


Le Mali traverse depuis 2012 une crise multidimensionnelle dont les racines ne sont pas sans plonger dans l’effondrement libyen, qui a déversé sur le Sahel des flux d’armes et de combattants, transformant durablement l’équilibre sécuritaire de toute la région.
Cette année-là, des rebelles touareg avaient proclamé l’indépendance du nord du pays avant d’être rapidement supplantés par leurs alliés islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique. La France était ensuite intervenue militairement en 2013 pour contenir l’avancée jihadiste, sans jamais parvenir à l’éradiquer.
La décennie suivante a été, pour le Mali, celle de la dégradation continue. Les accords de paix signés à Alger en 2015 entre Bamako et les mouvements armés du Nord n’ont jamais été pleinement appliqués. Le terrorisme s’est étendu, partant, vers le centre et le sud du pays et les violences intercommunautaires se sont intensifiées. En 2020 puis en 2021, deux coups d’État successifs ont porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, dont la junte militaire s’est donnée le nom de « Transition » (en attendant un retour à l’ordre constitutionnel)… mais, provisoire qui dure oblige, ladite « transition » s’évertue depuis cinq ans sans horizon électoral crédible.
L’ombre de Poutine sur l’Afrique
La junte a aussitôt entrepris de rompre avec les anciens partenaires. La France a ainsi été priée de retirer ses forces. Les Nations Unies ont vu leur mission de maintien de la paix restreinte puis expulsée. À leur place est arrivé… le groupe Wagner, la milice privée russe rebaptisée depuis « Corps africain », et déployée sur le terrain malien avec plusieurs milliers d’hommes. Le Mali a ensuite formé avec le Burkina Faso et le Niger, eux aussi gouvernés par des juntes issues de coups d’État, l’Alliance des États du Sahel (AES), qui a rompu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’organisation régionale regroupant quinze pays, et s’est tourné vers Moscou pour ses appuis sécuritaires.
La présence russe au Mali ne relève certainement pas de la philanthropie sécuritaire. Elle repose sur un modèle déjà éprouvé en Centrafrique, au Soudan, en Libye, qui consiste à échanger la protection militaire contre l’accès aux ressources naturelles. Dans ce cadre précis, l’or malien, le « Corps africain » ayant été documenté sur les principaux sites d’extraction artisanale du pays. Au-delà, Moscou poursuit des objectifs plus larges, parmi lesquels acréditer la thèse d’un Occident néocolonial, s’assurer des relais de vote aux Nations Unies, surveiller les mouvements militaires et diplomatiques français et américains au Sahel, et ouvrir de nouveaux marchés pour ses armements.
Le Maroc et l’Algérie
Le conflit malien actuel oppose donc, à première lecture, un gouvernement militaire fragiligé et ses alliés russes à deux types d’adversaires armés : les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, connu sous son acronyme arabe JNIM) est la principale structure opérationnelle au Sahel, et les mouvements séparatistes du Nord, regroupés au sein du Front de libération de l’Azawad (FLA, héritier reconfiguré des mouvements séparatistes touareg de 2012).
Mais cette lecture des forces de facto reste insuffisante sans la dimension géopolitique régionale, où s’affrontent en réalité deux projets d’influence : celui de l’Algérie, qui a longtemps pesé sur le dossier malien via sa médiation et ses réseaux, et celui du Maroc, qui a construit patiemment un ancrage africain fondé sur la coopération économique, religieuse et sécuritaire.
Le retournement diplomatique malien du 10 avril 2026, en l’occurrence le retrait de la reconnaissance de la République sahraouie soutenue par Alger, a brusquement fait apparaître cette rivalité au grand jour.
L’offensive du 25 avril
C’est dans ce contexte qu’est survenue l’offensive du 25 avril 2026, jour où le GSIM et le FLA ont lancé une série d’attaques coordonnées sur Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal (soit l’intégralité de l’axe nord-sud du pays, du désert saharien à la capitale). Une offensive systémique dont la portée déborde les lignes habituelles de front pour atteindre les champs de la géopolitique régionale, révélant au passage des fractures que la diplomatie avait tenté de camoufler. L’attaque a ainsi ciblé simultanément le cœur politique du régime au sud et ses bastions militaires au nord.
Sévaré/Mopti, à titre d’exemple, est le centre névralgique et le nœud routier central du pays, et sa prise isole le nord du sud. Gao, la capitale du Nord, est un hub militaire majeur pour l’armée malienne dans cette région du pays et contient un pont stratégique sur le fleuve Niger. Bourem est un carrefour entre Gao et Tombouctou. Kidal, enfin, à 1 500 km de Bamako, aux portes de l’Algérie, est le foyer historique des rébellions touareg. Le simple fait d’atteindre brièvement Bamako, dont les combattants du GSIM ont pénétré dans les faubourgs et occupé les abords de l’aéroport international Modibo Keïta, constitue du reste un message politique sans précédent.
Partant, la gravité de la situation est sans précédent depuis les événements de mars 2012, lorsque des rebelles touareg, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, avaient pris le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou.
La nature de l’offensive
Selon le gouvernement malien, les attaques jihadistes visaient, au-delà de la simple terreur, à briser la cohésion nationale et renverser les institutions de la Transition. Le symbole le plus lourd a sans doute été la mort du général Sadio Camara, le ministre de la Défense, tué par un véhicule piégé conduit par un kamikaze dans sa résidence même à Kati, à quinze kilomètres seulement de la capitale… et la principale base militaire du pays. Kidal est ensuite entièrement passée sous le contrôle du FLA et du GSIM, après que les forces russes du Corps africain (successeur institutionnel du groupe russe Wagner, déployé au Mali depuis 2021) eurent conclu un accord de retrait et fussent évacuées vers Tessalit, tandis que les soldats maliens restés sur place étaient faits prisonniers.
Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde, dans la mesure où il constitue sans doute le fait stratégique le plus lourd de cette semaine. En novembre 2023, le Corps africain avait présenté sa prise de la ville comme la victoire fondatrice de la junte. En moins de trente mois, ce « mythe des origines » est donc effacé. Au-delà, la perte de Kidal révèle une défaite opérationnelle du modèle sécuritaire que la junte malienne a choisi depuis 2021, celui d’une souveraineté armée appuyée sur le partenariat avec le Corps africain russe, en substitution des cadres multilatéraux qu’elle avait congediés. Or ce partenariat, sur lequel Bamako avait fondé une part substantielle de sa légitimité interne et de sa posture internationale, n’a pas tenu face à une offensive coordonnée sur un point nodal du Nord.
Le résultat de l’offensive est cataclysmique : blocage des routes menant à Bamako, mise sous contrôle ou sous tir des villes centrales assurant la liaison entre le Nord et le Sud, et déplacement de la ligne de front du nord et du centre du pays aux portes mêmes de Bamako.
La junte a parié sur un modèle sécuritaire dont le 25 avril a exposé les limites, et les vulnérabilités révélées par l’attaque tiennent autant aux fragilités de gouvernance internes que personne, parmi les partenaires sincères du Mali, n’a intérêt à passer sous silence, qu’aux manœuvres de puissances extérieures.
Il apparaît clairement, dans la foulée, que la coordination entre le FLA et le GSIM dépasse le simple contexte militaire. L’idée longtemps entretenue d’une rébellion azawadienne cantonnée à des revendications identitaires distinctes des structures jihadistes s’en retrouve ébranlée. Tous ces dossiers semblent désormais difficilement séparables. Les signaux de cette imbrication s’accumulaient du reste depuis des années.
La réponse marocaine
Dans ce contexte, la position du Maroc a eu le mérite de la clarté et de la cohérence. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères, sous la conduite de Nasser Bourita, a exprimé sa ferme condamnation des attentats terroristes survenus au Mali et réaffirmé sa totale solidarité avec les autorités et le peuple maliens, adressant ses condoléances aux familles des victimes. Il a rappelé que le Maroc met en garde depuis longtemps contre la gravité de la situation dans plusieurs pays du Sahel et sur la nécessité de renforcer leurs gouvernements et institutions face aux menaces terroristes et séparatistes.
Ce positionnement s’inscrit dans une doctrine constante, articulée depuis des années autour du respect de la souveraineté des États, du refus sans réserve du terrorisme et du soutien aux institutions nationales confrontées à la fragmentation. Une doctrine d’autant plus convaincante qu’elle sert par ailleurs les intérêts stratégiques bien réels de Rabat dans une région où son influence s’est considérablement étendue, la coïncidence entre l’intérêt national et la cohérence de principe lui conférant précisément la durabilité que le simple calcul tactique ne saurait produire.
Une source diplomatique marocaine avait précisé dès le 25 avril que le Maroc avait suivi avec une vive préoccupation les attaques terroristes et séparatistes ayant visé Bamako et d’autres villes, en soulignant qu’elles avaient délibérément ciblé des zones civiles et militaires. Cette réactivité était le produit d’un rapprochement stratégique intense entre Rabat et Bamako, arrivé à un point de consécration diplomatique remarquable quelques semaines seulement avant l’offensive.
Le tournant du 10 avril
Le 10 avril 2026, le Mali avait officiellement retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), entité proclamée par le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui soutenu par Alger depuis les années 1970, et soutenue historiquement par plusieurs États africains comme levier de pression contre Rabat. C’était une position que Bamako maintenait depuis des décennies.
Ce revirement diplomatique témoigne de la volonté des autorités de transition maliennes d’affirmer une politique étrangère indépendante et pragmatique, fondée sur des alliances dictées par les intérêts mutuels et les bénéfices concrets. Les retombées ont été immédiates : la suppression prochaine de l’Autorisation Électronique de Voyage pour les ressortissants maliens se rendant au Maroc, ainsi que le doublement des bourses d’études accordées aux étudiants maliens, portées à trois cents par an. Ce partenariat s’inscrivait lui-même dans une dynamique internationale plus large, portée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025 à onze voix, qui proroge le mandat de la MINURSO — Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental — en appuyant pleinement les négociations fondées sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc, l’Algérie ayant, comme l’année précédente, choisi de ne pas participer au vote.
Pour Alger, le retournement malien du 10 avril constitue bien plus qu’un camouflet diplomatique. La décision malienne a isolé davantage l’entité du Polisario sur la scène africaine et scellé un partenariat stratégique entre Bamako et Rabat qui prive l’Algérie de l’un de ses leviers d’influence historiques dans le Sahel. Les attaques du 25 avril surviennent quinze jours à peine après cette rupture, dans un pays où les conditions objectives d’une grande offensive du GSIM et du FLA existaient indépendamment du calendrier diplomatique. Le blocage progressif des axes routiers dans le Nord, documenté depuis l’automne 2025, constituait déjà un prélude à l’escalade.
Certes, ramener la causalité à la seule séquence diplomatique serait intellectuellement réducteur ; mais la corrélation chronologique autorise une conclusion plus limitée et plus solide, à savoir que les attaques du 25 avril ont été exploitées, et sans doute précipitées, dans un contexte où certains acteurs régionaux avaient des raisons fraîches et puissantes de vouloir démontrer la fragilité du choix malien.
La guerre des récits
Le terrain des armes n’est pas le seul sur lequel se joue cette crise, et c’est peut-être sur l’autre terrain que les enjeux de long terme sont les plus révélateurs. Plusieurs indicateurs convergent en effet vers l’existence d’une offensive informationnelle coordonnée visant à exploiter les attaques pour fragiliser l’image du Mali et semer le doute sur ses choix stratégiques. Cette attaque tous azimuts se traduit par une activité soutenue sur les réseaux sociaux et certaines plateformes para-médiatiques relayant des contenus souvent non vérifiés, des rumeurs sur une prétendue fuite de responsables maliens, des pertes exagérées, des scénarios d’effondrement institutionnel diffusés massivement, avec pour double objectif d’affaiblir la confiance intérieure au Mali et d’altérer sa perception internationale.
Il convient, sur ce point, de distinguer ce qui relève du constat vérifiable et ce qui relève de l’interprétation. Que des campagnes de désinformation aient prospéré dans les heures suivant les attaques, sur des réseaux sociaux où les comptes soutenant l’un ou l’autre camp se livraient à des échanges mêlant désinformation, surenchère nationaliste et appels à la violence, est un fait documenté, antérieur aux événements d’avril et inscrit dans une séquence plus longue de tensions algéro-maliennes. Qu’une coordination centralisée en soit responsable, la thèse est tout à fait plausible, et cohérente, du reste, avec les mécaniques habituellement observées dans d’autres théâtres de compétition régionale. Elle appellerait toutefois à davantage de preuves pour être affirmée sans réserve. La logique d’intérêt, en revanche, se passe de démonstration supplémentaire : la déstabilisation narrative du Mali, dans ce contexte précis, ne profite qu’à ceux qui ont intérêt à démontrer l’échec du tournant diplomatique du 10 avril.
L’architecture de certaines de ces campagnes repose sur une distinction soigneusement entretenue entre des discours officiels mesurés et des actions plus offensives menées par des relais indirects (comptes anonymes, influenceurs militants, médias non officiels), configuration qui permet de diffuser des narratifs agressifs tout en maintenant une forme de dénégation plausible au niveau étatique. La diplomatie algérienne a ainsi choisi la voie de la clarification officielle, le chef de la diplomatie Ahmed Attaf réitérant le refus absolu de toutes les formes de terrorisme et rappelant en outre le rôle historique d’Alger dans la médiation malienne à travers les accords de 2015 (lesquels sont précisément ceux que la junte a rompus en 2021). Leur invocation comme preuve de bonne foi relève d’une lecture sélective de l’histoire récente que les faits peinent à soutenir.
L’Azawad n’est pas le Sahara
Parmi les manœuvres discursives les plus révélatrices de ces derniers jours figure sans doute la tentative, observée dans plusieurs espaces médiatiques, d’établir une équivalence entre la question de l’Azawad et celle du Sahara marocain. Or la comparaison est construite de toutes pièces pour disqualifier la position marocaine en l’habillant des violences sahéliennes, ou pour conférer aux revendications azawadiennes une légitimité internationale dont les faits du 25 avril les ont durablement privées.
Le Sahara marocain s’inscrit dans une dynamique internationale orientée vers une solution politique autour d’une autonomie sous souveraineté marocaine, soutenue par un nombre croissant d’acteurs. Ce cadre demeure l’objet de contestations juridiques, et l’Algérie n’est pas seule à les formuler, mais il dispose d’un ancrage onusien désormais solide, d’une reconnaissance occidentale étendue et d’un processus diplomatique actif, là où la situation dans le nord du Mali relève d’une problématique interne marquée par la violence armée, l’imbrication avec des structures djihadistes et l’absence de tout processus comparable. L’offensive du 25 avril a démontré, de façon irrécusable, que séparatisme et terrorisme ne forment plus, dans ce théâtre, qu’un seul corps opérationnel.
Le silence de l’AES
Un fait mérite d’être relevé sans faux-semblant. L’Alliance des États du Sahel (AES), confédération regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger depuis 2023, s’est montrée discrète et n’a apporté aucun soutien explicite à Bamako au moment des attaques. Selon Le Monde, les condamnations les plus claires de l’offensive jihadiste contre la junte sont venues des adversaires de celle-ci sur le plan géopolitique, notamment la CEDEAO. La CEDEAO avait fermement condamné les attaques du 25 avril, appelant tous les États et mécanismes régionaux à s’unir dans un effort coordonné contre le terrorisme. La solidarité entre États du Sahel, si souvent invoquée comme fondement idéologique de l’Alliance, s’est révélée plus rhétorique que pratique au moment précis où elle était la plus attendue. Une ironie que la junte malienne, dans son rejet structurel de la CEDEAO, devra un jour mesurer avec la lucidité que les situations extrêmes finissent en général par imposer…
Ce que la crise révèle
Au-delà de la conjoncture immédiate, la crise malienne apparaît ainsi plus que jamais comme un révélateur des dynamiques de compétition régionale, où les enjeux sécuritaires se doublent d’affrontements informationnels et de rivalités géopolitiques profondes. Elle révèle aussi les limites d’un modèle de gouvernance sécuritaire qui a substitué des allégeances idéologiques à des partenariats construits sur la durée, et qui se retrouve, au moment de l’épreuve, plus seul qu’il ne le croyait. Des pays comme le Maroc ou les Émirats arabes unis, engagés dans des formes de coopération avec Bamako, se retrouvent au cœur de campagnes visant à les discréditer ou à remettre en cause leur rôle… ce qui trahit, précisément, l’importance stratégique de ces partenariats aux yeux de ceux qui s’en inquiètent.
La leçon qui se dégage de ces jours tient à la nature du choix que les États sahéliens sont appelés à assumer, entre une souveraineté adossée à des partenariats fondés sur le respect mutuel, la lutte sans ambiguïté contre le terrorisme et une vision à long terme du développement régional, et une dépendance aux logiques de manipulation qui instrumentalisent leurs fragilités sans jamais les résorber. En retrouvant Rabat, Bamako a fait un choix dont on peut discuter les modalités et les limites, mais dont la cohérence de fond résiste à l’examen… et que d’autres acteurs ont trouvé suffisamment menaçant pour que la coïncidence des dates, dans ce cas précis, perde beaucoup de son innocence.
Car le Mali est autant un terrain d’expérimentation géopolitique qu’un partenaire. Et ce que le 25 avril a révélé, c’est la limite structurelle de ce modèle. L’exemple le plus frappant est celui de la Russie, une puissance qui se présente comme garante de la sécurité de ses partenaires africains, mais qui voit sa crédibilité directement mise en jeu chaque fois que cette sécurité est prise en défaut. Et la question qui se pose désormais, sans qu’on puisse encore y répondre, est celle-ci : si la junte vacille durablement, Moscou défendra-t-il son partenaire, ou ses mines ?
Telle est la sempiternelle et douloureuse question que l’histoire pose, depuis l’aube des temps, à tous ceux qui ont le malheur d’être à la fois convoités et fragiles… et qui, portés par l’ivresse du pouvoir et se croyant invincibles, en viennent à oublier leur condition première.