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L'Essentiel du jour

Paris aurait présenté un projet de solution définitive

Le gouvernement libanais déterminé à imposer le monopole des armes

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Une artère de la banlieue sud de Beyrouth après une nuit de bombardements aériens israéliens, vendredi 6 mars 2026. (AFP)
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Par Tilda Abou Rizk
Publié mars 6, 2026 - 16:47

Le gouvernement libanais a entrepris vendredi 6 mars une intense activité diplomatique afin de tenter de mettre un terme à la dégradation galopante qui secoue le pays, suite à la réouverture du front du Liban-Sud par le Hezbollah, dans la nuit du 1er au 2 mars, faisant fi de toutes les mises en garde qui ont été adressées au Liban sur ce plan au cours des dernières semaines. Face à cette nouvelle aventure suicidaire de la formation alliée aux Pasdaran, les activités paramilitaires et sécuritaires du parti pro-iranien ont été interdites lundi par le gouvernement de Nawaf Salam. Mais le Hezbollah demeure totalement sourd aux injonctions officielles et reste profondément engagé, sur instruction de la République islamique iranienne, dans une guerre régionale à laquelle le Liban est totalement étranger.

L’issue du bras de fer entre l’État et le Hezb sera déterminante pour le sort d’un Liban qui vit, depuis jeudi, sous la menace d’une intensification des raids menés par Tel-Aviv contre plusieurs régions du pays, en représailles aux attaques du groupe pro-iranien contre le nord d’Israël.

Le Premier ministre, Nawaf Salam, qui a reçu dans la matinée de vendredi les ambassadeurs occidentaux et arabes accrédités à Beyrouth, a réaffirmé la détermination de son gouvernement à détenir la décision de guerre et de paix et à mettre en œuvre sa décision d’imposer le monopole des armes. Il leur a exposé les mesures officielles prises à cette fin et les a priés de demander à leur gouvernement respectif d’intervenir auprès d’Israël afin qu’il épargne notamment les infrastructures civiles, en insistant sur le fait que le Liban a été entraîné dans cette guerre contre son gré.

Alors que des dizaines de milliers de déplacés du Liban-Sud et de la banlieue sud de la capitale demeurent sans abri, après avoir été sommés jeudi par Israël d’évacuer les secteurs où ils vivent, Nawaf Salam a averti ses interlocuteurs de la gravité de «la catastrophe humanitaire» qui se profile à l’horizon.

Parallèlement, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a entrepris des contacts diplomatiques intensifs pour tenter de freiner une éventuelle offensive israélienne d’envergure.

Dans le même temps, un porte-parole officieux du Hezbollah, le mufti jaafari, Ahmad Kabalan, critiquait implicitement l’État pour «son défaitisme», l’appelant à «assumer ses responsabilités nationales» face à la guerre avec Israël.

Un projet français 

Dans ce contexte, la chaîne panarabe Al-Hadath a rapporté vendredi matin des informations selon lesquelles la France a transmis au Liban un projet de solution définitive fondé sur les points suivants: l’annonce par le Hezbollah qu’il cesse le combat et dépose les armes; déploiement de l’armée dans la banlieue-sud et dans les bastions du Hezbollah au Sud et dans la Békaa afin de saisir les armes de la formation dans un délai de deux semaines au maximum; l’opération de ramassage des armes se ferait sous la supervision des États-Unis; l’État libanais annoncerait officiellement qu’il est disposé à entamer des négociations de paix avec Israël. 

Selon la chaine panarabe, Tel-Aviv a donné au pouvoir libanais jusqu’à la fin de la semaine pour donner une réponse à ce projet de solution, faute de quoi les attaques contre le Hezbollah seraient intensifiées. 

Il reste que des sources de la formation pro-iranienne, citées par la chaîne Al-Hadath, affirment que le Hezb «réagira à toute descente de l’armée libanaise dans ses caches d’armes, comme s’il s’agissait d’une attaque israélienne».

La pression israélienne reste forte 

Du côté israélien, la pression militaire reste cependant forte. Les forces aériennes israéliennes, qui ont mené dans la nuit de jeudi à vendredi une série de violents raids contre la banlieue sud ainsi que contre plusieurs régions de la Békaa et du sud du pays, ont ciblé vendredi dans la journée la ville de Saïda, à majorité sunnite, et l’autoroute internationale de Dahr el-Baydar. Ces frappes ont fait quatre morts à Saïda, où des chefs du Hamas ont été ciblés. Le Hezbollah avait auparavant lancé plusieurs salves de roquettes contre le nord d’Israël.

Face à ce schéma, le Liban officiel réussira-t-il à soustraire le pays à une catastrophe rendue inévitable par la vassalisation outrancière du Hezbollah à Téhéran? L’issue de la course contre la montre dans laquelle les autorités se sont engagées demeure incertaine.

Par la voix de son ministre de la Défense, Tel-Aviv a fait savoir qu’il poursuivra son opération militaire au Liban «jusqu’à ce que la bataille avec le Hezbollah soit tranchée». En d’autres termes, jusqu’à ce que l’Iran soit mis à genoux.

Selon les médias israéliens, citant des officiers de l’armée, Tel-Aviv a constaté une diminution de la fréquence des tirs de missiles balistiques contre le territoire israélien. «C’est une bonne chose, mais nous ne devons pas nous en satisfaire. Beaucoup de travail reste à faire», aurait commenté un responsable sécuritaire israélien, cité par Kan.

Le président américain, Donald Trump, s’est également dit satisfait de l’évolution de l’offensive militaire contre l’Iran, estimant qu’elle se déroule «mieux que prévu par le calendrier initial». Selon lui, l’opération devrait encore durer «quelques semaines», en dépit d’une opposition intérieure aux États-Unis à la guerre contre l’Iran. La majorité au Sénat et à la Chambre des représentants reste toutefois favorable à cette guerre, comme l’a montré le vote de jeudi.

La Chambre américaine des représentants a ainsi rejeté un projet de résolution visant à limiter les pouvoirs du président Trump et à l’empêcher de poursuivre la guerre contre l’Iran sans l’approbation du Congrès.


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