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L'Essentiel du jour

Sévère mise en garde de Trump contre l’Iran et les Houthis

Projet d’accord nucléaire civil entre Washington et Riyad

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Une Israélienne prie dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem, le 23 juillet 2026, à l'occasion du Tisha Be'Av (le neuvième jour du mois d'Av/mois d'août dans le calendrier hébraïque), qui commémore la destruction des premier et deuxième Temples de Jérusalem par les anciens Babyloniens et les Romains, respectivement. (Ilia Yefimovich/AFP)
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Par Taline Becharraoui
Publié juil. 23, 2026 - 23:32

L’escalade se poursuit et s’intensifie sur le front iranien, d’autant que l’armée américaine bombarde depuis douze jours, sans interruption, les positions et les infrastructures des Gardiens de la révolution dans plusieurs régions de l’Iran. L’entrée en scène des Houthis au Yémen se confirme également. Tôt jeudi, la milice pro-iranienne des Houthis a annoncé avoir atteint deux pétroliers saoudiens dans la mer Rouge, dans le cadre du blocus maritime qu’elle affirme imposer à l’Arabie saoudite.

 
L’activation du front yéménite n’est pas restée sans réponse du côté américain. Le président Donald Trump a ainsi lancé une sévère mise en garde contre le régime iranien et les Houthis. Stigmatisant l’attaque contre les deux tankers saoudiens, le chef de la Maison Blanche a clairement indiqué que si une telle agression se réitère, il en fera assumer la responsabilité à la République islamique «puisque c’est elle qui manipule la milice des Houthis». Le président US a souligné que si une telle attaque se reproduit il infligera «une sévère punition à l’Iran, ainsi d’ailleurs qu’aux Houthis». 

De son côté, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a déclaré jeudi que les Houthis ont fait le mauvais choix en se laissant entrainer dans la bataille en cours. Il a lancé ainsi, non sans ironie, qu’ils se sont «fait avoir» quand ils ont décidé d’entrer en guerre aux côtés de l’Iran. Et le chef de la diplomatie US d’ajouter que le régime iranien continuera à payer le prix fort, «qui sera chaque nuit plus élevé», jusqu’à ce qu’il «retrouve la raison».

Il convient de noter dans ce contexte que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, interrogé, dans le cadre d’une interview, sur le Guide suprême Mojtaba Khamenei, a affirmé ne pas l’avoir rencontré dernièrement, indiquant que très peu de personnes ont accès à lui. 

Autres signes inquiétants d’escalade : le Royaume-Uni et la France ont fermé leur ambassade à Téhéran. Les Iraniens reprochent aux Britanniques d’avoir permis aux bombardiers américains B-1 de décoller de leurs bases pour bombarder l’Iran. 

D’autre part, les députés américains ont approuvé, à une courte majorité, un plan de 95 milliards de dollars pour financer la guerre en Iran, mais le texte devrait encore être soumis au vote du Sénat. Ce vote intervient alors que le baril de pétrole vient de franchir à nouveau la barre des 100 dollars. 

Notons enfin la visite du Premier ministre irakien Ali el-Zaidi à Téhéran ce jeudi, où il a été reçu par le président iranien Massoud Pezechkian. Selon l’agence iranienne Irna, « plusieurs accords bilatéraux ont été signés ». Le jeune politicien irakien, qui venait d’être reçu en grande pompe il y a quelques jours à Washington par Donald Trump, et qui a signé plusieurs accords avec les Etats-Unis, chercherait ainsi à ménager son voisin, qui reste puissant, quoiqu’affaibli. 

Le  deal nucléaire avec l’Arabie

Le développement le plus marquant de ce jeudi aura été sans doute une annonce faite par le ministre américain de l’Energie Chris Wright, concernant un futur accord sur le développement du nucléaire civil en Arabie saoudite. Le ministre américain évoque, selon l’AFP, la possibilité d’exporter des technologies américaines et de créer des emplois en vue de la construction de centrales nucléaires pour remplacer les centrales au pétrole et au gaz. 

Il convient d’indiquer dans ce contexte que le président Trump a tenu à relever, jeudi, que l’accord sur le nucléaire en gestation avec l’Arabie saoudite «est lié à la reconnaissance d’Israël et à la ratification des accords d’Abraham» (que plusieurs Etats du Golfe, notamment les Emirats arabes unis, ont déjà signés avec Israël). Jusque-là, Riyad avait refusé d’envisager une reconnaissance de l’Etat hébreu sans création d’un Etat palestinien. 

Si la réaction saoudienne se fait attendre, celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas tardé, après l’annonce de Trump. Le bureau de M. Netanyahu a qualifié une éventuelle signature des accords d’Abraham par les Saoudiens « d’avancée historique ». 

Sur le terrain, la situation s’envenime entre Israéliens et Palestiniens. Le ministre d’extrême-droite Itamar Ben-Gvir a effectué une visite très controversée à l’esplanade des Mosquées, saluant les juifs qui y priaient. Une visite décriée, notamment par la Jordanie qui a le contrôle de ce site majeur de l’Islam, puisque selon l’arrangement en vigueur, les juifs ont le droit de visiter le lieu mais pas d’y prier. 

Pendant ce temps, les incidents entre colons et Palestiniens en Cisjordanie se poursuivent : jeudi, deux Palestiniens ont été tués à coups de couteau lors d’une altercation avec un colon, qui a été blessé. 


Au Liban, le Hezbollah fulmine

Au Liban, les commentaires se multiplient au sujet du bilan de la visite du président Joseph Aoun à Washington et son entretien avec le président Trump mardi. 

Alors qu’une majeure partie de la classe politique a salué le succès de la visite à Washington, le Hezbollah a déployé une panoplie d’efforts pour décrédibiliser le président, mais aussi le Premier ministre Nawaf Salam. 

Dans un communiqué, le bloc du Hezbollah a affirmé que la visite présidentielle «n’a pas réussi à obtenir la réalisation de la moindre revendication nationale souverainiste, et n’a pas abouti à un engagement américain concernant un retrait israélien». Le texte de la formation pro-iranienne estime que les dirigeants libanais mènent le pays « vers une nouvelle tutelle étrangère ».

Notons que le président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berry (principal allié du Hezbollah), a appelé le président à son retour à Baabda, alors que les relations entre les deux hommes étaient plutôt distantes ces dernières semaines. 



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