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Société

Formation, développement numérique, IA: la Francophonie en action au M-O

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(TV5 Monde)
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Par Nayla Assaf
Publié juil. 2, 2026 - 12:40

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui rassemble 93 États et gouvernements, déploie son action au Liban et dans la région à travers des programmes structurés autour de la promotion de la langue française, de l’éducation, de l’égalité des genres et du développement. À Beyrouth, cette dynamique est coordonnée par Lévon Amirjanyan, représentant de l’OIF pour le Moyen-Orient, à la tête du bureau régional inauguré fin 2022. Ce bureau couvre quatre pays: le Liban et l’Égypte, membres de plein droit, ainsi que le Qatar et les Émirats arabes unis, membres associés, avec le Liban comme centre opérationnel de l’action régionale.

 

Le Liban demeure un pays central de la Francophonie. Membre de l’OIF depuis 1973, il a célébré en 2023 le cinquantième anniversaire de son adhésion, confirmant un ancrage historique profond. Dans la continuité de ce rôle, le pays a également contribué à la Francophonie institutionnelle en accueillant le Sommet des chefs d'Etats et de gouvernements en 2002, les Jeux de la Francophonie en 2009, tandis que le bureau régional de l’Agence universitaire de la Francophonie y est implanté depuis plus de trente ans. Depuis 2022, plus de 4 millions d’euros ont été mobilisés pour le Liban dans le cadre des programmes de coopération et de soutien.

 

Cette présence historique ne se limite toutefois pas à une dimension symbolique et se traduit par des programmes concrets sur le terrain.

 

Selon M. Amirjanyan, «l’action de l’OIF au Liban repose sur un plan signé en 2021, structuré autour de la langue française, de l’éducation et de la formation, ainsi que de l’autonomisation des femmes». Face aux crises successives, un plan d’urgence de 1 million d’euros a également été mis en place en 2024.

 

Dans le secteur pédagogique, l’organisation soutient le ministère de l’Éducation à travers la production de ressources pédagogiques numériques, le développement de l’enseignement à distance et la formation des enseignants. Concernant l’autonomisation des femmes, le fonds «La Francophonie avec elles», créé en 2020, a permis de mobiliser près de 1,5 million d’euros au Liban pour financer 24 projets, un niveau supérieur à la moyenne régionale. L’OIF appuie également la jeunesse et les initiatives locales.

 

Au-delà de ses actions dans l’éducation et l’autonomisation des femmes, l’OIF intervient également dans le domaine de l’information. M. Amirjanyan souligne que «l’organisation mène, en partenariat avec le ministère de l’Information et l’Unesco, des actions de lutte contre la désinformation, un soutien technique et matériel au ministère ainsi qu’une campagne nationale de sensibilisation accompagnée de contenus audiovisuels».

 

Parallèlement, l’organisation cherche à renforcer les opportunités économiques au sein de l’espace francophone. Selon M. Amirjanyan, «l’OIF soutient le secteur privé à travers des missions économiques: celle de 2023 a réuni 60 à 70 entreprises de 25 pays francophones, tandis qu’une mission de suivi organisée en 2025 a abouti à la signature de 18 protocoles d’entente».

 

Médias, culture et rayonnement francophone

 

En complément de ces actions institutionnelles et économiques, l’OIF s’investit également dans le champ médiatique. «L’OIF soutient les médias francophones au Liban, notamment à travers son appui à la relance en 2025 du journal télévisé en français de Télé-Liban, diffusé quotidiennement et considéré comme un outil essentiel pour le maintien de la langue française dans l’audiovisuel public», explique M. Amirjanyan.

 

Cette démarche se traduit également par un soutien à des structures culturelles de proximité.

 

L’action culturelle de l’organisation s’appuie ainsi sur les douze Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) présents au Liban, que M. Amirjanyan qualifie de «véritable bijou» de la Francophonie en raison de leur rôle dans l’accès à la culture, au savoir et à l’information, y compris dans des régions éloignées des infrastructures culturelles. Plus que de simples bibliothèques, ces centres constituent des espaces de vie culturelle et communautaire favorisant la cohésion sociale, le dialogue et le vivre-ensemble.

 

Intégrés à un réseau de plus de 300 centres dans l’espace francophone et implantés au Liban depuis 2001, les CLAC font aujourd’hui l’objet d’un processus de modernisation. M. Amirjanyan indique qu’«une récente mission d’évaluation a permis de consulter usagers et responsables locaux afin d’identifier les adaptations nécessaires face aux évolutions numériques et aux nouvelles attentes culturelles, tout en préservant leur rôle de proximité».

 

Une dynamique régionale en expansion

 

Si le Liban constitue le principal point d’ancrage de l’organisation dans la région, son action s’étend bien au-delà de ses frontières.

 

À l’échelle régionale, M. Amirjanyan met en avant une action couvrant l’Égypte, le Qatar et les Émirats arabes unis, avec des programmes adaptés aux contextes nationaux.

 

En Égypte, la coopération inclut des projets avec des institutions majeures de la Francophonie, notamment l’Université Senghor d’Alexandrie. Elle joue un rôle central dans la formation des cadres du développement en Afrique et accueille des étudiants et professionnels issus de nombreux pays francophones. Dans ce pays également, l’OIF met en place des programmes de formation pour les diplomates et les enseignants, notamment dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle, avec un accent particulier sur le renforcement des compétences des administrations publiques.

 

Dans un autre registre, l’OIF développe également des partenariats spécifiques dans les pays du Golfe.

 

Au Qatar et aux Émirats arabes unis, l’action de l’OIF se concentre sur le renforcement de l’enseignement du français et son intégration dans les systèmes éducatifs, en coordination avec les autorités locales. Cette dynamique s’accompagne d’un intérêt croissant pour la langue française et d’un engouement visible pour la Francophonie dans ces pays, porté notamment par les systèmes éducatifs et les coopérations culturelles.

 

Selon M. Amirjanyan, cette approche permet «d’adapter les programmes aux priorités de chaque pays tout en maintenant une cohérence régionale, dans un espace où la Francophonie connaît une dynamique de progression et d’intérêt croissant».

 

Une francophonie tournée vers l’avenir

 

Au-delà des projets déjà engagés, l’organisation prépare désormais les prochaines étapes de son action régionale. M. Amirjanyan insiste ainsi sur les priorités futures de l’OIF: jeunesse, égalité des genres, numérique et intelligence artificielle.

 

Des formations en français professionnel pour les fonctionnaires et diplomates libanais sont déjà en place et seront poursuivies, dans une logique de renforcement des compétences et de modernisation de l’action publique.

 

Au final, qu’il s’agisse d’éducation, de culture, de médias, d’égalité ou de coopération économique, l’ambition reste la même: faire de la Francophonie un espace d’échanges et d’opportunités adapté aux défis contemporains.

 

Au Liban comme dans le reste de la région, la Francophonie demeure dynamique, portée par un intérêt constant pour la langue française et par des systèmes éducatifs plurilingues.

 

Pour conclure, M. Amirjanyan estime que cette réalité confirme que la Francophonie dépasse la seule dimension linguistique: elle constitue un espace de coopération, de formation et d’opportunités économiques et sociales tourné vers l’avenir.

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