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Ziad Abdel Samad

Ziad Abdel Samad

Liban: le prix de la guerre et l'État en suspens
Par
Ziad Abdel Samad
Publié
avr. 8, 2026 - 18:45

Depuis l'embrasement militaire récent aux frontières du Sud, le Liban s'est retrouvé au cœur du tableau régional en tant qu'espace de confrontation ouverte, ravivant des interrogations anciennes sur son rôle, les limites de son pouvoir de décision et sa capacité à absorber le coût d'un engagement dans des conflits qui le dépassent. Dans ce contexte, une question fondamentale s'impose: comment évaluer le bien-fondé de cette confrontation d'un point de vue strictement libanais, au regard des conséquences qu'elle a engendrées sur les plans militaire, économique et social? Les données de terrain indiquent un coût considérable. De larges pans du Sud ont subi des dommages graves touchant les infrastructures ainsi que les biens et propriétés privés, tandis que des vagues de déplacement interne ont concerné des centaines de milliers d'habitants, alourdissant encore les charges pesant sur les régions d'accueil et sur un État déjà aux prises avec une crise économique et financière profonde. Des secteurs productifs essentiels, l'agriculture et le tourisme au premier chef, ont par ailleurs été durement affectés, au moment précis où l'économie libanaise aurait eu besoin du moindre espace de redressement.

De Brest-Litovsk au Liban
Par
Ziad Abdel Samad
Publié
mars 17, 2026 - 20:46

Entre les leçons de l’histoire et les pressions de la guerre, la même question revient : un État épuisé peut-il différer sa défaite majeure au moyen d’un règlement difficile, ou bien un accord conclu sous un rapport de forces déséquilibré finit-il par peser durablement sur la souveraineté et la stabilité ? Lorsque les États entrent dans l’heure du péril existentiel, la question n’est plus de savoir comment vaincre, mais comment prévenir l’effondrement total. En ce sens, le débat libanais en cours autour de l’initiative lancée par le président Joseph Aoun pour ouvrir la voie à des négociations directes entre le Liban et Israël sous parrainage international déborde les frontières de la polémique politique ordinaire, et pose une question plus profonde qui touche aux limites du réalisme possible lorsque l’État lui-même se trouve menacé dans sa cohésion et dans sa capacité à subsister.

Le Liban entre conditions de négociation et complexités décisionnelles
Par
Ziad Abdel Samad
Publié
mars 14, 2026 - 21:48

Israël pose comme condition préalable le désarmement du Hezbollah avant toute négociation, exigence qu'il sait d'avance hors de portée de l'État libanais, dès lors que la décision de guerre et de paix demeure, dans une très large mesure, étrangère aux institutions de cet État. Israël a néanmoins franchi un pas notable en nommant Ron Dermer à la tête de sa délégation aux négociations avec le Liban — un responsable de haut rang, proche des cercles décisionnels et notamment du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cette nomination confère à la démarche israélienne une consistance politique indéniable et envoie un signal sans équivoque à la communauté internationale: Israël est prêt à s'engager dans un processus de négociation au plus haut niveau.