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Incertitude quant à une reprise du dialogue américano-iranien à Doha

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À Téhéran, un panneau géant représente les hauts dignitaires du régime des mollahs assassinés ou tués au cours des guerres livrées par la République islamique: la propagande tourne à plein régime pour consolider un pouvoir en perte de vitesse. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié juin 30, 2026 - 22:39

Est-on revenu à la case départ avec l’incertitude qui entoure depuis deux jours une reprise, pourtant annoncée, des discussions américano-iraniennes à Doha? Probablement pas, même si la question est légitime. La réalité semble plus nuancée, mais la partie est loin d’être facile. Téhéran et Washington ne paraissent guère disposés à consentir de nouvelles concessions, en plus de celles qui avaient été concédées dans le cadre du mémorandum d’entente qu’ils ont signé le 18 juin.

 

Si Doha accueille aujourd’hui les émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, ainsi qu’une délégation iranienne technique à laquelle va se joindre, mercredi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, les autorités qataries assurent qu’aucune rencontre directe de haut niveau avec des responsables iraniens n’est programmée à ce stade.

 

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed el-Ansari, a ainsi affirmé au cours d’une conférence de presse tenue dans la journée, qu’aucune réunion directe entre responsables américains et iraniens n’était prévue dans les prochains jours.

 

Cité par des agences de presse iraniennes et yéménites, Kazem Gharibabadi a précisé à ce sujet que le premier cycle de discussions techniques, dans le cadre des groupes de travail désignés, se tiendra «lorsque les conditions seront réunies et après qu’un accord aura été trouvé sur la date et le lieu». Il a indiqué que «des consultations à ce sujet sont en cours par l’intermédiaire des pays médiateurs».

 

Kazem Gharibabadi doit notamment s’entretenir mercredi avec les responsables qataris au sujet des six milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, a annoncé en soirée, mardi, le ministère iranien des Affaires étrangères. Une priorité pour la République en butte à d’importantes difficultés financières.

 

Le détroit et les avoirs gelés

 

Selon Majed el-Ansari, les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner, présents dans l’émirat, échangeront exclusivement avec les médiateurs qataris et les responsables locaux afin d’évaluer l’application du protocole d’accord signé à la mi-juin. Les discussions porteront sur l’ensemble des dossiers régionaux, dont l’Iran et le Liban.

 

En d’autres termes, les médiateurs sont de nouveau à l’œuvre pour tenter de dégager un terrain d’entente entre les États-Unis et l’Iran qui estime avoir suffisamment fait de concessions dans le cadre du mémorandum d’entente.

 

Toute la question est actuellement de savoir comment le nœud du détroit d’Ormuz et celui des avoirs gelés seront réglés? Téhéran s’accroche à son droit auto-proclamé de contrôler le détroit alors qu’une telle éventualité fait l’objet d’une farouche opposition arabe, américaine et européenne. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a été très clair sur la question: il n’est pas question pour Doha d’accepter un contrôle iranien du détroit.

 

Majed al-Ansari a également confirmé que les fonds iraniens gelés, dont le déblocage est prévu dans le mémorandum d’entente, n’ont toujours pas été transférés.

 

Téhéran pour sa part, maintient un discours intransigeant, voire menaçant. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a averti que toute violation du mémorandum d’entente par Washington entraînerait une réponse immédiate. «Aucune action ne restera sans réponse», a-t-il déclaré, dans une allusion aux raids américains contre des cibles iraniennes lorsque Téhéran a attaqué des pétroliers qui ont traversé le détroit d’Ormuz, en empruntant le couloir prévu par le sultanat d’Oman, en coordination avec Washington.

 

Esmaïl Baghaï a également insisté sur la nécessité, pour les États-Unis, de «respecter leur engagement qui consiste à mettre fin à la guerre sur l’ensemble des fronts, en particulier au Liban». Selon lui, Washington doit, si nécessaire, contraindre Israël à respecter les termes de l’accord.

 

Pezeshkian dénonce les attaques contre les négociateurs

 

L’importance d’une cessation des hostilités sur le front libanais a été également relevée par le président iranien, Massoud Pezeshkian, qui, en tournée dans la province de Qom, a pris soin de préciser que l’accord avec Washington a été conclu «en pleine coordination avec le guide suprême Mojtaba Khamenei et avec le soutien du Conseil suprême de la sécurité nationale». Son discours a cependant encore une fois confirmé l’existence de deux courants qui s’opposent en Iran.

 

Selon le site Iran International, Massoud Pezeshkian a défendu l’équipe chargée des négociations avec les États-Unis, lorsqu’il a affirmé que celle-ci a coordonné sur toute la ligne avec Mojtaba Khamenei. «Malheureusement, certains groupes s’emploient, dans le prolongement des opérations psychologiques menées par des médias hostiles, à affaiblir cette avancée en s’en prenant à l’équipe de négociations et en remettant en cause les décisions nationales», a-t-il déclaré.

 

Selon Iran International, ses propos interviennent alors que son gouvernement fait face à une pression croissante de la part des factions ultraconservatrices hostiles à un dialogue avec Washington. Le site rappelle que plusieurs figures de la ligne dure ont accusé le président et son équipe de négociateurs d’avoir consenti à des concessions, tout en mettant en doute le soutien du Guide suprême aux principales décisions sécuritaires.

 

Attentisme au Liban

 

Au Liban où l’accord-cadre avec Israël fait également grincer des dents, on attend toujours la mise en œuvre des dispositions de ce document qui prévoit, entre autres, un retrait israélien progressif des secteurs actuellement occupés au Liban-Sud, où les forces régulières doivent se déployer, ainsi que le démantèlement progressif des infrastructures militaires du Hezbollah.

 

Israël, comme on le sait, doit se retirer en premier de «zones pilotes», une action coordonnée avec le Centcom, dont le commandant, l’amiral Brad Cooper, a effectué lundi une tournée à Beyrouth et Tel Aviv.

 

Au lendemain de cette visite, le président libanais Joseph Aoun a reçu le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, pour des discussions sur le rôle de la troupe dans l’application de l’accord-cadre.

 

Sur le terrain, la situation reste volatile. L’artillerie israélienne a ciblé les villages de Hebbariyé, dans le caza de Marjeyoun, Beit Yahoun, dans celui de Bint Jbeil et Majdel Zoun, dans le caza de Tyr. Cette localité est désormais coupée en deux après le dynamitage d’un tunnel souterrain du Hezbollah, lequel avait provoqué une énorme explosion.

 

Dans le même temps, les médias israéliens ont fait état d’une visite du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et de son ministre de la Défense, Israel Katz, dans le secteur contrôlé par l’armée israélienne au Liban-Sud. S’adressant aux militaires, Benjamin Netanyahu, a indiqué que Tel Aviv «a commencé à démanteler l’axe iranien, en frappant directement la République islamique et en établissant une zone tampon au Liban-Sud». Il a assuré que l’armée restera au sud du pays «tant que le Hezbollah n’est pas désarmé et constitue une menace pour Israël». Il a cependant indiqué que l’arsenal militaire de cette formation «ne représente que 8% de ce qu’il était avant la guerre» et que «9000 miliciens ont été éliminés».

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