Logo Levant Time
Retour à l’article
L'Essentiel du jour

Trump relance l’implacable guerre économique contre le régime des mollahs

Naïm Kassem refait son apparition en qualifiant de «traîtres» ceux qui reprochent au Hezb d’avoir déclenché une nouvelle guerre!

Image d'actualité
Donald Trump a provoqué l'indignation de la droite religieuse américaine en publiant une image le représentant tel Jésus sur son réseau Truth Social. Le président US a fini par supprimer la publication, assurant qu'il s'agissait en fait de lui en médecin, en évoquant la Croix-Rouge. (Mandel Ngan/AFP)
Portrait de l'auteur
Par Michel Touma
Publié avr. 13, 2026 - 23:22

Il s’agit là de la première conséquence directe de l’échec des négociations d’Islamabad, le week-end dernier, entre les Etats-Unis et la République islamique iranienne. Les forces navales de l’armée américaine ont mis en place lundi, à 17 heures (heure de Beyrouth), un blocus total de tous les ports iraniens et du détroit d’Ormuz.

Plusieurs bâtiments de guerre ont été déployés pour appliquer ce blocus appliqué à tous les navires censés emprunter, au départ ou à l’arrivée, les ports iraniens. Seuls les navires transportant de l’aide humanitaire seront autorisés à accoster dans des ports, mais après avoir été fouillés minutieusement. Quant aux bâtiments qui ne sont pas concernés par le trafic maritime avec l’Iran, ils pourront traverser sans encombre le détroit d’Ormuz.

Ce siège maritime revêt une importance stratégique fondamentale sur un double plan. S’il est mis en application d’une manière rigoureuse, il perturbera dans une large mesure l’aide en armes et en munitions que le régime des mollahs accorde à ses proxys au Liban et au Yémen, notamment.

La mise en garde du président iranien

Mais plus important encore, le blocus ne manquera pas de porter un (nouveau) coup particulièrement dur (fatal ?) à l’économie iranienne, déjà fortement ébranlée par la politique de « sanctions maximum » imposée par le président Trump. Les bombardements aériens massifs qui ont marqué les opérations militaires depuis le 28 février ont en effet détruit les industries pétrochimiques et sidérurgiques de la République islamique, laquelle misait encore jusqu’à présent sur ses exportations pétrolières dont profitait principalement la Chine.

En imposant ce blocus maritime, le président Trump prive pratiquement le régime iranien de ses derniers revenus pétroliers, sans avoir à lancer une offensive terrestre pour prendre le contrôle, à titre d’exemple, de l’île stratégique de Kharg (largement fortifiée) par où passent 90 pour cent des exportations pétrolières iraniennes. En paralysant ainsi toute activité économique sur cette île en ayant recours la « méthode douce », sans recourir à la force militaire, le président Trump s’emploie concrètement à étouffer dangereusement l’économie iranienne à court terme. Selon diverses sources d’information en Iran, le président iranien aurait d’ailleurs mis en garde les Gardiens de la Révolution contre un risque d’effondrement de l’économie iranienne d’ici à trois semaines, au maximum, si aucune sortie de crise n’est trouvée à brève échéance.

Le siège de Bint Jbeil

Sur le front du Liban, l’armée israélienne a affirmé lundi après-midi avoir parachevé son siège de la ville stratégique de Bint Jbeil, où sont retranchés plusieurs dizaines de miliciens du Hezbollah. Parallèlement, le parti pro-iranien faisait état, en fin d’après-midi, de « combats rapprochés » à Bint Jbeil avec les unités de Tsahal, ce qui indique implicitement que les forces israéliennes ont effectué des percées dans certains secteurs de la localité. De fait, l’Etat hébreu précisait en fin de journée que l’assaut contre la ville avait débuté.

Cette escalade intervient à la veille du lancement, mardi 14 avril, des négociations directes entre le Liban et Israël, à Washington, au bureau du Secrétaire d’Etat Marco Rubio, avec la participation des ambassadeurs du Liban et d’Israël dans la capitale fédérale.

Joseph Aoun et Joe Raggi rappellent…

La véritable portée de cette réunion diplomatique, qui devrait donner le coup d’envoi à une série de séances de travail entre les deux pays, a été mise en évidence samedi par le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, qui a souligné, à titre de rappel (à qui veut bien l’entendre…), que la négociation directe entre le Liban et Israël consacre dans les faits la dissociation entre le dossier libanais et le volet iranien du conflit actuel – une dissociation qui revêt, à l’évidence, une haute importance stratégique, et symbolique, pour le Liban.

Le président Joseph Aoun a tenu à rappeler dans ce contexte que « les négociations avec Israël relèvent de la seule responsabilité de l’Etat libanais, et de nulle autre partie, car il s’agit là d’une question à caractère souverainiste qui ne concerne que le Liban ». Et le chef de l’Etat de relever que les autorités libanaises ont adopté « une série de mesures sécuritaires pour empêcher la contrebande d’armes ou l’entrée dans le pays de fonds de manière illégale ».

En tout état de cause, sur le terrain, l’armée israélienne aurait reçu pour instructions de consolider et de développer ses avancées au Sud, notamment à Bint Jbeil, avant la réunion bilatérale de mardi en raison du fait que Beyrouth pourrait réclamer avec insistance, comme l’a indiqué M. Raggi lundi, l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, un tel acquis pouvant permettre au gouvernement libanais, selon plusieurs observateurs, de légitimer et de consolider le dialogue direct avec Tel-Aviv.

Naïm Kassem est revenu…

Notons dans ce contexte qu’après une longue éclipse de la scène médiatique audiovisuelle, le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a refait hier soir une apparition pour stigmatiser, dans un discours télévisé, ceux qui reprochent au Hezbollah d’avoir entrainé le pays dans une nouvelle guerre (!). Il a reconnu implicitement à cet égard que son parti pro-iranien utilisait le Liban pour servir des intérêts exclusivement étrangers, en affirmant que « la guerre au Liban a pour but de diminuer la pression sur les autres fronts » (!). Et de traiter de « traitres » tous ceux qui s’opposent à la guerre déclenchée par le parti iranien.

Cheikh Kassem a évidemment condamné les négociations directes entre le Liban et Israël, demandant à l’Etat d’annuler ces pourparlers bilatéraux. S’adressant au président Joseph Aoun, il a lancé : « Construisons le Liban ensemble » ! Il n’a toutefois pas précisé comment une telle entreprise conjointe de redressement pourrait être possible lorsque le parti pro-iranien perçoit l’entité libanaise comme un simple instrument de manœuvre aux mains d’une puissance régionale aux visées hégémoniques largement déstabilisatrices et belliqueuses.

Articles liés
Voir tout
Vidéos liées
Voir tout
Podcasts liés
Voir tout