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Politique

Pour les Vénézuéliens en exil à Bogotá, l'espoir du retour

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Par Maxime Pluvinet
Publié janv. 9, 2026 - 14:15

Bogota, Colombie, de Maxime Pluvinet

Dans la capitale colombienne, des rassemblements spontanés se sont organisés ces derniers jours, rassemblant des Vénézuéliens, réfugiés politiques pour la plupart d’entre eux. Soutiens de l’opposition pour la plupart, ils célèbrent la chute de l’ex-leader bolivarien Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier par les États-Unis. Reportage.

À Bogotá, la place de Lourdes s’est couverte le temps d’une heure des trois bandes horizontales jaune, bleue, et rouge, ornées de huit étoiles, qui caractérisent le drapeau du Venezuela. Quelques dizaines de membres de la diaspora se sont réunis dimanche pour célébrer la chute de l’ex-président chaviste Nicolás Maduro, capturé par les États-Unis lors d’une opération éclair en plein Caracas.

“Nous sommes satisfaits”

Malgré les victimes des frappes américaines, dont 32 soldats cubains, beaucoup d’entre eux soutiennent l’intervention de Donald Trump, la qualifiant de meilleure option à court terme.  Pour Jaylin, vénézuélienne en Colombie depuis 2018, “c’est un honneur, une joie de pouvoir compter sur cette nouvelle Administration Trump, qui nous plaît.” Tout sourire, elle espère beaucoup de l’appui de Washington, “même si certains disent qu’ils voleront le pétrole, si cela nous bénéficie d’une certaine manière, nous sommes satisfaits.”

La joie est partagée par Gaby Arellano, femme politique membre de l’opposition en exil. Pour elle, comme l’a déclaré dans un communiqué María Corina Machado, une des leaders de l’opposition vénézuélienne et ayant reçu récemment le Prix Nobel de la Paix, “l’heure de la liberté a sonné.” Heureuse de la chute de Nicolás Maduro, elle fustige le gouvernement chaviste en reprenant les accusations portées par l’administration de Donald Trump: “Ce système au pouvoir que nous affrontons est un système criminel, des mafias qui ont des connexions avec le Hezbollah, qui ne font pas seulement du mal aux Vénézuéliens, qui sont liés au narcotrafic mondial.”

Pour Gaby, aucun doute: 2026 sera l’heure du retour au pays natal. “Si il y a la liberté pour les prisonniers politiques et la garantie de la Constitution, croyez-moi que tous les exilés politiques du monde entier arriveront, le temps que prend un avion pour arriver à Caracas.”

“Le peuple, c’est nous tous”

José Cova n’a pourtant pas la même certitude. S’il célèbre avec joie la chute de Maduro, il ne croit pas encore au retour dans l’immédiat du leader de l’opposition Edmundo Gonzalez Urrutia, dont le portrait est affiché partout par les manifestants aux côtés de celui de María Corina Machado. “Notre volonté est de les voir Urrutia et Machado rentrer bientôt exercer leur mandat obtenu grâce au vote populaire (lors des élections d’août 2024)… Toutefois, pour l’instant, il y a un processus de transition, nous ne savons pas combien de temps cela prendra… mais cela se passera, et doit se passer pour la paix et la justice.”

Mais José est bien conscient d’une chose: le chavisme a ses soutiens, au pays. L’armée en particulier, cette institution sur laquelle Maduro et son prédécesseur Chávez avait tout misé pour leur sécurité. “Il y a aussi une question: quand on parle de peuple, on parle de tout le monde. Et dans le peuple il y a les forces armées. Pour le moment, le contrôle de l’armée appartient encore aux représentants du gouvernement actuel. Des personnes signalées par Nicolás Maduro lui-même, des personnes dont il s’est entouré pensant être ainsi protégé et cela n’a pas été le cas.”

En attendant, l’Administration Trump ne semble pas miser à court terme sur l’arrivée de l’opposition au pouvoir, ayant même affirmé que María Corina Machado ne bénéficiait pas du soutien populaire au Venezuela. Par ailleurs, Delcy Rodríguez, figure centrale du chavisme et vice-présidente du régime vénézuélien depuis 2018, a été désignée présidente par intérim par les autorités chavistes.

Une nomination toutefois sous tutelle: Donald Trump a publiquement menacé son administration, affirmant que les États-Unis exerçaient désormais une pression et un contrôle directs sur la situation politique au Venezuela. Et sans oublier de rappeler à Delcy Rodríguez que, en cas de non suivi des directives de Washington, un sort similaire ou pire que Maduro pour la frapper.

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