
Trois dossiers fondamentaux entretiennent les divergences entre l'Iran et les USA


Le deuxième jour du 5e round des négociations directes entre le Liban et Israël, qui se sont tenues ce mercredi 24 juin au Département d’Etat, à Washington, a été axé sur l’examen du mécanisme concret qui devrait être mis en place afin de «gérer» le retrait partiel, et symbolique au stade actuel, des forces israéliennes de certains secteurs de la région frontalière.
Conformément aux discussions en cours sur ce plan, l’armée libanaise devra remplacer au fur et à mesure les unités israéliennes qui se retirent progressivement.
Des sources généralement bien informées relèvent que cette relève sera effectuée par des unités de l’armée libanaise encadrées et sous contrôle «sécuritaire» et opérationnel du commandement militaire américain.
Les discussions en cours à Washington à ce sujet se poursuivront pour une troisième journée, ce mercredi 24 juin.
Concernant la finalité de ces négociations libano-israéliennes, un haut responsable au Département d’Etat a indiqué mercredi que l’administration Trump œuvre à «mettre un terme définitif aux cycles de violence entre le Liban et Israël».
Et d’ajouter, pour bien cerner le cadre des pourparlers – sans doute pour les tenir bien à l’écart des gesticulations médiatiques hégémoniques du régime des mollahs – que «le Liban et Israël négocient en leur qualité d’Etats souverains pour réaliser la paix».
Dans l’attente que se décantent les pourparlers de ce cinquième round, un calme précaire et tendu continue de régner sur le terrain dans la zone méridionale, le long de la frontière avec Israël.
Cette accalmie est toutefois marquée quasi quotidiennement par des incidents sécuritaires ponctuels, comme ce fut le cas en ce mercredi lorsque l’armée israélienne a abattu deux miliciens du Hezbollah qui s’approchaient des positions israéliennes dans le secteur de la colline stratégique de Ali el-Taher.
Parallèlement, un drone israélien a lancé une roquette contre une voiture qui circulait sur la route de Kfar Remman (caza de Nabatiyeh). Deux personnes ont été tuées au cours de cette frappe.
En fin d’après-midi, une autre frappe de drone a été signalée à Nabatiyeh el-Fawqa tandis que des tirs d’artillerie étaient dirigés contre le village de Yater, dans le caza de Bint Jbeil.
Ces incidents ponctuels interviennent alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé mercredi que l’Etat hébreu «n’a pas terminé son opération au Liban-Sud», soulignant à ce propos que tant qu’il se maintient dans ses fonctions de Premier ministre, l’armée israélienne ne se retirera pas totalement de la zone tampon qu’elle s’emploie à instaurer et à consolider dans la région méridionale libanaise afin de sécuriser le Nord d’Israël.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, devait d’ailleurs indiquer mercredi que l’Administration Trump n’a pas demandé à Israël de se retirer du Liban-Sud.
Notons pour clore ce dossier libanais (qui paraît donc évoluer à «petits pas») que le président Joseph Aoun a réaffirmé ce mercredi que les négociations de Washington sont totalement dissociées des pourparlers américano-iraniens initiés en Suisse.
Le volet régional
En ce qui concerne les développements régionaux, trois dossiers fondamentaux continuent d’entretenir les divergences entre Américains et Iraniens au niveau de la lecture et de l’interprétation de l’accord-cadre conclu entre les deux parties.
L’Administration Trump, plus spécifiquement le chef de la Maison Blanche, ne rate aucune occasion pour affirmer que les experts de l’Agence internationale de l’Energie atomique inspecteront bel et bien les sites nucléaires iraniens, ce que ne cesse de démentir catégoriquement les pôles du régime iranien.
Dans le même temps, le président Trump souligne sans détour que les avoirs iraniens qui seront débloqués serviront exclusivement à acheter, pour le compte de la population iranienne, du blé, du maïs et du soja directement sur le marché américain, ce qui bénéficiera aux agriculteurs et producteurs US.
Cette approche est toutefois rejetée par les hauts responsables à Téhéran qui répètent à qui veut bien l’entendre qu’il revient au pouvoir iranien uniquement de décider de l’usage des avoirs qui seront dégelés par l’Administration américaine.
Autre sujet de discorde entre Washington et Téhéran: la gestion de la navigation maritime internationale dans le détroit d’Ormuz. Le régime iranien continue à se démener à plus d’un niveau afin d’imposer, comme un fait accompli, son contrôle et sa souveraineté sur le détroit en imposant des redevances pour des services d’ordre administratif, «écologique» et «sécuritaire» qui seraient assurés aux navires empruntant cette voie de passage maritime.
Il s’agit là manifestement d’un péage qui ne veut pas dire son nom… Ce qui a incité le président Trump à affirmer mercredi que si les Iraniens s’emploient à imposer un péage déguisé au détroit d’Ormuz, il arrêtera purement et simplement les négociations avec Téhéran…