Logo Levant Time
Retour à l’article
L'Essentiel du jour

Israël multiplie les assassinats de cadres; l’Iran étend ses tirs à l’Azerbaïdjan

Image d'actualité
Traînée d'une roquette interceptée par le système de défense antimissile israélien "Dôme de fer" au-dessus de Tel Aviv. (Ahmad Gharabli/AFP)
Portrait de l'auteur
Par Michel Touma
Publié mars 5, 2026 - 16:24

L’offensive américano-israélienne lancée le 28 février dernier contre le régime des mollahs iraniens ainsi que la réouverture consécutive du front du Liban-Sud par le Hezbollah, dans la nuit du 1er au 2 mars, ont pris une nouvelle tournure au cours des dernières quarante-huit heures. 

Alors que les raids aériens contre les positions du Hezbollah se poursuivent, notamment dans la banlieue-sud de Beyrouth et dans plusieurs villages de la région méridionale du pays, l’aviation de l’Etat hébreu multiplie les raids ciblés visant à éliminer des cadres supérieurs de la formation pro-iranienne et des organisations palestiniennes fondamentalistes. Mercredi 4 mars, et dans la journée de jeudi, 5 mars, des raids ont été menés à Aramoun, Saadiyate, Bchemoun, Choueifat, Saïda, Hazmieh, sur la route de l’aéroport de Beyrouth (deux cadres du Hezbollah assassinés), Zahlé et dans le camp palestinien de Baddaoui, au Liban-Nord, où un haut responsable du Hamas a été tué. 

Dans chacune de ces localités les cadres ont été tués par un tir de missile soit à leur domicile, soit pendant qu’ils circulaient en voiture. Parallèlement, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a réitéré son appel à tous les habitants du sud du Litani à évacuer leurs villages et à se rendre au nord du fleuve. Il a lancé un appel similaire aux habitants de la banlieue-sud, leur demandant de se replier sur Tripoli ou certains secteurs de la montagne. Selon l’une des chaines de télévision israélienne, Tsahal aurait l’intention de bombarder et de détruire « des dizaines d’immeubles dans la banlieue-sud ». 

Le front iranien 

Au niveau des opérations militaires en Iran, des missiles ont été lancés dans la matinée de jeudi contre Doha (Qatar), Manala (Bahreïn), et le Kurdistan irakien où le quartier général des forces kurdes iraniennes opposées au régime des mollahs a été visé. A noter sur ce plan que selon des responsables américains cités par Fox News et par le site Axios, des forces kurdes de l’opposition iranienne en poste en Irak ont lancé en début de semaine une offensive terrestre en direction du territoire iranien, avec l’appui, affirment ces mêmes sources, des Services américains et israéliens. La Maison Blanche a toutefois démenti vouloir apporter une aide aux opposants kurdes iraniens stationnés en Irak. Les Pasdaran, quant à eux, ont indiqué dans ce contexte avoir ouvert le feu contre « des éléments sécessionistes » qui tentaient de franchir la frontière avec l’Irak.    

En plus de cette tension à la frontière irano-irakienne, un grave développement est intervenu dans la matinée de jeudi. Les Pasdaran ont lancé deux missiles en direction d’un aéroport en Azerbaïdjan où, de surcroît, des concentrations de troupes ont été signalées à la frontière avec l’Iran, à en croire certaines informations. 

Au début de la semaine, rappelle-t-on, les Gardiens de la révolution avaient lancé des missiles en direction de Chypre, contre une base britannique, et de la Turquie où la défense anti-aérienne de l’OTAN a intercepté le missile. Il apparaît de ce fait évident que les Pasdaran s’emploient à étendre de plus en plus le conflit à de nouveaux pays et à de nouvelles zones géographiques, l’objectif étant pour la République islamique d’accroitre l’internationalisation du conflit afin de l’aggraver au maximum de manière à tenter de stopper l’offensive américano-israélienne. 

Face à la puissance de feu et à l’étendue de l’offensive américano-israélienne, le régime des mollahs, sans doute pris de panique, opte pour la fuite en avant et pour l’extension du conflit à de nouvelles zones géographiques de plus en plus étendues afin de briser son face-à-face avec les Etats-Unis et Israël. Sauf qu’une telle stratégie se retourne contre Téhéran et ne fait qu’accroitre son isolement, comme l’illustrent les prises de position internationales enregistrées ces dernières vingt-quatre heures. 

Le secrétaire général de l’OTAN a ainsi déclaré que l’écrasante majorité  des pays de l’alliance atlantique appuient la position du président Donald Trump concernant le conflit iranien. Abondant dans le même sens, la commission européenne a stigmatisé le comportement du régime iranien, soulignant que la ligne de conduite de la République islamique constitue une menace pour la stabilité au Moyen-Orient et la sécurité en Europe. Dans ce cadre, le président Emmanuel Macron a indiqué jeudi qu’il avait proposé à l’Italie et à la Grève d’envoyer des troupes à Chypre pour renforcer les capacités de défense de l’île. La France à cet égard a pris la décision d’autoriser aux avions américains l’accès à ses bases militaires au Moyen-Orient. La Grande-Bretagne avait également ouvert ses bases en début de semaine à l’aviation US. 

De son côté, le Premier ministre canadien a déclaré jeudi qu’il n’excluait pas une participation de son pays à la guerre menée contre le régime iranien.  Quant à l’Australie, elle a annoncé l’envoi de « potentiel militaire » dans la région.  

 Signalons enfin que le Sénat US a rejeté une résolution présentée par des élus démocrates visant à limiter la liberté d’action du président Trump en Iran. 

  

 


Articles liés
Voir tout
Vidéos liées
Voir tout
Podcasts liés
Voir tout