


Dans l’attente que se précisent les véritables intentions du président Donald Trump concernant la tournure que prendra le bras de fer avec la République islamique, après la fin de non-recevoir américaine à la réponse iranienne aux dernières propositions US de «paix» (mais de quelle «paix» parle-t-on ?), l’attention des milieux politiques a été braquée en ce mardi 12 mai sur les informations faisant état d’une incursion israélienne – la première du genre dans le contexte présent – au nord du Litani.
Depuis la funeste guerre déclenchée par le Hezbollah en juillet 2006 – pour des considérations purement iraniennes – toutes les solutions, initiatives et mesures qui étaient au centre des tractations internationales et régionales portaient sur la pacification de la zone située au sud du Litani. La résolution 1701 ainsi que le cessez-le-feu négocié en novembre 2024 – à la suite d’une autre guerre suicidaire déclenchée par le même Hezbollah – portaient sur la fin de toute présence milicienne dans cette zone méridionale bien définie.
À la suite de la troisième guerre démentielle – et non moins suicidaire – enclenchée par le parti pro-iranien, le 2 mars 2026, pour venger la mort du Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, Israël avait annoncé la couleur, d’entrée de jeu, en soulignant sa détermination à établir une zone tampon dans cette même portion du territoire, en l’occurrence au sud du Litani. L’annonce avec grand fracas d’une incursion de l’armée israélienne au nord de ce fleuve et de l’aménagement d’une position fixe dans cette région, à la périphérie de la localité de Zawtar-Est, constitue, en quelque sorte, une «rupture» avec l’ensemble du processus diplomatique et sécuritaire international concernant le Liban-Sud, entretenu depuis août 2006, date du vote par le Conseil de sécurité de la résolution 1701. Tel-Aviv a même fait état d’un affrontement dans ce secteur – qui aurait duré trois jours – avec des miliciens du Hezbollah.
L’importance de la divulgation de ce développement majeur réside dans le fait qu’il intervient à la veille du troisième round des pourparlers directs entre le Liban et Israël qui se tiendra jeudi prochain, 14 mai, à Washington sous l’égide de l’administration Trump, et en présence de l’ancien ambassadeur Simon Karam (ce qui donne une nouvelle dimension politique à ces discussions bilatérales).
Le message à l’adresse du pouvoir libanais paraît clair: si aucun progrès tangible n’est réalisé au niveau du désarmement de la milice du Hezbollah, comme le stipulent la 1701 et l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, l’armée israélienne ne se contentera pas de limiter son action au sud du Litani, comme indiqué au départ, mais n’hésitera pas à étendre ses opérations en franchissant le fleuve vers le nord. Cette éventualité a d’ailleurs été évoquée explicitement par le pouvoir politique à Tel-Aviv. Certaines sources vont même jusqu’à faire état d’une possible avancée de Tsahal jusqu’au Zahrani, au sud de Saïda…
L’État hébreu pourrait justifier une telle escalade dans ses opérations militaires dans la région méridionale du pays en prenant pour prétexte la recrudescence des attaques du parti pro-iranien contre le nord d’Israël. Pas plus tard que dans la soirée de mardi, plusieurs drones munis d’explosifs se sont ainsi abattus, en provenance du Liban-Sud, en territoire israélien, à proximité de la frontière, faisant des blessés dans les rangs des militaires.
Le volet régional
Alors que la tension monte sur le front libanais, l’incertitude continue de marquer la situation sur le front iranien. Ce dossier explosif sera longuement discuté au cours de la visite que le président Donald Trump effectuera au milieu de cette semaine en Chine, qui entretient des liens étroits avec la République islamique. Le chef de la Maison Blanche a déclaré mardi sur ce plan qu’il n’a pas l’intention de faire preuve de «précipitation» au sujet de l’Iran, mettant l’accent sur l’importance de l’impact du blocus naval imposé aux ports iraniens. Mais dans le même temps, le président américain a souligné qu’il n’est pas dupe des manœuvres de tergiversation du régime iranien. Une petite phrase qui rejoint les précédentes déclarations du chef de la Maison Blanche qui a souligné à plusieurs reprises qu’il est grand temps de mettre un terme aux nombreuses agressions meurtrières et déstabilisatrices perpétrées contre les pays occidentaux et les États du Moyen-Orient par la République islamique «qui nous mène en bateau depuis 47 ans», comme l’a relevé, fort à propos, le président américain en début de semaine.