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Opinion

Le dernier venin

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Published mai 4, 2026 - 07:57

Le Hezbollah, qui pendant des années faisait trembler tout le pays avec ses armes, ses hommes et ses menaces, en est aujourd'hui réduit à salir le patriarche maronite Béchara Raï à travers des armées de comptes anonymes, de faux courage et d'insultes écrites derrière un écran.

Même leur manière de tomber devient petite.

Pourquoi cette rage ? Parce que le patriarche a simplement rappelé une chose devenue insupportable pour eux : le Liban appartient aux Libanais. Une phrase simple. Une phrase normale. Et pourtant ils n'arrivent plus à la faire taire. Alors ils frappent dans le vide, comme quelqu'un qui sent que le sol se dérobe sous ses pieds.

Ce n'est pas un signe de puissance. C'est exactement l'inverse. Les mouvements sûrs d'eux-mêmes n'ont pas besoin d'envoyer des anonymes attaquer un homme d'Église. Quand on remplace les arguments par la boue, c'est qu'au fond on sait déjà qu'une partie de la bataille est perdue.

Il existe un moment dans la vie des organisations où elles comprennent que la peur qu'elles inspiraient commence à disparaître. Et quand la peur s'en va, il ne reste plus grand-chose.

C'est là que viennent les réactions nerveuses, les insultes, les excès, les coups inutiles. Comme un scorpion acculé qui pique une dernière fois, non parce qu'il domine encore, mais parce qu'il ne sait plus mourir autrement.

Dans l'histoire du Liban, lorsqu'un mouvement commence à s'attaquer avec hystérie à une autorité religieuse, c'est souvent le révélateur qu'il a épuisé ses autres recours. L'argument politique ne convainc plus. L'argument militaire ne suffit plus. Alors il reste la boue. Mais la boue lancée contre un patriarche ne salit pas celui qu'elle vise. Elle révèle surtout celui qui la lance.

Ce qui se passe aujourd'hui dépasse largement une polémique contre le Patriarche Raï. C'est le spectacle d'un système qui sent que le temps change autour de lui. Et un système qui sent sa fin devient souvent agressif, désordonné et bruyant.

Le plus dur pour eux, c'est ce moment très précis où la peur change de camp.

Un mort ne sait pas qu'il est mort. Mais un mourant, lui, le sait.

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