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Salam à Damas pour «régler les questions en suspens»

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Par LevantTime .
Publié mai 9, 2026 - 20:17

La journée de samedi au Liban a été marquée par la visite du Premier ministre libanais Nawaf Salam à Damas, où il a été reçu par le président syrien Ahmad al-Chareh.

 

Une visite qui revêt une importance particulière en ces circonstances pour plusieurs raisons: d’une part les questions en suspens entre les deux pays comme la sécurité des frontières, la finalisation du dossier des prisonniers syriens au Liban, et autres ; d’autre part l’offensive israélienne au sud du Liban, alors même que des incursions israéliennes au sud de la Syrie ont eu lieu ces derniers mois ; enfin, le contexte du processus de négociations directes entre le Liban et Israël lancé par les autorités libanaises et parrainé par Washington, et dans le cadre duquel le Liban aurait intérêt à élargir ses contacts dans la région.

 

Sans oublier que la Syrie a démantelé récemment, à plusieurs reprises, des réseaux que les autorités syriennes disent reliés au Hezbollah, qui œuvraient, selon elles, à déstabiliser le régime de Damas, à un moment où les autorités libanaises peinent à désarmer ce même Hezbollah et recouvrer leur autorité sur le territoire libanais.

 

A la clôture de sa visite de quelques heures à Damas, Nawaf Salam a assuré que la visite avait pour but « de renforcer les relations bilatérales à tous les niveaux », soulignant que « les entretiens ont permis d’aborder des questions encore en suspens ». Dans une déclaration à la presse, il a précisé que les deux pays avaient souffert d’ingérences mutuelles par le passé, qu’ils ont ouvert « une nouvelle page » et qu’il était là pour « faire avancer les relations ».

 

Le Premier ministre a particulièrement mentionné « les défis communs auxquels font face le Liban et la Syrie dans un cadre de développements régionaux rapides », ainsi que les dossiers des prisonniers syriens au Liban (conformément à un accord visant à les renvoyer en Syrie, qui est en cours d’application), celui des détenus libanais dans les geôles syriennes de l’ancien régime, dont le sort est toujours inconnu, ainsi que celui de la lutte contre la contrebande aux frontières des deux pays.

 

Et, évidemment, celui du retour « sécurisé et digne » des réfugiés syriens vers leur pays. Le Liban a accueilli près de deux millions d’entre eux durant la guerre syrienne, et des centaines de milliers demeurent sur son territoire.

 

Frappes israéliennes d’une rare violence

 

Alors que le Premier ministre était occupé à « consolider » les relations avec le voisin de l’est, celui du Sud continuait de bombarder des localités libanaises de plus en plus nombreuses.

 

Cette journée de samedi était encore plus violente et meurtrière que celles qui l’ont précédée. Elle a commencé par un appel israélien à l’évacuation de neuf nouveaux villages au Sud. Les frappes israéliennes se sont poursuivies toute la journée, au Sud et dans la Békaa comme à Nabi Chit, faisant plusieurs nouveaux tués et blessés, qui viennent s’ajouter à un bilan très lourd de plus de 2700 victimes depuis le 2 mars.

 

La frappe qu’on retiendra ce samedi est celle qui a visé une voiture de passage dans une localité du Chouf dans le Mont-Liban, Jahiliyeh, atteinte pour la première fois depuis le début de cette guerre le 2 mars. Elle a fait trois morts dans cette voiture. Si on y ajoute plusieurs frappes de drones ayant ciblé des véhicules ou des bâtiments hors de la région frontalière, dans le périmètre de Saïda et plus au nord, faudrait-il en conclure que les Israéliens procèdent à une extension de leur offensive au Liban?

 

Le Hezbollah n’est pas en reste : il a multiplié ce samedi ses frappes de drones vers le nord d’Israël, visant particulièrement des rassemblements de militaires.

Des drones « explosifs » qui représentent un réel défi pour les Israéliens car difficilement détectables, et qui ont fait deux blessés au moins au nord du pays, un officier et un soldat, ce dernier étant grièvement blessé selon l’armée israélienne.

 

La réponse iranienne se fait attendre

 

Sur le front iranien, la journée a été plus ou moins creuse. Le président américain Donald Trump avait déclaré vendredi soir attendre une réponse iranienne à la dernière proposition américaine en date, qui n’a visiblement pas encore été donnée au moment d’écrire ces lignes.

 

La diplomatie iranienne tente-t-elle d’imposer son propre rythme, ou les dissensions dans l’intérieur iranien sont-elles devenues trop importantes pour produire une réponse claire aux propositions américaines ? Cette deuxième option est en tout cas celle retenue par un rapport américain relayé par des médias.

 

A retenir ce samedi : le scepticisme affiché par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui a exprimé son doute quant au « sérieux de la diplomatie américaine dans les tractations en cours pour une issue au conflit au Moyen-Orient », évoquant les « multiples violations au cessez-le-feu ».

 

Des échanges de tirs avaient eu lieu la veille dans des zones proches du détroit d’Ormuz, toujours fermé de facto depuis le début de ce conflit, le 28 février dernier.

 

Entre-temps, Londres a annoncé envoyer un destroyer, le HMS Dragon, en Méditerranée, en prévision du déploiement d'une mission internationale de sécurisation du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, selon l’AFP.

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