


Après une journée marquée par des déclarations incendiaires de toutes parts, les États-Unis, par la voix du chef de la diplomatie Marco Rubio, ont assuré tard mardi soir (heure de Beyrouth) que la phase offensive du conflit avec l’Iran était «finie».
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le secrétaire d’État US a affirmé que Washington se trouvait désormais dans une phase «défensive», en allusion à la nouvelle opération annoncée par Donald Trump et baptisée «Projet Liberté». « L’opération “Fureur épique” est terminée, comme le président l’a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade », a-t-il ajouté.
Marco Rubio a précisé que cette opération visait à secourir les équipages de navires bloqués dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis n’ouvriront pas le feu, mais riposteront «avec une efficacité mortelle» en cas d’attaque.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé lors d’un autre point de presse que le cessez-le-feu n’était pas terminé, malgré des échanges de tirs récents entre marines américaine et iranienne, ainsi que des missiles ayant visé les Émirats arabes unis lundi. L’Iran a « catégoriquement » démenti toute implication dans ces frappes.
Le président américain Donald Trump s’est abstenu d’accuser l’Iran directement d’avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril: « Ils savent ce qu’ils ont à faire (…) et ce qu’ils ne doivent pas faire », a-t-il déclaré.
«Nous sommes dans un petit accrochage sur le plan militaire. Je parle d’“accrochage” parce que l’Iran n’a aucune chance», a-t-il ajouté, évoquant auparavant une «mini-guerre» et même une «petite excursion».
«Le Hezbollah, principal obstacle à la paix»
Marco Rubio a également déclaré qu’un accord de paix entre le Liban et Israël était «imminent». «Le problème entre Israël et le Liban, ce n’est ni Israël ni le Liban, c’est le Hezbollah», a-t-il affirmé.
«Ce qui doit se produire au Liban, c’est la mise en place d’un gouvernement capable de s’attaquer au Hezbollah et de le démanteler», a-t-il ajouté.
Téhéran exige, de son côté, que tout accord mettant fin à la guerre avec l’Iran inclue également l’arrêt des attaques israéliennes au Liban, une position que Washington rejette en affirmant que ces dossiers sont distincts.
À Berlin, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé, après une rencontre avec son homologue allemand Johann Wadephul, qu’«Israël n’a aucune ambition territoriale au Liban» et cherche à «protéger ses citoyens » tant que «le Hezbollah et les autres factions terroristes» ne sont pas démantelés. Il a rappelé qu’Israël s’était retiré du Liban en 2000 et de Gaza en 2005.
Saar a également critiqué le gouvernement libanais pour ne pas avoir «débarrassé le Liban-Sud des armes du Hezbollah», estimant que «les efforts ont été très limités».
Ces propos ont reçu un soutien nuancé de la part de Berlin: Johann Wadephul a jugé «nécessaire» le stationnement de troupes israéliennes dans la zone et condamné «avec la plus grande fermeté» les attaques du Hezbollah, tout en soulignant que «le Liban ne doit pas devenir un théâtre de guerre où les civils paient le prix».
Une source israélienne citée par CNN a indiqué qu’Israël envisagerait d’intensifier ses frappes contre le Hezbollah si la trêve avec l’Iran s’effondrait.
Selon cette même source, Benjamin Netanyahu aurait informé Donald Trump de la volonté d’Israël de reprendre des combats de haute intensité, alors que l’armée fait pression pour lever certaines restrictions américaines afin de reprendre ses frappes au nord du fleuve Litani.
En Israël, le nouveau chef de l’armée de l’air, le général Omer Tischler, s’est dit prêt à déployer « toute la force aérienne » contre l’Iran « si nécessaire », lors de la cérémonie de prise de poste.
Une “cellule liée au Hezbollah” démantelée en Syrie
Le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé mardi le démantèlement d’une cellule liée au Hezbollah, accusée de préparer des assassinats de responsables. Selon les autorités, la cellule était prête à passer à l’action, notamment pour mener des assassinats ciblés. Onze personnes ont été arrêtées, sans précision sur leur nationalité. Des armes, munitions, grenades, explosifs et équipements de surveillance ont été saisis.
Le Hezbollah a «catégoriquement démenti» ces accusations, affirmant ne mener «aucune activité» en Syrie, rappelant avoir déjà rejeté des accusations similaires les 12 et 19 avril.