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Deux points chauds à suivre: la Békaa-Ouest et Ispahan

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Une frappe israélienne a ciblé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (Fadel Itani/AFP)
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Par LevantTime .
Publié mars 31, 2026 - 22:42

Deux régions revêtant une importance stratégique certaine ont été dans la nuit de lundi 30 mars à mardi 31 mars au centre des opérations militaires dans le cadre de la guerre en cours au Moyen-Orient depuis le 28 février: Ispahan, en Iran, et la Békaa-Ouest, au Liban.

 

L’aviation américaine a ainsi effectué dans la nuit de lundi des raids particulièrement violents à Ispahan contre d’importants dépôts d’armes et de munitions relevant du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Les sources US ont indiqué mardi dans la matinée que des bombes anti-bunkers de très gros calibre, de plus d’une tonne chacune, ont été utilisées au cours de ces bombardements afin de détruire le contenu des dépôts d’armes aménagés profondément sous terre. Les images vidéo diffusées mardi matin à l’issue de la nuit d’enfer vécue par la région d’Ispahan montrent des explosions apocalyptiques et de hautes colonnes de flammes denses qui se dégageaient des cibles bombardées par l’aviation américaine.

 

Ces raids intensifs contre la zone d’Ispahan revêtent une importance particulière du fait de la présence dans ce secteur d’installations et d’infrastructures énergétiques, nucléaires, industrielles et militaires relevant des Pasdaran. Cette intensification des bombardements aériens US dans une zone aussi névralgique qu’Ispahan s’explique vraisemblablement par la volonté évidente de l’Administration Trump d’accroître sensiblement les grosses pertes subies par le régime des mollahs afin de le contraindre manu militari d’accepter les conditions définies dans le plan en 15 points présenté par Washington pour mettre fin à la guerre.

 

Dans ce contexte, le ministre américain de la Guerre, Pete Hegseth, a repris dans une déclaration faite mardi l’allusion du président Donald Trump portant sur la présence à Téhéran d’un «nouveau pouvoir», appelant ce dernier à faire preuve de «sagesse». À l’instar du chef de la Maison Blanche, il a souligné que les frappes contre le régime redoubleront de violence si Téhéran n’avalise pas l’accord proposé par l’Administration US. Ces propos confirment ainsi l’interprétation des observateurs selon laquelle les intenses bombardements à Ispahan, dans la nuit de lundi, avaient pour but de présenter aux mollahs un «échantillon» de ce qui pourrait les attendre s’ils s’obstinent à rejeter le plan américain.

 

Il est de plus en plus question à cet égard d’une opération de commando US visant à saisir et sortir du territoire iranien les 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 pour cent stockés par les Pasdaran. Un débarquement terrestre visant à prendre le contrôle de l’île stratégique de Kharg serait également à l’étude.

 

Dans l’attente que se précise le cours des opérations militaires, près de 2.500 Marines sont arrivés au début de cette semaine dans la région. Ils doivent être rejoints sous peu par plusieurs autres milliers de parachutistes et de Marines qui seront déployés en prévision de missions ponctuelles en territoire iranien.

 

Au niveau de l’aviation israélienne, elle intensifie ses raids contre les infrastructures militaires et industrielles. Une source de Tsahal a indiqué mardi à ce propos qu’au cours des dernières vingt-quatre heures, les attaques aériennes ont visé près de 250 cibles, dont notamment des rampes de lancement de missiles.

 

La Békaa-Ouest

 

Second «point chaud» dans les opérations militaires en cours: la Békaa-Ouest. Dans la nuit de lundi, l’aviation de l’État hébreu a ainsi effectué de nombreux raids aériens intensifs contre plusieurs localités de la Békaa-Ouest, dont notamment Yohmor et Sehmor et les villages voisins, l’objectif étant d’isoler la Békaa-Ouest du Liban-Sud en rendant impraticables les grands axes routiers reliant ces deux régions.

 

La zone de la Békaa et de Baalbeck suscitent l’intérêt des observateurs en raison des risques d’escalade dans ces deux régions, dus au fait que le Hezbollah utilise la zone en question afin de lancer des missiles en direction d’Israël.

 

Repli de l’armée libanaise

 

Mais le développement le plus grave intervenu mardi sur le terrain aura été la décision de l’armée libanaise de se retirer de la zone de Bint Jbeil, notamment des villages frontaliers chrétiens de Debel et Rmeich. Ce repli pourrait être le signe annonciateur d’une bataille qui pourrait se dérouler autour de la ville de Bint Jbeil.

 

Reste à signaler au niveau diplomatique que le Conseil de sécurité a tenu mardi en fin de journée (heure de Beyrouth) une réunion extraordinaire, à la demande de la France, afin de débattre de la situation créée par les récentes agressions contre la Finul, qui ont fait trois tués dans les rangs des Casques bleus. Au-delà des discours de circonstance, la séance a été marquée par l’intervention du délégué permanent du Liban à l’ONU qui a clairement dénoncé le fait que le Hezbollah ait entraîné le Liban dans une guerre contre la volonté du gouvernement.

 

Notons à ce propos que le ministère des Affaires étrangères a adressé une note à la mission libanaise à l’ONU lui demandant d’informer les instances onusiennes de la décision du Conseil des ministres de considérer toute présence militaire et sécuritaire du Hezbollah comme illégale.

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