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L'Essentiel du jour

Israël et les USA se partagent la destruction des infrastructures du régime iranien

Au Liban, Israël étend ses raids, son déploiement et ses avertissements

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Un homme brandit le drapeau iranien sur les décombres d’un immeuble détruit lors des frappes aériennes israélo-américaines sur Téhéran. (AFP)
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Par Michel Touma
Publié mars 4, 2026 - 19:37

«Ils sont finis (…). Cette guerre est sept fois plus puissante que la précédente.» En peu de mots, le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a résumé la tournure prise, ou qu’a commencé à prendre, la guerre lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre le régime des mollahs iraniens. Le ministre US a souligné que cette guerre en est encore à ses débuts, précisant que de nouveaux avions et de nouvelles forces armées seront acheminés prochainement au Moyen-Orient pour participer aux opérations militaires.

 

Les déclarations du secrétaire à la Guerre reflètent clairement les développements en cours en Iran. Cette journée du 4 mars 2026 a été marquée principalement par les violents bombardements intensifs menés par l’aviation israélienne contre les bâtiments, les centres de commandement, et les infrastructures relevant du régime dans la région de Téhéran. Plus d’une centaine de centres des bassidjs (le bras armé répressif des Gardiens de la révolution islamique) ont notamment été la cible des bombardiers israéliens.

 

«Aucun bâtiment des Gardiens de la révolution ne restera debout», a affirmé dans ce cadre une source officielle israélienne qui a précisé que les armées américaine et israélienne se partagent la tâche de la destruction des infrastructures militaires et civiles relevant du régime. Selon cette même source, l’aviation de l’État hébreu se concentre sur l’ouest de l’Iran afin de détruire les bâtiments, les centres de commandement et les infrastructures civiles du régime, tandis que les États-Unis prennent en charge le sud-ouest afin de détruire les sites nucléaires, les missiles balistiques, les rampes de lancement, les centres de production de missiles balistiques, les défenses anti-aériennes et les forces navales.

 

La Turquie, cible d’un missile iranien…

 

Le fait marquant de cette journée du 4 mars aura été le lancement d’un missile balistique iranien en direction de… la Turquie! Le missile a toutefois été intercepté par une unité de l’OTAN. Conséquence pratique: la Turquie n’a pas épargné ses critiques à l’égard du comportement du régime iranien et a été jusqu’à qualifier de «grave erreur» les tirs de missiles iraniens contre les pays du Golfe.

 

Autre fait marquant de la journée: l’annonce par le Qatar du démantèlement d’une cellule subversive implantée par les Gardiens de la révolution iranienne afin de se livrer à des opérations d’espionnage et de sabotage au Qatar.

 

Après Chypre et le Golfe (qui ont été, et qui continuent d’être, la cible des missiles iraniens), la tentative d’agression contre la Turquie reflète à n’en point douter la volonté des Gardiens de la révolution d’étendre de plus en plus le champ du conflit dans l’espoir de susciter une mobilisation internationale visant à stopper l’offensive américaine et israélienne.

 

Autre fait marquant des dernières vingt-quatre heures: l’entrée en jeu des bombardiers américains B-52. Ce développement signifie, dans la pratique, que les avions américains et israéliens contrôlent désormais totalement l’espace aérien iranien (notamment au sud de l’Iran et dans la zone de Téhéran), ce que le secrétaire à la Guerre a confirmé mercredi au cours d’une conférence de presse. Les avions B-52, relève-t-on à ce sujet, sont des bombardiers lourds, donc relativement lents, qui peuvent être facilement détectés par les radars et qui représentent, de ce fait, des cibles faciles.

 

Si l’état-major américain a lancé les B-52 dans la bataille c’est que, effectivement, l’espace aérien est pratiquement totalement sous le contrôle des aviations américaine et israélienne. L’entrée en jeu des B-52 revêt une importance certaine dans le déroulement des opérations militaires car ces appareils peuvent transporter et larguer avec une grande précision des bombes de très gros calibres.

 

Le front libanais

 

Sur le plan des opérations militaires sur le front libanais, l’aviation israélienne a intensifié et étendu à de nouvelles zones ses raids menés contre les infrastructures, les dépôts de munition et les stocks de missiles et de drones. Au cours de la matinée de ce mercredi 4 mars, de violents raids intensifs ont été menés contre la banlieue-sud.

 

Les dernières vingt-quatre heures ont été en outre marqués par une extension de la zone englobée dans les attaques aériennes. Pour la première fois, le secteur de Hazmieh a été visé par l’aviation israélienne qui a effectué un raid contre l’hôtel Comfort où, selon certaines informations, un diplomate iranien avait trouvé refuge. Aucune information n’a filtré sur le sort du diplomate en question.

 

Parallèlement, de nouvelles régions ont été bombardées par l’aviation de Tsahal, notamment Saadiyate (sur la route du Sud), Bchemoun et Aramoun où un responsable de la branche militaire des Frères musulmans aurait été tué. À Baalbeck, un édifice de quatre étages a été entièrement détruit par un raid qui a fait plusieurs tués.

 

Sur le terrain, les forces israéliennes ont poursuivi ce mercredi leur déploiement, encore limité, à l’intérieur du territoire libanais et ont atteint l’importante localité de Khiam, située à six kilomètres de la frontière. Dans le même temps, les unités d’artillerie israéliennes ont sensiblement renforcé leur présence le long de la frontière.

 

Alors que les raids aériens se poursuivent ainsi dans plus d’une région, un grave développement est intervenu durant cette journée de mercredi: l’armée israélienne a demandé à la population de l’ensemble de la région située au sud du Litani de quitter leurs villages et de se replier au nord du Litani. Cet appel augmente les appréhensions du pouvoir et des milieux locaux qui mettent en garde contre les velléités israéliennes d’établir une large zone tampon qui pourrait permettre à l’État hébreu, dans une étape ultérieure, d’imposer des conditions politiques et sécuritaires allant bien au-delà des dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024.

 

En prenant l’initiative suicidaire de rouvrir le front du Liban-Sud, à l’instigation des Gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah aura ainsi offert à Israël, sur un plateau d’argent, le prétexte en or lui permettant d’imposer à brève échéance à l’État libanais des accords stratégiques à ses propres conditions…

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