Logo Levant Time
Retour à l’article
L'Essentiel du jour

Liban-Israël: climat «positif» à la réunion de Rome

Tel-Aviv se dit prêt à un retrait de ses troupes des «zones pilotes»

Image d'actualité
Les voitures des délégations libanaises et israéliennes entrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine à Rome sous haute sécurité. (AFP)
Portrait de l'auteur
Par Taline Becharraoui
Publié juil. 15, 2026 - 00:46

Ce mardi marque le sixième round de pourparlers directs entre délégations libanaise et israélienne, qui s’est tenu cette fois dans une capitale européenne, Rome, et non pas à Washington. 

Dès le premier jour, un premier succès: le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar affirme, depuis Jérusalem, qu’Israël est prêt à «aller de l'avant» dans la mise en œuvre de deux «zones pilotes» dans le sud du Liban, selon l’AFP.  Or selon les termes de l’accord-cadre du 26 juin, la mise en oeuvre des zones doit commencer par un retrait israélien.

Il qualifie le processus, conduit sous l'égide des Etats-Unis, de «seule voie à suivre».

Toujours selon l’AFP, la délégation libanaise «a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion», avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir. 

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, «l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités d’où l'armée israélienne se retirerait».

La réunion du 14 juillet s’est terminée vers 18h, et elle a été qualifiée de «positive» par les sources de la LBC. 

Cette première confirmation de résultat est importante pour les Libanais, même si beaucoup plus de détails devraient être discutés encore, et que les écueils ne manquent pas. 

Car ces négociations seront un test à plus d’un égard pour la partie libanaise qui a une obligation de résultats au cours de ce round, étant donné les progrès réalisés dans le précédent, en juin, et qui avait donné lieu à un accord-cadre.

Le principal menu de ces discussions, donc, est la mise en place des «zones pilotes» au sud du Liban, d’où l’armée israélienne doit se retirer, pour que se déploie l’armée libanaise, sans aucune présence du Hezbollah. 

Or ce processus a toujours des détracteurs de taille sur la scène libanaise. Le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan a affirmé lundi que «cet accord-cadre n’est tripartite qu’en apparence, alors qu’il est unilatéral car israélien».

L’opposition à l’accord-cadre vient aussi de son allié le chef du mouvement Amal, le président du Parlement Nabih Berry qui a fait une déclaration significative mardi. 

Hostile à la poursuite des négociations directes en apparence, il ouvre cependant la voie à une certaine flexibilité. «Les zones pilotes sont refusées», a lancé Berry dans un entretien avec le journal al-Joumhouria, assurant que ces zones auraient dû être bien plus élargies, «sinon le retrait prendra deux ans». 

Il a cependant ajouté cette phrase énigmatique: «Si je remarque le moindre succès, je suis prêt à me taire, mais je n’en vois pas.»

Bien qu’elle déclare être disposée à se retirer de zones tampons, la partie israélienne poursuit néanmoins, sur le terrain, ses dynamitages dans les villages du sud: on note, mardi, que l’armée israélienne a particulièrement visé la région pressentie pour être l’une des zones pilotes, soit les deux villages du nom de Zawtar (est et ouest).

Quoi qu’il en soit, les autorités libanaises montrent une constance dans la poursuite de ces négociations, malgré tous les défis.


Du palais de Baabda, on suit de près les résultats, qui ne devraient être connus que demain en principe. 

Le président Joseph Aoun qui se trouvait ainsi que son épouse au Qatar pour présenter leurs condoléances pour la mort de l’ancien émir du pays, cheikh Hamad Al Thani, a suivi les pourparlers de Rome de près. Il prépare en outre sa visite à Washington,  le 21 juillet. 

Le front iranien toujours enflammé


Au sud du Liban, sur le terrain, le semblant de trêve, du moins du côté du Hezbollah qui paraît en avoir besoin pour reprendre des forces, persiste malgré la dégradation de la situation du côté iranien. 

Les frappes américaines sur l’Iran se sont poursuivies toute la nuit de lundi à mardi et durant la journée de mardi, et le blocus promis par le président américain Donald Trump entre en vigueur à 20h (selon l’horaire du Levant). 

Les Iraniens ont dénoncé de nouvelles frappes sur la ville de Bouchehr, où se trouve la centrale nucléaire.

La tourmente au niveau du détroit d’Ormuz et la guerre qui reprend ont provoqué une nouvelle poussée des prix du pétrole, dont le baril a, à nouveau, franchi la barre des 80 dollars américains.

Les négociations semblent compromises pour le moment, si l’on excepte une déclaration du président Trump, mardi, dans laquelle il a estimé qu’un accord est toujours «possible». 

Dans un entretien télévisé, il a cependant souligné que le mémorandum d’accord était un «test» pour les Iraniens, et que ceux-ci ont montré qu’ils n’étaient pas capables de s’y tenir. 

Il a assuré que la victoire sera américaine, par voie de négociations ou de guerre.

Par ailleurs, selon des médias arabes, l’armée américaine déploie actuellement plus de 50000 hommes dans la région.

Les Iraniens, eux, tentent de réagir, toujours par plus de frappes sur les pays de la région, épargnant, pour l’instant, Israël.

Bahreïn, le Koweït, les Emirats arabes unis mais aussi la Jordanie, ont dû intercepter des missiles iraniens. 

Ces attaques ont été revendiquées par les gardiens de la Révolution iranienne de manière directe, ainsi que celles qui continuent de cibler des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Autre attaque frontale venue d’Iran, celle d’un projet de loi voté par le Parlement iranien en faveur d’un péage imposé aux navires dans le détroit. Une réponse à la déclaration du président Trump la veille, qui dit vouloir faire payer la protection du passage des navires. 

Les détroits naturels sont, rappelons-le, des passages libres pour les navires, et seuls des services de pays limitrophes sont monnayés.

Entre-temps, l’attaque par missiles balistiques d’un aéroport saoudien lundi soir, provenant de la région yéménite dominée par les rebelles houthis, alliés de l’Iran, continue de faire l’objet de déclarations, en appui au royaume. 

On retient surtout celles provenant du Liban, notamment du président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam, qui sont de clairs signaux de solidarité avec l’Arabie saoudite contre l’axe iranien.

Articles liés
Voir tout
Vidéos liées
Voir tout
Podcasts liés
Voir tout