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Religion

Les communautés ecclésiales, printemps de l’Église (1/2)

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Le 29 mai dernier, des responsables et membres de 35 mouvements ecclésiaux ont été réunis à la cathédrale de la Résurrection (Mtayleb), pour une soirée de prière et des présentations.
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Por Fady Noun
Publicado juin 25, 2026 - 10:47

À l’initiative du mouvement des Focolari, l’archevêque maronite d’Antélias, Mgr Antoine Bou Najem, a accueilli, le 29 mai dernier, à la cathédrale de la Résurrection (Mtayleb), pour une soirée de prière et des présentations, des responsables et membres de 35 mouvements ecclésiaux, apparus pour la plupart dans la mouvance du renouveau charismatique après le Concile Vatican II. Dans cet article divisé en deux parties, nous présentons cet événement, qui est une première, et sa signification pour l’Église en général, ainsi que «le lieu théologique» de ces mouvements ecclésiaux par rapport à la hiérarchie de l’Église, tel qu’élaboré dans les années 1990 par le cardinal Josef Ratzinger, futur Benoît XVI, alors préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi.

 

Un printemps de l’Église

 

À la fin des années 1960, au sortir de ce que le théologien Karl Rahner décrivait comme «un hiver de l’Église», les premiers rayons d’un incroyable réveil, celui du renouveau charismatique, se levaient sur le Liban et sur le monde catholique.

 

L’une des clés théologiques du phénomène était – elle l’est toujours – l’expérience de l’amour de Jésus pour chacun et la redécouverte de l’action de l’Esprit Saint, à travers les charismes accordés pour édifier l’Église et chaque fidèle en particulier. Le Concile Vatican II avait remis à l’honneur l’idée que l’Esprit donne des dons non seulement à la hiérarchie, mais aussi à tous les fidèles, pour le bien commun de l’Église. Cette vision avait permis de mieux comprendre l’émergence de nouvelles formes de vie chrétienne adaptées à la situation du moment et rendues possibles par l’effusion de l’Esprit, une dynamique nouvelle et l’expérience de la présence de Dieu.

 

Sur ces entrefaites, alors que les bourgeons d’une communauté œcuménique charismatique née dans les milieux universitaires anglophones commençaient à se former, la guerre éclatait au Liban. Pendant des années, dans l’effervescence des commencements, le groupe de prière et la communauté nés de ce renouveau attirèrent des jeunes qui, ignorant les dangers des bombardements, des enlèvements et autres périls du moment, firent preuve d’une fidélité héroïque aux réunions de prière et à la communauté humaine qui en surgit. Et tous pouvaient témoigner que, là où ils se croyaient en train de «tout donner», ils étaient, en fait, en train de «tout recevoir», non sans quelques «incompréhensions» venues des proches.

 

Depuis ces débuts spontanés et parfois déroutants, ce «printemps de l’Église» a essaimé dans le monde entier, ainsi qu’au Liban, où sa contribution à la «nouvelle évangélisation» est aujourd’hui reconnue et appréciée. La nouveauté de certains charismes et l’effusion de l’Esprit ont été parfois difficiles à expliquer ou à accepter. Mais maintenant, ces groupes et communautés sont entrés dans une phase de relative maturité ecclésiastique, de patiente communion, de responsabilité partagée et d’enracinement dans l’Église. Pour en superviser le déploiement dans le monde catholique, le pape François a créé «Charis», un organisme relevant du Dicastère pour les laïcs et appelé à servir tous les courants du «Renouveau charismatique».

 

Le 29 mai dernier, à l’initiative du mouvement des Focolari et pour la première fois au Liban, 35 de ces mouvements et communautés ecclésiaux présents dans le pays se sont rencontrés, dans leur diversité, en la cathédrale de la Résurrection (Mtayleb – diocèse maronite d’Antélias). L’évêque du lieu, Mgr Antoine Bou Najem, épaulé par le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, leur offrait l’hospitalité de sa cathédrale et leur donnait officiellement la parole.

 

Accomplissement d’une promesse

 

La réunion fut présentée par Fadi Bouzamel (Focolari) comme «l’accomplissement d’une promesse faite en 1998 au pape Jean-Paul II par Chiara Lubich». Cette promesse consistait à œuvrer inlassablement, «conformément à la vocation à l’unité des Focolari», à rapprocher les nouveaux mouvements ecclésiaux les uns des autres, à les conduire à se connaître, à s’apprécier et à coopérer entre eux dans leur mission d’évangélisation du monde, conformément aux charismes de chacun d’entre eux et sous l’autorité de leurs évêques.

 

Pourquoi 1998? Répondre à cette question, c’est remonter au Congrès mondial des mouvements ecclésiaux tenu à Rome le 31 mai 1997. Ce jour-là, Jean-Paul II avait fait une «inoubliable rencontre» avec plus de deux cent mille personnes appartenant à une cinquantaine de mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés. Celles-ci représentaient un «courant de grâce» grandissant, que son prédécesseur, saint Paul VI, accueillant en 1975 le Renouveau charismatique au cœur de la basilique Saint-Pierre, avait considéré comme «une chance pour l’Église».

 

En 1998, à la Pentecôte, l’émerveillement de Jean-Paul II se renouvelait devant une immense manifestation réunissant, du 27 au 29 mai, place Saint-Pierre, 400.000 responsables et membres de mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles, venus des quatre coins de la planète.

 

Stupéfait, le monde entier découvrit ce jour-là une Église en pleine jeunesse, une Église capable d’accueillir et de mettre en valeur chaque charisme, une Église capable de recueillir la diversité dans l’unité, la vitalité missionnaire des laïcs, la catholicité des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés, nées dans le sillage du Concile Vatican II.

 

Parmi les mouvements les plus influents, pour ne citer que les plus connus, figuraient le mouvement des Focolari, né en pleine guerre mondiale (1942), le Renouveau charismatique catholique, le mouvement Communion et Libération, le Chemin néocatéchuménal, la Communauté de Sant’Egidio , la Communauté de l’Emmanuel et le Chemin neuf.

 

S’adressant à la foule, Jean-Paul II avait affirmé: «J’ai pu les mentionner comme des nouveautés qui attendent encore d’être accueillies et mises en valeur de façon adéquate. Je vois aujourd’hui, et je m’en réjouis, qu’ils manifestent une conscience personnelle plus mûre. Ils représentent l’un des fruits les plus significatifs de ce printemps de l’Église, déjà annoncé par le Concile Vatican II, mais malheureusement souvent entravé par le processus de la sécularisation qui se développe (…) et qui promeut des modèles de vie sans Dieu (…). On ressent donc avec urgence la nécessité d’une annonce forte et d’une formation chrétienne solide et approfondie. Nous avons besoin aujourd’hui de personnes chrétiennes mûres, conscientes de leur identité baptismale, de leur vocation et de leur mission dans l’Église et dans le monde! Nous avons besoin de communautés chrétiennes vivantes! Et voici alors les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles: ceux-ci sont la réponse suscitée par l’Esprit Saint à ce défi dramatique de fin de millénaire. Vous êtes cette réponse providentielle.»

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