après les frappes au Liban, et qu’il appartenait désormais au Hezbollah de mettre fin à ses attaques.

Dans une première réaction, le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a indiqué que ses forces demeuraient «vigilantes». Selon le Centcom, le trafic dans le détroit d’Ormuz s’est poursuivi normalement samedi, avec le passage de 55 navires marchands.

 

«Pourparlers techniques» dimanche en Suisse

 

En tout état de cause, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la tenue, dimanche en Suisse, de discussions «techniques» entre Iraniens et Américains, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs.

Parmi les membres de la délégation iranienne figurent le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati, selon la télévision d’État.

Islamabad a confirmé la tenue de ces «pourparlers techniques» dimanche à Bürgenstock, près du lac de Lucerne.

 

Selon le vice-président américain J. D. Vance, l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent déjà en Suisse afin de «gérer certains des éléments techniques de cette négociation».

Des discussions «préparatoires» ont même commencé dès samedi entre diplomates, selon Berne.

 

Plus de 4000 morts au Liban

 

Au Liban, malgré de nouvelles annonces de cessez-le-feu, Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah s’affrontent depuis deux jours dans le Sud, où les opérations israéliennes ont fait au moins 24 morts samedi, après 83 morts la veille.

Les opérations israéliennes au Liban ont fait 4057 morts depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

 

L’armée israélienne a annoncé qu’un de ses soldats avait été tué samedi lors de combats dans le sud du Liban, portant à cinq ses pertes depuis la conclusion d’un accord irano-américain visant à mettre fin au conflit en Iran.

Israël a indiqué viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes. Selon l’armée israélienne, « plus de 50 projectiles » ont été tirés par l’organisation chiite contre ses soldats dans la nuit de vendredi à samedi.

De son côté, le Hezbollah a affirmé qu’Israël était «totalement responsable» des violations de la trêve.

 

Le verrou d’«Ali al-Taher»

 

Des détails sur les opérations militaires en cours ont été annoncés par les Israéliens samedi, selon lesquels «des dizaines de combattants du Hezbollah sont piégés dans des tunnels sous la colline d’Ali al-Taher, au sud du Liban».

Le journal Yediot Aharonot, citant des sources militaires, a rapporté que l’armée israélienne assiège des dizaines de combattants du Hezbollah dans cette région qui, selon l’armée, abrite un complexe souterrain central de la milice pro-iranienne, ainsi que le quartier général de la brigade Badr.

Le quotidien a ajouté que l’opération, au cours de laquelle un équipage de char et un commandant de bataillon ont été tués, visait à s’emparer des tunnels dans la région d’Ali al-Taher, dans le cadre des opérations militaires en cours.

Le site d’Ali al-Taher, où des systèmes de tir sont activés et d’importantes quantités d’armes sont stockées, est extrêmement difficile à cibler par de seules frappes aériennes, compte tenu de sa profondeur et de ses fortifications.

Message de Vance aux chrétiens libanais

Sur un autre plan, le vice-président américain J. D. Vance a adressé un message aux chrétiens libanais lors d’une interview sur Fox News, dans laquelle il leur demande de «garder fermement la foi en Jésus-Christ». «Sachez que vous avez de nombreux amis au sein du gouvernement américain qui œuvrent pour la paix dans la région », a-t-il ajouté.

Vance a expliqué que « le problème fondamental auquel ces chrétiens sont confrontés, ou la raison de leur grande vulnérabilité à la violence, est la présence du Hezbollah, une organisation terroriste implantée de facto au Liban. Le Hezbollah tire occasionnellement sur des Israéliens, et ces derniers ripostent naturellement en état de légitime défense ». Et M. Vance d’ajouter: «Il existe donc un conflit persistant, bien que de faible intensité. Cependant, la situation s’est considérablement améliorée ces dernières semaines grâce aux efforts du président, du secrétaire d’État Marco Rubio et de nombreux autres responsables de l’administration. »

Et de conclure: «La paix a parfois besoin de temps pour s’installer durablement, et c’est ce à quoi nous œuvrons. En réalité, c’est l’objectif que nous poursuivons dans toute la région: changer notre façon d’agir par le passé. C’est une très belle région du monde.»

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