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L'Essentiel de la semaine

L'après-mémorandum d’entente révèle le vrai visage de Téhéran

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Des panneaux publicitaires affichant le slogan «Le Liban d’abord», installés à la place d’autres panneaux portant l’inscription «Merci à l’Iran», ont été vandalisés sur la route de l’aéroport. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié juin 28, 2026 - 20:55

Passées les manifestations de joie et de bonne volonté après sa prétendue «victoire» contre le camp israélo-américain, l’axe pro-iranien n’a pas tardé à montrer ses dents lorsqu’il s’est heurté aux réalités du terrain, comme le révèle la succession d’événements depuis la signature du mémorandum d’entente entre Téhéran et Washington, le 18 juin, puis celle de l’accord entre Beyrouth et Tel Aviv, le 26 juin.

L’Iran qui croyait pouvoir mener la danse, après avoir réussi à inclure les dossiers qui lui tiennent à cœur dans le texte de l’accord avec Washington, a rapidement montré les limites de la «bonne volonté» dont il se prévalait tout au long des tractations qui ont débouché sur la signature du document présenté comme un prélude à un accord de paix régional.

La virulence de sa réaction à la normalisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, et au retour des inspecteurs de l’AIEA sur ses sites nucléaires, a mis à nu, s’il en est encore besoin, les véritables intentions de la République islamique: ne rien lâcher sur l’essentiel, le dossier libanais inclus.

Pourtant, les États-Unis avaient levé le blocus naval imposé aux ports iraniens et autorisé la production, la livraison, le transport et la vente de pétrole brut, de produits pétroliers d'origine iranienne durant la période de 60 jours fixée pour la durée des négociations.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les Gardiens de la révolution islamique ont ainsi mené des frappes contre le Koweït et Bahreïn, en réaction, selon leur communiqué, «aux agressions américaines». Or s’il y a un agresseur dans cette affaire, c’est bien l’Iran. En effet, depuis que le sultanat d’Oman a décidé en coordination avec le Centcom de sécuriser un couloir de navigation longeant ses côtes, dans le détroit d’Ormuz, en attendant que ce dossier soit réglé, Téhéran s’est employé à mener des attaques aux drones contre les tankers qui empruntent la voie échappant à son contrôle.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un pétrolier battant pavillon panaméen a été ainsi ciblé, suscitant une réaction immédiate des forces américaines qui ont mené des frappes de représailles contre des installations militaires sur la côte iranienne près d’Ormuz. Faisant fi des mises en garde du Centcom, Téhéran a riposté en menant une série d’attaques aux drones contre le Koweït et Bahreïn. La plupart des engins ont pu être interceptés.

 

Les menaces de Trump

 

Le président américain Donald Trump a réagi en mettant en garde, sur son réseau Truth Social, contre la poursuite des violations du cessez-le-feu par Téhéran, laissant entendre, de nouveau, qu’il est prêt à reprendre la guerre en cas de blocage.

Mais la République islamique ne veut apparemment rien entendre. Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé dimanche que seul son pays est «responsable de la gestion de ce passage maritime stratégique» et a prévenu que toute ingérence dans la gestion iranienne du détroit risquait «d'accroître les tensions».

Abbas Araghchi a tenu ces propos lors d’une visite impromptue à Bagdad, pour discuter avec les responsables irakiens du mémorandum d’entente avec les États-Unis et coordonner avec eux les détails des cérémonies funéraires de Ali Khamenei, du 4 au 12 juillet, dans les sanctuaires chiites irakiens de Najaf et Karbala.

Ironiquement, il a été aussi question de coopération régionale puisque le ministre iranien s’est félicité d’une initiative de Bagdad, exposée par son homologue irakien, Fouad Hussein, d’organiser un sommet réunissant l'Iran et les pays du Golfe, que la République islamique continue pourtant de bombarder.

 

Poursuites iraniennes contre les USA ?

 

Parallèlement, Téhéran refuse toujours que ses sites nucléaires endommagés ou détruits lors des frappes israélo-américaines durant la guerre fassent l’objet d’une inspection, une condition que Washington a posée pour débloquer une première partie des avoirs iraniens gelés. L’argument avancé par Téhéran est le suivant: les inspecteurs de l’AIEA ne sont pas neutres.

Dans ce contexte de tensions renouvelées, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est monté au créneau. Dans un communiqué publié dimanche à l’occasion de la Semaine judiciaire en Iran, il a appelé à l’ouverture de poursuites judiciaires, aux niveaux national et international, contre les États-Unis, qu’il accuse d'être responsables de la mort de son père, Ali Khamenei, ainsi que des frappes menées contre son pays.

Ces propos sont tempérés cependant par le président iranien, Massoud Pezechkian, qui a affirmé «soutenir la stabilité, la sécurité et le dialogue dans la région». Massoud Pezechkian a aussi espéré «que toutes les parties se conforment à leurs engagements pris dans le cadre des accords conclus», dans ce qui semble être une allusion à l’accord israélo-libanais.

Car sur le dossier libanais, le mécontentement des Gardiens de la révolution est manifeste, depuis la signature de l’accord-cadre libano-israélien, lequel devrait, à terme, soustraire le Liban à l’influence de Téhéran, en neutralisant la capacité d'action de leur bras militaire, le Hezbollah, et en limitant son pouvoir déstabilisateur.

Le CGRI, tout comme le Hezb, ne reconnaît que ce que le mémorandum d’entente avec Washington prévoit pour le pays du cèdre. Aussi, à Bagdad, Abbas Araghchi, proche des Pasdaran, a insisté sur le fait que que toutes les parties du protocole d'accord signé avec les États-Unis devaient être respectées, y compris les clauses relatives au Liban «où malheureusement, l'entité sioniste poursuit ses frappes aériennes». Il a appelé Washington à «assumer ses responsabilités et à faire pression sur Israël pour qu'il se retire des zones qu'il occupe au Liban». «C’est la première clause du protocole d'accord», a-t-il dit, sans évoquer à aucun moment l’accord cadre libano-israélien.

Téhéran, tout comme le Hezbollah, ne se sent nullement concerné par ce document. L’un des députés de la formation pro-iranienne, Hassan Fadlallah, est de nouveau monté au créneau. Il a non seulement désavoué l’accord-cadre de Washington, mais il a insisté sur le fait que «les armes du Hezb seront maintenues grâce à une équation régionale qui s’étend du détroit d’Ormuz jusqu’au sud du Liban».

C’est dans ce contexte d’incertitude autour des réactions sur de la formation pro-iranienne sur le terrain, que l’armée israélienne devait entamer un retrait tactique de deux «zones pilotes» en dehors de la Ligne jaune au Liban-Sud où elle continue néanmoins de cibler des combattants du Hezb.

Dans le même temps, les officiels israéliens continuent de souligner que leur armée poursuivra son action dans la partie méridionale du pays pour éliminer toute menace du Hezb. La semaine qui est sur le point de s’ouvrir reste ainsi chargée d’incertitudes et de tensions.

Reste à signaler un développement majeur en marge, ou peut-être dans le prolongement, de ces événements: samedi soir, et durant la journée de dimanche, l’Irak a été le théâtre d’une vague d’arrestations qui a visé plus d’une cinquantaine d’hommes politiques de premier plan, dont de nombreux députés, ainsi que des hommes d’affaires, accusés de corruption mais qui seraient proches du régime iranien, à en croire certaines informations non encore confirmées.

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