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Opinion

L’illusion de l’inaction face à un régime sanguinaire

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Par Khalil Helou
Publié mars 24, 2026 - 17:20

Il y a 108 ans, quelques mois avant la fin de la Première Guerre mondiale, et plus précisément le 18 mars 1918, Georges Clemenceau, Premier ministre et ministre de la Guerre en France, déclarait devant l’Assemblée nationale: «On dit: nous ne voulons pas la guerre, mais il faut la paix le plus tôt possible. Ah! Moi aussi, j’ai le désir de la paix le plus tôt possible et tout le monde la désire. Il serait un grand criminel celui qui aurait une autre pensée, mais il faut savoir ce qu’on veut. Ce n’est pas en bêlant la paix qu’on fait taire le militarisme prussien. Ma politique, je fais la guerre.»

 

Cette déclaration du père de la victoire de 1918, mérite bien une réflexion sur la guerre régionale en cours.

 

Il est incontestable que ceux qui ne sont pas adeptes de la paix sont de grands criminels! Encore faut-il le dire au régime de Téhéran. En termes de paix, de justice et de libertés, celui-ci a un palmarès très éloquent. Pendant les années qui ont suivi la révolution de Khomeiny, le tristement célèbre ayatollah Sadeg Khalkhali a ordonné à lui seul l’exécution de 10.000 opposants. Sa renommée fut telle, qu’on le surnomma «le juge pendeur».

 

Entre 2023 et 2025, le régime des mollahs a exécuté 4.000 personnes sur un total de 6.000 exécutions dénombrées dans le monde durant la même période. Les répressions sanglantes en Iran parlent d’elles-mêmes: entre 1980 et 2022, plus de 10.000 opposants ont été massacrés lors de manifestations dans les rues. Pendant les dernières protestations de 2026, plus de 30.000 manifestants sont tombés sous les balles des Basijs.

 

Pour mémoire, les Pasdarans et les Mollahs ont appuyé inconditionnellement le régime sanglant des Assad père et fils en Syrie, et le Hezbollah au Liban. Fort de cet appui, ce dernier prêche la guerre, tambours battants, depuis plus de quatre décennies et continue de le faire. Il n’a jamais envisagé la paix. Rien que des trêves entre deux guerres, le temps de se réarmer et se réorganiser.

 

Plus encore, il réussit à susciter l’adhésion de partisans fervents et d’arrivistes à ses positions et ses options. Ces derniers ont été soudainement «réactivés» ces derniers jours. Ils se posent en figure d’une «résistance de salon», face à Israël et aux États-Unis.

 

Le Hezbollah est désormais directement commandé hiérarchiquement par le Corps des Gardiens de la révolution iranienne. À son actif depuis 2005, une série d’assassinats qui ont commencé par l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Des figures du 14 Mars ont subi le même sort, dans le cadre d’une même spirale de violence qui s’est terminée pour le moment par l’assassinat de l’éditeur et militant socio-politique, Lokman Slim.

 

Ces assassinats ont aidé le Hezbollah à intimider les souverainistes et à noyauter toutes les institutions et administrations de l’État libanais par une flopée de corrompus et de soumis, aux dépens des Libanais qui aspirent à un véritable État de droit depuis l’indépendance. Ceci a conduit la République vers le naufrage.

 

Le Hezbollah avait trouvé face à lui, dès 1999, des penseurs, des journalistes, des religieux, et des mouvements estudiantins, qui ont fait face, au fil des années, à une répression continue, exercée par les services de sécurité contrôlés dans un premier temps par l’occupation syrienne puis par le Hezbollah et ses alliés.

 

Plus tard, les partis opposés au Hezbollah se sont affirmés, mais les résultats de leur action sont restés plutôt maigres. Au sommet des hiérarchies étatiques, les comportements allaient de la collaboration directe ou indirecte avec l’Iran, à l’inaction. Les champions de l’inaction, qui justifiaient leur attitude par la priorité de la paix civile, débitaient des discours insipides et soporifiques, valables en tout temps et en tout lieu. Ces inactifs ont vainement attendu des jours meilleurs, et agit avec le Hezbollah comme l’agneau avec le loup dans la fable de La Fontaine.

 

Par ailleurs, les «bêleurs» de la paix, au Liban et en Occident, critiquent la guerre menée par les États-Unis contre le régime sanguinaire et xénophobe de l’Iran, qui utilise la diplomatie comme tactique afin de gagner du temps, faire fléchir ses adversaires et faire avancer ses pions en matière d’armement, de programme nucléaire et de subversion régionale.

 

Ces champions de la paix n’ont rien d’autre à proposer que l’inaction face à Téhéran. Ils argumentent que la politique des sanctions de Washington et de l’Occident n’a servi à rien pendant trois décennies.

 

Ceci est partiellement vrai, mais sans ces sanctions, aurions-nous eu des relations de bon voisinage avec l’Iran? Les mollahs n’affirmaient-ils pas à un certain moment qu’ils contrôlaient Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa? Sans les sanctions, cette réalité n’aurait-elle pas pu être pire?

 

Les mêmes «bêleurs» critiquent le président Trump à tort ou à raison, soit pour sa perception de l’échelle des valeurs soit pour avoir attaqué l’Iran. Ils sont déjà passés aux conclusions dès les premières heures de la guerre. Le régime des mollahs n’aurait pas trouvé de meilleurs supporters.

 

Ce régime pourrait tomber demain ou survivre des mois ou des années, mais sera certainement dans l’impossibilité de continuer à exporter efficacement sa révolution dans la région, tel que le stipule la Constitution iranienne.

 

La guerre américano-israélienne contre l’Iran aura des conséquences certaines et pour longtemps, sur l’économie mondiale et les portemonnaies des contribuables partout dans le monde. Ce sera le prix à payer pour limiter la nuisance d’un régime qui a suffisamment perturbé le monde arabe, voire le monde entier. Ceux qui ne sont pas des lutteurs ne le comprendraient jamais! Et les affairistes éternels, toujours guidés par le business, ils ne trouvent rien à redire face aux hégémonies et à l’érosion des valeurs.

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