
Le Conseil de sécurité condamne, à l’unanimité, les attaques iraniennes contre les pays du Golfe et réclame leur «arrêt immédiat»


Une grave escalade s’est produite mercredi soir entre Israël et le Hezbollah. Le parti pro-iranien a lancé en début de soirée près de 200 roquettes en quelques minutes contre le nord d’Israël et la Galilée, son attaque la plus massive depuis le début de la guerre. Les tirs se sont déroulés en coordination avec l’Iran, qui envoyait à son tour, presque simultanément, une salve de missiles sur Tel-Aviv. Des drones ont également été envoyés par le Hezb.
L’aviation israélienne n’a pas tardé à riposter en effectuant une série de raids particulièrement violents contre la banlieue-sud qui a été recouverte rapidement d’épais nuages de fumée noire. Un raid meurtrier a visé un rassemblement de déplacés à Ramlet el-Baïda, à Beyrouth, faisant au moins 7 tués et deux dizaines de blessés. Le village de Aramoun, dans le caza de Aley, a également été pris pour cible à plusieurs reprises.
Le Hezbollah a symboliquement intitulé son opération « Al-Aaasf al-Ma’koul (la « paille dévorée » , une expression coranique qui renvoie à la sourate de l’Éléphant, où il est question du sort réservé à l’armée d’Abraha, qui avait marché sur La Mecque. Dieu les réduisit à l’état de « paille dévorée », c’est-à-dire de feuilles de cultures desséchées, broyées après avoir été consumées.
Dans l’usage contemporain, l’expression n’est pas sans évoquer l’idée d’une défaite écrasante et d’une destruction totale de l’ennemi, conférant à l’opération une dimension symbolique eschatologique, avec comme sous-texte l’intention d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi.
Israël a répondu sur le même registre, en donnant à sa riposte le nom post-loi du talion de « Al-Saa, Saaein » — une locution arabe puisant ses origines dans le Talmud et promettant littéralement au Hezbollah une « vengeance multipliée par deux ».
À la suite de l’escalade initiée par le Hezbollah, des sources israéliennes indiquaient en fin de soirée (heure de Beyrouth) que le Premier ministre Benjamin Netanyahu examinait avec son état-major l’éventualité d’un élargissement de l’intervention terrestre au Liban. Dans ce cadre, une source sécuritaire israélienne a indiqué mercredi soir que les États-Unis pourraient participer à des raids aériens « à Baalbeck et dans la Békaa ». De même source, on précise que « l’opération militaire ne s’arrêtera pas au Litani ». « Nous agirons du Sud au Nord, et tous les objectifs sont légitimes », a ajouté la source israélienne.
L’Iran et le Hezbollah stigmatisés à l’Onu
Sur le plan politico-diplomatique, la chaine arabophone al-Hadass a rapporté une déclaration d’un haut conseiller militaire du Guide suprême de la Révolution islamique qui a promis de « détruire Israël ». Des propos qui reflètent à n’en point douter une volonté de fuite en avant de la part du régime des mollahs.
A New-York, le comportement de la République islamique et du Hezbollah ont été sévèrement et unanimement stigmatisés. Au terme d’une réunion extraordinaire consacrée à la guerre en Iran et à la situation au Liban, le Conseil de Sécurité a ainsi approuvé une résolution présentée par la Jordanie et les États du Golfe condamnant les attaques iraniennes contre les pays du Golfe. La résolution onusienne réclame « l’arrêt immédiat des attaques iraniennes ».
Auparavant dans l’après-midi de mercredi, l’ambassadeur de France à l’Onu avait donné lecture d’une déclaration, en présence des ambassadeurs de l’Union européenne, qualifiant d’« irresponsable » l’entrée en guerre du Hezbollah contre Israël. L’ambassadeur français a ajouté que le parti pro-iranien doit « cesser ses attaques contre Israël et remettre ses armes au gouvernement libanais ». Abondant dans le même sens, le président du Sénat français, Gérard Larcher (grand ami du Liban depuis de nombreuses années), a souligné que la France doit aider le pouvoir libanais à désarmer le Hezbollah, lequel « ne défend pas le Liban, mais sert les intérêts de l’Iran », a-t-il relevé.
De son côté, l’adjointe du secrétaire général des Nations-Unies pour les affaires politiques a stigmatisé, au cours de la réunion du Conseil de Sécurité, l’attitude du Hezbollah, relevant que ce parti « a refusé de coopérer avec le gouvernement libanais pour rétablir la souveraineté de l’État et appliquer la décision sur le monopole des armes ».
Quant à l’ambassadeur d’Israël à l’Onu, il a placé le Liban devant un choix qui ne laisse aucune place aux atermoiements. « Le gouvernement libanais, a-t-il déclaré, se trouve devant l’alternative suivante : soit il démembre l’appareil militaire du Hezbollah, soit nous le ferons nous-mêmes »…
Il convient de signaler, d’autre part, que d’une manière concomitante à la flambée entre Israël et le Hezbollah, un développement majeur est intervenu en Iran au cours des dernières vingt-quatre heures. Une agence de presse iranienne a ainsi indiqué « qu’au moins une dizaine de forces de l’ordre ont été tués au cours d’accrochages avec des éléments armés à Téhéran ». Aucune précision n’a pu être obtenue sur la portée de cet incident.