


Au deuxième jour de l’offensive américano-israélienne contre le régime des mollahs iraniens, les opérations militaires ont connu en ce dimanche 1er mars 2026 une escalade que l’on pourrait qualifier de « qualitative » du fait de la confirmation officielle à Téhéran de la mort du Guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, tué dans les premiers raids effectués samedi matin, 28 février, contre sa résidence dans la capitale iranienne. La mort du Guide a été confirmée dans la nuit de samedi à dimanche par la télévision d’Etat, et les autorités ont aussitôt proclamé un deuil de quarante jours dans le pays.
L’annonce de la mort de Khamenei a suscité des liesses populaires et des manifestations de joie dans les rues de Téhéran et de plusieurs grandes localités. Le pouvoir en place, par contre, a estimé que les Etats-Unis et Israël avaient franchi « une ligne rouge », affirmant que la riposte serait « fulgurante ». De fait, le régime des mollahs a entrepris dans la matinée de dimanche de se déchainer « à tous vents » pour venger la mort du Guide suprême.
Dans ce qui paraît comme une fuite en avant suicidaire, ou une réaffirmation d’un attachement aveugle au culte de la mort et du martyre, les Pasdarans ont intensifié dimanche leurs tirs de missiles contre Israël, certes, mais surtout contre les pays du Golfe, en englobant même – développement sans précédent – Chypre où deux missiles ont pris pour cible la base britannique dans l’île. Bahreïn, Dubaï, le Koweït et la périphérie de Ryad, en Arabie saoudite, ont été englobés dans ce déchainement. Même le sultanat d’Oman, qui pourtant a joué au cours des dernières années le rôle de médiateur et de conciliateur entre le régime des mollahs et les Etats-Unis, n’a pas été épargné, sous prétexte de viser un navire américain ayant jeté l’ancre dans un port omanais.
Raids contre des centres de commandement
Sur le plan de l’offensive israélienne, l’aviation de l’Etat hébreu a mené dans la matinée de dimanche des dizaines de raids dans diverses régions afin de neutraliser les défenses anti-aériennes iraniennes dans le but de consolider sa maitrise de l’espace aérien.
Un porte-parole de l’armée israélienne a indiqué vers midi que cet objectif a été atteint dans une grande mesure, ce qui permet aux avions israéliens de mieux cibler leurs frappes. De fait, en début d’après-midi, un raid a visé au cœur de Téhéran un centre de commandement formé de plusieurs grands bâtiments adjacents. Une vidéo rendue publique par l’armée israélienne montre ces édifices – au nombre de quatre ou cinq – s’écrouler totalement sous le poids des bombes israéliennes, dans d’impressionnants nuages de fumée blanche.
L’aviation semble ainsi avoir entamé une vaste série de raids visant les centres de commandement et sans doute aussi les personnages-clé du régime des mollahs. Samedi, une source autorisée à Tel-Aviv avait indiqué que ces raids constituaient une « première phase qui s’étendra sur quatre jours ».
Un Conseil de transition
Notons en outre dans ce contexte qu’à la suite de la mort du Guide suprême, un Conseil de transition a été formé, comprenant le président iranien, Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, et un dignitaire religieux membre de l'Assemblée des Experts et du Conseil des Gardiens de la Révolution, Alireza Arafi. Ce triumvirat est chargé d'assurer l'intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau Guide.
Sept hauts responsables tués
Il convient de rappeler que l’armée israélienne avait annoncé samedi soir avoir tué sept hauts responsables du régime :
Ali Chemkhani, secrétaire général du Conseil de Défense et conseiller personnel du Guide suprême pour les affaires sécuritaires.
Mohammed Bakpour, commandant des forces terrestres au sein du Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Aziz Nassir Zada, ministre de la Défense et responsable des industries militaires.
Mohammed Chirazi, président du Bureau militaire de l’imam Khamenei.
Salah Assadi, chef de la section des Renseignements au commandement d’urgence.
Hussein Jabal Amelyane, président de l’association SPND, chargée du développement des technologies militaires et des programmes nucléaires et biologiques.
Rida Mazfari Nya, ancien de SPND.
Réunion du Conseil supérieur de défense à Baabda
Au niveau purement libanais, le président Joseph Aoun a convoqué dimanche matin le Conseil supérieur de défense à une réunion extraordinaire qui s’est tenue au Palais de Baabda. Le communiqué publié à l’issue des débats rappelle, à qui veut bien l’entendre, que la décision de guerre et de paix doit être du seul ressort de l’Etat libanais. Une mise en garde « diplomatique », mais très explicite, au Hezbollah afin qu’il ne soit pas tenté d’entrainer le pays dans une nouvelle guerre stérile et sans horizons qui ne le concerne en aucune façon.