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L'Essentiel du jour

Le désarmement du Hezbollah réclamé par le G7

Joseph Aoun à Washington dans deux semaines, affirme Trump

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Connaissant le penchant prononcé de Donald Trump pour le métal jaune, Emmanuel Macron a offert au président américain un dîner sous les ors de Versailles, un dernier tour de diplomatie après le sommet d'Evian. (AFP)
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Por Taline Becharraoui
Publicado juin 18, 2026 - 00:47

Depuis qu’il est question d’un cessez-le-feu au Liban mentionné dans le mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis – dont le texte a été publié en soirée par le Département d’État (voir par ailleurs) – les spéculations vont bon train quant aux développements susceptibles de se produire à court terme dans le pays. Non seulement le cessez-le-feu reste plus que précaire, mais des doutes planent au sujet du retrait éventuel des troupes israéliennes et de la question centrale du désarmement du Hezbollah. Si ce parti et son parrain iranien crient déjà «victoire» depuis la conclusion de cet accord-cadre, plusieurs indices sont venus nuancer cette impression affichée par le camp iranien, mercredi.

 

Le premier de ces indices est la position prise par le G7 dont les leaders étaient réunis à Evian, en France. Dans une déclaration commune, les chefs des grandes puissances ont appelé à un cessez-le-feu «solide et immédiat» au Liban, mais ont également apporté leur soutien aux efforts déployés par les autorités libanaises en vue du désarmement du Hezbollah et de l’application du monopole des armes aux mains de l’État libanais. Le communiqué du G7 n’a pas manqué de rappeler «les menaces que l’Iran fait peser sur la région», insistant sur le fait que ce pays «ne doit jamais posséder l’arme nucléaire».

 

Le texte du G7 a enfin exprimé la satisfaction des leaders des sept grands pays concernant l’accord-cadre conclu entre les États-Unis et l’Iran, prévoyant notamment la réouverture du détroit d’Ormuz. Le document met par ailleurs en évidence le rôle que peuvent jouer la Grande-Bretagne et la France dans le déminage et la réouverture du détroit.

 

L’autre indice est l’engagement renouvelé par le président de la République Joseph Aoun concernant la volonté libanaise de sortir le pays de l’influence iranienne. Le président libanais a ainsi levé toute ambiguïté mercredi en insistant sur le fait que le Liban suit une voie «indépendante» de l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Il a parlé «d’assurances» données à l’État libanais concernant les négociations directes qu’il mène avec Israël dans la capitale américaine depuis début avril, et dont la prochaine réunion doit se tenir les 23, 24 et 25 juin. L’État libanais «mène les négociations», il est «maître de ses décisions et personne ne peut se substituer à lui», a souligné la chef de l’État dans un communiqué. Il répond ainsi aux cadres du Hezbollah qui s’étaient empressés de l’exhorter à abandonner les pourparlers directs avec Israël, estimant que le Liban ferait mieux de passer par l’Iran pour plaider sa cause.

 

Le président n’a cependant pas omis de remercier quiconque aide le Liban à obtenir un cessez-le-feu, dont l’Iran, dans une démarche qui montre une grande flexibilité et une volonté d’obtenir un consensus interne, malgré la constance dans sa position sur la souveraineté libanaise.

 

Aoun à Washington?

 

Notons dans ce cadre que le président Donald Trump a indiqué en cours de journée, en marge de sa visite en France, que le président Aoun se rendra à Washington «dans les deux semaines». Une source américaine autorisée indique sur ce plan que la visite du président Aoun à Washington interviendrait d’ici la mi-juillet.

 

D’autre part, réaffirmant la volonté de son administration d’établir «la paix au Liban», le chef de la Maison Blanche a mis l’accent sur la nécessité de «trancher le dossier du Hezbollah d’une façon ou d’une autre». Le président US est revenu à la charge sur ce plan, en déclarant que «la Syrie assumera un rôle positif contre le Hezbollah au Liban».

 

Tard en soirée, une source américaine indiquait à la chaîne al-Hadathque «la décision de guerre et de paix au Liban devait être aux mains du gouvernement légal», précisant que «nous avons signifié au Liban que la garantie de sa souveraineté et sa stabilité au plan régional passent par le monopole de la détention des armes» (par l’État).

 

Par ailleurs, un haut responsable au sein de l’Administration US précisait pour sa part à la MTV que «l’accord n’impose pas un cessez-le-feu global au Liban à n’importe quel prix». «L’Iran doit juguler le Hezbollah et l’empêcher d’attaquer Israël, a ajouté le responsable en question. Si le Hezbollah attaque Israël, ce dernier se réserve le droit de riposter militairement».

 

Il convient d’indiquer dans ce contexte que selon certaines informations rapportées par l’AFP, le Premier ministre Nawaf Salam pourrait être reçu jeudi à Paris par le président français Emmanuel Macron. Selon une source diplomatique au G7 citée par l’agence, Emmanuel Macron et Nawaf Salam vont discuter à Paris de «la mise en œuvre du communiqué du G7» portant sur le Liban.

 

Amnesty et l’occupation israélienne

 

Entre-temps, les combats se poursuivent au sud du pays et leur intensité semble même aller croissant, notamment dans les environs de la colline de Ali Taher, un point stratégique sur les hauteurs de Nabatiyeh, que les Israéliens tentent de prendre depuis plusieurs jours.

 

Sur le plan politique, les voix israéliennes s’élèvent toujours pour demander que les territoires occupés ne soient pas évacués par les troupes de l’État hébreu. Le très extrémiste ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a assuré que l’armée israélienne ne se retirera pas du Liban, «ni d’ici vendredi ni après», en référence à la signature de l’accord-cadre entre l’Iran et les États-Unis vendredi à Genève.

 

Un rapport publié par l’ONG internationale de droits de l’homme, Amnesty International, a accusé Israël de «crimes de guerre» pour son recours systématique aux déplacements forcés de populations, assurant que les troupes israéliennes occupent au stade actuel près de 6% du territoire libanais.

 

L’armée iranienne, pour sa part, s’est à nouveau mêlée du terrain libanais ce mercredi, menaçant les Israéliens d’une «riposte sévère» si les frappes israéliennes ne cessent pas. Entre-temps, le Hezbollah n’a pas non plus arrêté ses attaques: en fin d’après-midi, l’armée israélienne a fait état de cinq blessés parmi ses soldats après une attaque au drone contre un de ses véhicules, à Nabatiyeh…

 

«S’ils ne se comportent pas bien…»

 

Le dossier iranien a de toute évidence suivi Donald Trump à la réunion du G7 en France. Si le président américain a obtenu que la conclusion de l’accord avec l’Iran ait lieu avant cette date, en vue de se prévaloir d’une victoire diplomatique auprès de ses alliés européens, avec lesquels sa relation a été plus que tumultueuse depuis le début de sa deuxième présidence, il n’en a pas moins dû répondre à des questions journalistiques qui ont provoqué des réponses intempestives.

 

Ainsi a-t-il précisé d’emblée qu’il s’agit «d’un protocole d’accord» et non pas d’un accord final, lors de sa conférence de presse conjointe avec le président égyptien Abdel Fattah Sissi. «Et si l’accord ne me satisfait pas, se les Iraniens ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer des bombes au-dessus de leurs têtes», a-t-il ajouté. Il n’en a pas moins qualifié ce document de «très solide». Des mots significatifs à deux jours de la signature de l’accord à Genève.

 

Le président Trump a été sur la défensive lorsqu’il a été interrogé sur les 300 milliards de dollars d’investissements promis aux Iraniens. Il a affirmé que son pays «n’investira pas dix cents» en Iran tant que ce pays ne se sera pas conformé à toutes les clauses de l’accord, soulignant qu’il n’est prévu de dépenser aucun sou en Iran jusqu’à nouvel ordre.

 

À en croire les fuites rapportées par les médias, le mémorandum d’entente souligne que les États-Unis «et leurs partenaires dans la région» s’engagent à élaborer un plan de reconstruction et de développement de l’Iran avec un financement «d’au moins 300 milliards de dollars».

 

Concernant le financement de la reconstruction dans la région malmenée par cette guerre, notons la déclaration de la Chine mercredi, qui a promis non seulement d’aider l’Iran – ce qu’elle a déjà fait – mais aussi le Liban. Le géant chinois cherche-t-il à prendre une place grandissante dans la région? Aucune réaction jusque-là des autorités libanaises.

 

Sur le terrain dans le Golfe, des pétroliers iraniens ont déjà dépassé la zone du blocus mercredi matin.

 

Le texte du protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis

Le texte du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, qui doit encore être formellement signé, a été dévoilé mercredi par un responsable américain lors d'un appel avec des journalistes. En voici la retranscription, traduite par l'AFP.

"Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran sont convenus de bonne foi, le [Insérer la date], de ce qui suit:"

1. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran, ainsi que leurs alliés dans la guerre en cours, en signant ce protocole d'accord, déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, et s'engagent, à compter de maintenant, à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. L'accord final confirmera la cessation permanente de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que les autres dispositions du présent paragraphe.

2. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran s'engagent à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'autre et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l'autre.

3. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord.

4. Dès la signature du présent protocole d'accord, les Etats-Unis d'Amérique commenceront à lever leur blocus naval et toute perturbation ou entrave visant la République islamique d'Iran, et mettront complètement fin au blocus naval dans un délai de 30 jours. Pendant cette période, le trafic des navires sera proportionnel au volume de trafic d'avant-guerre rétabli par la République islamique d'Iran. Les Etats-Unis d'Amérique s'engagent en outre à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final.

5. Dès la signature du présent protocole d'accord, la République islamique d'Iran prendra des dispositions, en déployant ses meilleurs efforts, pour assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement et, compte tenu de la nécessité de lever les obstacles techniques et militaires, et du déminage par la République islamique d'Iran, sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours. La République islamique d'Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d'Oman afin de définir l'administration future et les services maritimes dans le détroit d'Ormuz, en concertation avec les autres Etats riverains du golfe Persique, conformément au droit international applicable et aux droits souverains des Etats côtiers du détroit d'Ormuz.

6. Les Etats-Unis s'engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un plan définitif, convenu d'un commun accord, d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique de la République islamique d'Iran. Le mécanisme de mise en œuvre de ce plan sera finalisé dans le cadre de l'accord final dans un délai de 60 jours. Toutes les licences, dérogations et autorisations nécessaires aux transactions financières pertinentes seront accordées par les Etats-Unis d'Amérique.

7. Les Etats-Unis d'Amérique s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions contre la République islamique d'Iran, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, les résolutions du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, ainsi que toutes les sanctions unilatérales américaines, primaires et secondaires, selon un calendrier convenu dans le cadre de l'accord final. La République islamique d'Iran et les Etats-Unis d'Amérique reconnaissent l'importance cruciale de la question de la levée des sanctions susmentionnée et expriment leur intention de traiter immédiatement ces questions dans les négociations afin de parvenir à un accord mutuel à leur sujet.

8. La République islamique d'Iran réaffirme qu'elle ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran ont convenu de régler le sort des matières enrichies accumulées selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement et conforme au calendrier mentionné au paragraphe 7, la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA. Les deux parties ont également convenu de discuter de la question de l'enrichissement et d'autres sujets convenus conjointement liés aux besoins nucléaires de la République islamique d'Iran, sur la base d'un cadre satisfaisant devant être arrêté dans l'accord final. L'accord final confirmera les dispositions du présent paragraphe. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran reconnaissent l'importance cruciale des questions nucléaires susmentionnées et expriment leur intention de traiter immédiatement ces questions dans la négociation afin de parvenir à un accord mutuel à leur sujet.

9. Dans l'attente de l'accord final, les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran conviennent de maintenir le statu quo. La République islamique d'Iran maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire, et les Etats-Unis d'Amérique n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région.

10. Les Etats-Unis d'Amérique s'engagent à ce que, dès la signature du présent protocole d'accord et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivre des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc.

11. Les Etats-Unis d'Amérique s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran se mettront d'accord d'un commun accord sur les procédures relatives à la libération de ces fonds au cours des négociations. Ces fonds, qu'ils soient conservés sur le compte d'origine ou transférés, devront être pleinement utilisables pour tout paiement en faveur de tout bénéficiaire final désigné par la Banque centrale de la République islamique d'Iran. Les Etats-Unis d'Amérique s'engagent à délivrer toutes les licences et autorisations nécessaires en conséquence.

12. Les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran conviennent qu'un mécanisme d'exécution sera établi pour surveiller la bonne mise en œuvre du présent protocole d'accord et le respect futur de l'accord final.

13. Après la signature du présent protocole d'accord et sous réserve du début de la mise en œuvre des paragraphes 1, 4, 5, 10 et 11 du protocole d'accord, ainsi que de la poursuite de la mise en œuvre de ces mesures, les Etats-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran entameront des négociations relatives à l'accord final exclusivement sur les autres paragraphes.

14. L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.

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