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A la veille du jour J, Trump menace l’Iran d’un cataclysme

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Par LevantTime .
Publié avr. 6, 2026 - 22:29

Le président américain Donald Trump a augmenté la pression sur Téhéran en menaçant l’Iran de destruction totale. "Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain (mardi)", a affirmé le président américain lors d'une conférence de presse.

Trump avait fixé à mardi soir un ultimatum avant de bombarder des infrastructures énergétiques en Iran. Il a affirmé qu'il ne "s'inquiétait pas" du risque de commettre des crimes de guerre alors qu'un journaliste l'interrogeait sur sa menace de détruire des centrales électriques. « Le "crime de guerre" serait de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire », a répliqué le président, en évoquant les répressions de manifestations par le régime des mollahs: "Ils tuent des manifestants. Ce sont des animaux".

Pourtant, le monde espérait une désescalade après des informations faisant état de médiation de pays tiers. Mais Iraniens et Américains ont rejeté presque simultanément lundi les offres de trêve, le président Trump saluant toutefois une étape "très significative" dans le conflit. 

La Maison Blanche a confirmé que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, en ajoutant que Donald Trump n'avait pas "validé" cette idée.

"Ce n'est pas encore assez bien mais c'est une étape très significative", a dit le président américain lui-même pendant un échange avec des journalistes en marge d'une cérémonie organisée à l'occasion de Pâques à la Maison Blanche.

Donald Trump a par ailleurs lancé que "si cela ne tenait qu'à lui", il s'emparerait du pétrole iranien mais a ajouté que "malheureusement, les Américains voudraient nous voir rentrer à la maison". "Ils sont stupides", a-t-il répondu au journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait de l'opposition d'une majorité d'Américains au conflit, confirmée dans tous les sondages.

Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, turcs, égyptiens et pakistanais ont évoqué une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations, avant de déboucher sur un accord pour mettre un terme à la guerre, déclenchée le 28 février. En face, l'agence de presse iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu, au contenu non précisé, portée par le Pakistan.

Les dernières exigences de Trump se sont concentrées sur une réouverture du détroit d'Ormuz, point de passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole et de gaz, désormais contrôlé de fait par l'Iran. Il avait pourtant plusieurs fois dit auparavant que le sort du détroit lui était indifférent et insisté sur le fait qu'il prendrait la décision de conclure ou non les opérations militaires indépendamment de toute négociation.

Deux complexes pétrochimiques iraniens frappés

Sur le terrain, deux complexes pétrochimiques iraniens ont été frappés. Selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz, "environ la moitié de la production pétrochimique du pays" a été détruite. L'agence de presse iranienne Fars a fait état de "plusieurs explosions" sur ce gigantesque site qui abrite aussi la plus grande installation gazière du pays. Ces frappes israéliennes sont stratégiquement essentielles car l’Iran produit sur place une partie du combustible solide utilisé dans la fabrication des missiles. Les agences de renseignements occidentales ont fait été de l’arrivée, dans des ports iraniens situés avant le détroit d’Ormuz, de plusieurs cargaisons de précurseurs chimiques utilisés dans l’industrie de missiles, en provenance de Chine.

Outre les infrastructures, des dirigeants iraniens ont été ciblés : les Gardiens de la Révolution ont annoncé que leur chef des renseignements, Majid Khademi, avait été tué. L'armée israélienne a annoncé par ailleurs avoir éliminé dimanche le commandant de l'unité des opérations spéciales de la Force Qods iranienne, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens, lors d'une frappe à Téhéran.

Au Liban, de nouvelles informations concernant la frappe ayant visé un appartement à Ain Saadé ont fait état de la présence d’un locataire depuis quelques jours qui ont précédé l’attaque. Les enquêteurs ont trouvé sur place un revolver et des bouteilles d’eau. D’autres médias, citant un communiqué de l’armée libanaise, avaient annoncé que l’appartement était inhabité.

Les exécutions s’enchaînent en Iran

Sur un autre plan, l'Iran a pendu lundi un autre homme condamné à mort en lien avec les manifestations de janvier, alors que les exécutions de personnes considérées par des ONG comme des prisonniers politiques se multiplient sur fond de guerre contre Israël et les Etats-Unis. Sept hommes avaient été condamnés à mort en février. Quatre d'entre eux, dont des adolescents, ont depuis été exécutés, laissant les trois autres exposés à un risque imminent d'exécution, selon les ONG.

Après une première pause consécutive au déclenchement de la guerre le 28 février, les autorités iraniennes ont exécuté, plusieurs prisonniers politiques, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. IHR affirme que les accusés ont été "soumis à la torture et privés d'accès à un avocat", puis condamnés à mort à l'issue d'un procès expéditif "grossièrement inéquitable", présidé par le juge Abolqasem Salavati. Ce juge a été sanctionné en 2019 par les Etats-Unis, qui affirment qu'il est connu comme le "juge de la mort" en raison de son recours fréquent à la peine capitale. 

"Ces exécutions s'inscrivent dans la stratégie de survie de la République islamique, qui mène une guerre contre son propre peuple à l'ombre d'un conflit extérieur", a déclaré le directeur d'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam. "La communauté internationale doit réagir d'urgence. La situation des prisonniers et l'usage systématique de la peine de mort par le régime doivent devenir une condition centrale de toute négociation ou engagement avec la République islamique", a-t-il ajouté.

Pour Amnesty International, ces exécutions montrent que le système judiciaire est "un outil de répression, envoyant des individus à la potence pour semer la peur et se venger de ceux qui réclament un changement politique fondamental".

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