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L'Essentiel du jour

La région évolue sur un véritable volcan

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Cette capture d'écran extraite d'une vidéo diffusée par le site Sepah News, organe des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI), montre un drone lancé en direction de cibles américaines à Bahreïn et au Koweït. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié juil. 16, 2026 - 22:35

La tension ne fait que croître dans la région, celle-ci ressemblant de plus en plus à un volcan qui risque à tout moment de se réveiller. L’Iran a haussé encore plus le ton jeudi et a de nouveau brandi la carte des Houthis face aux mises en garde américaines.

Parallèlement, au Liban, le Hezbollah a franchi un nouveau pas dans sa rébellion contre les institutions étatiques, en se déchaînant, par la voix de certains de ses députés, contre le président de la République pour contester la mise en vigueur du retrait israélien partiel des zones pilotes au sud du pays et le projet de désarmement du groupe.

Quelques heures avant le discours très attendu du président américain, Donald Trump, à 1 h GMT, dans la nuit de jeudi à vendredi (4h, heure de Beyrouth), Téhéran a annoncé que son armée ciblerait des infrastructures à travers la région si le chef de la Maison Blanche mettait à exécution ses menaces d'attaquer des infrastructures civiles iraniennes.

C’est le porte-parole du haut commandement militaire iranien, cité par Reuters, qui a lancé cet avertissement, affirmant que Téhéran «n'autoriserait aucune ingérence américaine dans le détroit d'Ormuz».

Cette question, a-t-il dit, représente «une ligne rouge» pour la République islamique dont les ports sont de nouveau soumis à un blocus naval américain depuis qu’elle a fermé cette voie maritime stratégique.

Toujours selon Reuters, qui cite trois sources, l’Iran aurait demandé au mouvement yéménite des Houthis de se tenir prêt à «fermer la route pétrolière de la mer Rouge via Bab el-Mandeb si les États-Unis frappaient les infrastructures énergétiques iraniennes», faisant peser ainsi une nouvelle menace importante sur l'approvisionnement énergétique mondial.

L'idée aurait été discutée au sein de la direction de la République islamique, et le message aurait été transmis aux alliés houthis de l'Iran, selon deux sources iraniennes haut placées et une source régionale au fait du dossier, qui, précise Reuters, ont parlé sous couvert d'anonymat.

L’Iran semble vouloir anticiper le discours de Donald Trump et miser sur un élargissement du conflit qui l’oppose aux États-Unis, en cas de frappes «ennemies». Ainsi, la République islamique, passée maître dans l’art des guerres par procuration, s’est de nouveau servie jeudi de la carte des Houthis.

Le chef de ce groupe du Yémen, Abdel-Malik al-Houthi, s’en est pris violemment à l’Arabie saoudite, dans un message audiovisuel, menaçant de frapper Riyad, au cas où le royaume attaquerait «de nouveau» des objectifs houthis.

Il a dénoncé «une attaque injustifiée» saoudienne contre l’aéroport de Sanaa, sachant que c’est son groupe qui avait été le premier à lancer des missiles contre un aéroport au sud de l’Arabie saoudite, lundi soir, s’attirant une riposte saoudienne musclée.

Le discours du président Trump devrait constituer un tournant dans l'évolution du conflit, selon diverses médias internationaux qui rappellent que le dernier en date, le 1er avril, avait été ponctué d’annonces «fracassantes». Le locataire de la Maison Blanche l’a présenté comme étant «une très grande annonce». Il doit notamment aborder des questions en rapport avec les élections américaines prévues en novembre, ainsi que les pourparlers avec l’Iran, qui sont aujourd’hui au point mort.

Le médiateur pakistanais qui multipliait les navettes pour rapprocher les points de vue, semble aujourd’hui au chômage. Jeudi, Islamabad s’est contenté d’appeler Washington et Téhéran à revenir à la table des négociations. Cet appel, lancé par le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, reflète surtout l'incapacité actuelle de la médiation d’Islamabad à enrayer l'escalade.

Sur le terrain, la confrontation se poursuit suivant le même schéma: Le Centcom lance des attaques par séries, surtout la nuit, contre des installations iraniennes.

La République islamique riposte en frappant des objectifs américains dans les pays de la région, notamment en Jordanie, à Bahreïn et au Koweit. Des frappes américaines ont été menée jeudi en début de soirée contre des sites autour de Bandar Abbas, sur le détroit d’Ormuz.

Des armes pour le Hezbollah au Liban

Parallèlement, la tension monte également au Liban, où l'armée libanaise et Israël s’apprêtent à mettre en œuvre le mécanisme prévoyant un retrait israélien partiel de zones pilotes dans le sud du pays. Une démarche à laquelle le Hezbollah reste farouchement opposé, puisqu’il continue à rejeter l’accord-cadre conclu entre Beyrouth et Tel-Aviv et à contester violemment le principe de négociations directes entre les deux capitales qui partagent un même objectif: réduire la capacité de nuisance du groupe pro-iranien et imposer le monopole des armes au Liban.

Mais cette perspective intervient dans un climat particulièrement tendu. Le Hezb refuse toujours de rendre ses armes, comme l’a réaffirmé jeudi, un de ses députés, Hassan Fadlallah, alors que le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, rappelait son homologue américain, Pete Hegseth, que Tel-Aviv entendait maintenir durablement ses troupes dans les «zones de sécurité» établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza afin de protéger ses frontières.

L’annonce par le ministère syrien de l'Intérieur qui a fait état de l’interception, à la frontière syro-irakienne, d’un camion transportant des armes sophistiquées et des roquettes destinées au Hezbollah, est cependant venue soutenir l'argument avancé par Israël pour justifier le maintien de ses forces au Liban.

Cette nouvelle saisie, loin d'être un cas isolé, selon Damas, renforce les accusations selon lesquelles l'Iran poursuit le réarmement de son principal bras militaire dans la région, malgré la pression internationale.

Elle intervient alors que Donald Trump avait de nouveau évoqué la possibilité de confier à la Syrie un rôle accru dans la lutte contre le Hezbollah, lequel a démenti «mener des activités quelconques en Syrie», dans un communiqué succinct, formulé en termes très vagues. Le texte a été publié après l’annonce de la saisie des armes, mais elle ne fait pas mention de celle-ci.

Il se contente de faire état «d’informations montées de toutes pièces pour nuire (au groupe) et servir les intérêts américano-israéliens».

Les députés hezbollahis, entre-temps, se sont déchaînés contre le président Joseph Aoun et l’accord-cadre libano-israélien, «que Tel-Aviv ne réussira pas à imposer à ceux qui s'y opposent». Hassan Fadlallah a vivement critiqué la décision des autorités libanaises de désarmer le groupe auquel il appartient, «alors que les armes dont il dispose inquiètent Israël».

Pendant ce temps, l’armée libanaise a commencé à renforcer sa présence au sud du pays, en patrouillant dans une dizaine de villages, dont Bint Jbeil où l’armée israélienne était entrée.

Sur le terrain, Tel-Aviv poursuit ses opérations militaires limitées: un raid israélien a ainsi fait deux morts à Nabatiyé el-Faouka dans la journée, tandis que des bombardements et des dynamitages d’habitations étaient signalés par intermittence.

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