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Grand entretien

Françoise Péricaud-Duval: Lorsque l’élégance est guidée par la charité

Au cœur du Bal de l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte à Paris

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Françoise Péricaud-Duval (Photo DR).
Portrait de l'auteur
Par Yasmina Comair
Publié juil. 30, 2026 - 20:38

Il est des soirées que le temps efface. Et puis il y a celles qui attendent simplement qu’une volonté leur redonne vie.

En 1967, sous le haut patronage de la princesse Grace de Monaco, le bal de l’Ordre de Malte avait lieu à Paris, empreint de cette forme d’élégance discrète qui caractérise les grandes œuvres de bienfaisance, exprimant un raffinement qui ne trouve sa véritable raison d’être que dans la cause qu’il sert. Puis les années ont passé, laissant ce rendez-vous prestigieux disparaître peu à peu du paysage parisien.

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Près de soixante ans plus tard, le bal renaît dans le cadre exceptionnel du Cercle de l’Union Interalliée. Sous le haut patronage de Son Altesse Royale la princesse Caroline de Hanovre, cette nouvelle édition ne signe pas seulement le retour d’une soirée mondaine. Elle réveille en son cœur une mémoire, rétablit un lien entre les générations et rappelle qu’il existe encore des lieux où la beauté peut devenir un langage de solidarité.

À l’origine de cette renaissance, une femme. Une femme qui ne cherche pas la lumière, mais veille à ce qu’elle éclaire les autres. Pour Françoise Péricaud-Duval, présidente du comité d’organisation du Bal de l’Ordre de Malte Paris, chaque détail possède un sens: non par recherche de perfection esthétique, mais parce que le soin accordé aux choses traduit toujours le soin accordé aux personnes.

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S.A.R. la Princesse Zita de Bourbon-Parme et S.A.S. le Prince Charles von Croÿ.

Elle a imaginé cette soirée comme on compose une œuvre collective, avec rigueur, intuition, sens du beau et fidélité absolue à l’esprit de l’Ordre. Derrière les bouquets, les tables dressées, les mécènes, les enchères, les conversations et les premières notes du bal demeure l’essentiel: permettre au 68e pèlerinage à Lourdes de poursuivre son engagement auprès des personnes fragilisées.

Une conviction que Françoise Péricaud-Duval exprime avec une simplicité presque évidente: lorsque l’élégance est guidée par la charité, le paraître s’efface au profit du service.

Faire renaître une histoire

«Certaines traditions ne reviennent pas parce qu’elles appartiennent au passé. Elles reviennent parce qu’elles ont encore quelque chose à transmettre au présent.»

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Levant Time - Ce bal n’avait plus été organisé à Paris depuis 1967. Lorsque ce projet vous a été confié, avez-vous d’abord ressenti le poids de cette histoire ou la liberté d’écrire une nouvelle page?

Françoise Péricaud-Duval -J’ai ressenti les deux.

Le poids de l’histoire, d’abord, parce que l’Ordre de Malte existe depuis plus de neuf cents ans. Il est actif dans près de cent trente pays et très présent en France, où nous sommes des milliers de bénévoles. C’est extraordinaire de faire partie de cette grande chaîne de charité, d’amour, de foi, de don de soi auprès des plus faibles.

Mais j’avais également conscience de me trouver devant une page blanche. J’avais déjà organisé des événements lorsque je vivais à Londres, mais, cette fois, je repartais de zéro. Tout était à construire. La mission était considérable.

Je crois cependant avoir été portée par ma foi. Lorsque j’ai accepté, je n’avais pas encore mesuré tout le chemin qu’il faudrait parcourir. L’idée de faire revivre cette tradition en France, qui est mon pays et que j’aime profondément, m’a beaucoup touchée. Le fait que son Président Olivier de La Chapelle me fasse confiance m’a également émue.

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Monsieur Stéphane Bern, Madame François Péricaud-Duval et la baronne Olivier de La Chapelle.

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Madame Françoise Péricaud-Duval et S.A.R. le Prince Charles-Louis d'Orléans, Duc de Chartres.

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S.A.R. le Bailli-Prince Louis de Bourbon, Duc d'Anjou.

L. T. - En découvrant les archives de la dernière édition placée sous le haut patronage de la princesse Grace de Monaco, qu’est-ce qui vous a le plus touchée ou inspirée?

Françoise Péricaud-Duval - Nous avons eu la chance de retrouver une photographie du dernier Bal de l’Ordre de Malte à Paris, organisé le 11 avril 1967. Notre bal s’est tenu le 11 avril 2026, jour pour jour, cinquante-neuf ans plus tard.

Cette photographie représentait le prince Guy de Polignac, qui présidait alors l’Ordre de Malte en France, aux côtés de la princesse Grace de Monaco.

Je suis très proche de Diane de Polignac et de son frère Ludovic, respectivement nièce et neveu du prince Guy de Polignac. Diane m’avait toujours dit que, si je reprenais une activité au service de l’Ordre de Malte en France, elle souhaitait y être associée. Je ne savais pas, à ce moment-là, que leur oncle avait présidé le dernier bal.

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Andreas Oetker, Monsieur Alfred Oetker et son épouse la princesse Elvira Grimaldi, Maximilian Terberger.

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La princesse Diane de Polignac, Charles Noël de Cacqueray, Alejandra Pourpel, Françoise Péricaud-Duval, le baron Olivier de La Chapelle, Marie-Gabrielle de La Chapelle, Armand de Vial, Diane de Noailles de Mouchy de Poix et Paola Obligi.

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Son Excellence le baron Olivier de La Chapelle, Président de l'Association Française des membres de l'Ordre souverain de Malte, S.A.R. la Princesse de Hanovre, le Prince Ludovic de Polignac, Ariane de Chazournes et sa mère la Princesse Diane de Polignac.

La découverte de cette photographie a donc eu une signification particulière. Je l’ai vécue comme un clin d’œil. Diane souhaitait sincèrement participer à l’organisation et elle m’a apporté un soutien extraordinaire. Pendant un an et demi, nous avons échangé presque quotidiennement.

La présence de Diane et de Ludovic de Polignac lors de cette nouvelle édition s’est alors imposée comme une évidence. Cette continuité entre les générations était très belle.

L. T. - Comment faire renaître une tradition sans simplement chercher à reproduire le passé?

Françoise Péricaud-Duval - Je crois aux chaînes d’amour et aux réunions de belles âmes.

Lorsque l’on fait le beau et le bien, on attire naturellement d’autres personnes. Pour moi, le chemin de la foi est un chemin joyeux, mais il ne peut pas être solitaire. Il faut être nombreux, le plus nombreux possible.

Il y a eu un véritable engouement pendant la soirée, puis après le bal. C’est ma manière de vivre ma foi: essayer de la partager.

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LL.AA.RR. le Prince Charles-Louis et la Princesse Iléana d’Orléans, et quatre de leurs enfants, LL.AA.RR. les Princesses Louise, Hélène, Isabelle et S.A.R. le Prince Constantin d'Orléans.

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S.A.R. la Princesse Antonella d’Orléans-Bourbon et sa fille, S.A.R. la Princesse Eulalia d’Orléans-Bourbon.

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S.A.R. le Prince Guillaume de Luxembourg et son épouse S.A.R. la Princesse Sibilla de Luxembourg entourés de deux de leurs enfants, S.A.R. la Princesse Charlotte de Nassau et S.A.R. le Prince Paul-Louis de Nassau.

Je ne la vis pas du tout avec un sac de pierres sur le dos. Je suis convaincue que le beau et le bien sont complémentaires. Dieu nous a donné un monde merveilleux. Je suis fascinée par la faune, la flore, la complexité et la perfection du moindre animal ou de la moindre fleur. Par respect pour ce monde qui nous a été donné, je pense que nous devons, nous aussi, essayer de créer du beau.

Être perfectionniste et rechercher la beauté ne sont pas contradictoires avec la charité. On peut être charitable et faire les choses le mieux possible. Donner le meilleur de soi-même est, à mes yeux, un devoir.

L’élégance au service d’une mission

«À l’Ordre de Malte, la beauté d’une soirée n’a de sens que lorsqu’elle prolonge une œuvre tournée vers les autres.»

L. T. - Beaucoup verront avant tout un gala. Vous y voyez probablement d’abord une mission. Quel message aimeriez-vous transmettre à ceux qui ont participé à cette soirée?

Françoise Péricaud-Duval - Je veux d’abord leur exprimer une immense reconnaissance.

Nous avons commencé à travailler en octobre 2024 pour une soirée qui a eu lieu le 11 avril 2026. J’ai constitué un comité d’organisation composé d’amis qui ont tous été extraordinaires.

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Monsieur et Madame Bernard Ruiz-Picasso.

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S.A.S. la Princesse Dorothée d'Arenbeng, le Duc de Crussol, S.A.S. la Princesse Aliénor d'Arenberg et S.A.S. la Princesse Theodora von und zu Liechtenstein.

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LL.AA.RR. le Prince Charles-Emmanuel et la Princesse Constance de Bourbon-Parme, Céline de Noailles de Mouchy de Poix, S.A.R. le Bailli-Prince Pedro de Bourbon des Deux-Siciles, Duc de Calabre, Comte de Caserte.

Pendant un an et demi, j’ai répété une phrase qui était presque devenue une plaisanterie entre nous: «One team, one dream.» Je crois profondément à cette idée. Nous avons tous nos points faibles, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est parce que nous travaillons ensemble que nous réussissons.

Une ambiance extraordinaire s’est créée au sein du comité. Nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes pour que cette soirée soit belle, mais aussi pour que les invités s’amusent. Je tenais énormément à ce que les jeunes dansent, rient et passent une soirée joyeuse.

Le plus beau compliment que j’ai reçu est venu de plusieurs jeunes qui m’ont confié qu’il s’agissait de la plus belle soirée à laquelle ils avaient assisté. Certains se sont mis à danser dès le début du dîner et se sont à peine assis. Le soutien d’Alejandra Poupel, membre du comité d’organisation et fondatrice d’Alejandra Poupel Events, d’Inspiration Music & Arts et de Novelty, a été un élément essentiel au succès de ce bal. Les chanteurs, saxophonistes, percussionnistes et violonistes ont créé une ambiance extraordinaire.

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Tous savaient cependant qu’ils participaient à un bal de charité et que leur présence contribuait à financer le pèlerinage de Lourdes. Nous avons donc essayé de réunir ces deux dimensions: la conscience de servir une cause et la joie de passer une soirée exceptionnelle.

La joie est d’ailleurs l’une des choses qui m’avaient le plus marquée lorsque je me suis rendue pour la première fois au pèlerinage de Lourdes. J’avais été bouleversée par la joie des personnes malades ou handicapées. Nous qui avons beaucoup reçu, nous devons être capables de vivre avec cette même joie. Lorsque l’on a la chance d’avoir la foi, il faut la vivre joyeusement. C’est ce que j’ai voulu transmettre à travers ce bal.

L. T. - Comment trouver l’équilibre entre le raffinement attendu d’un tel événement et l’humilité de la cause qu’il soutient?

Françoise Péricaud-Duval - Il était essentiel que la beauté de la soirée ne soit jamais obtenue au détriment des personnes que nous aidons.

Je ne voulais pas que les invités puissent penser que les fleurs, les nappes, la vaisselle - gracieusement fournis par la maison Options- ou encore les éléments décoratifs avaient été financés avec l’argent destiné au pèlerinage de Lourdes.

Cela a demandé énormément de travail, car il fallait trouver des sponsors et des donateurs pour chaque poste, en particulier pour les éléments éphémères comme les fleurs.

Je refusais d’organiser une soirée sans fleurs, mais je refusais également de les payer avec les fonds recueillis pour les malades. J’ai donc tenu bon jusqu’à ce que nous trouvions un mécène: Daniel Féau - Belles Demeures de France.

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Devant chaque bouquet, nous avions placé une petite carte calligraphiée indiquant que les fleurs avaient été généreusement offertes. Il s’agissait naturellement de remercier notre mécène, mais aussi de montrer aux invités que l’argent du pèlerinage n’avait pas été utilisé pour la décoration.

J’explique souvent à mes amis qui organisent le mariage de leurs enfants que j’ai essayé de faire aussi beau qu’un mariage, mais sans dépense!

Nous étions là pour servir «nos seigneurs les malades», pas pour engager des dépenses inutiles. Les fleurs ne sont qu’un exemple. Nous avons bénéficié de nombreux dons pour les nappes, la vaisselle, les animations et les différents éléments de la soirée. Le caviar et les vins, offerts par Rova Caviar et Fondugues- Pradugues ainsi que le champagne, fourni avec beaucoup de générosité par la maison Pommery, étaient de purs délices.

C’est aussi ce que j’aime dans le bénévolat: toutes les belles rencontres qu’il permet. Les sponsors, les donateurs, le comité d’organisation et les jeunes bénévoles présents le jour du bal ont constitué une véritable chaîne de générosité. Grâce à eux, nous avons pu organiser une soirée très belle sans perdre de vue notre mission.

Les coulisses de l’invisible

«Les plus belles soirées sont souvent celles où l’on ne remarque jamais tout ce qui a été pensé en amont.»

L. T. - Combien de temps de préparation a nécessité cette renaissance?

Françoise Péricaud-Duval - Environ un an et demi.

Nous avons commencé en octobre 2024. Il fallait d’abord trouver un lieu élégant, suffisamment grand et central. Je ne voulais surtout pas d’une succession de petites salles, car cela aurait nui à l’ambiance. Le choix du lieu était donc essentiel.

Il a ensuite fallu constituer le comité d’organisation et le comité d’honneur, rechercher des sponsors et des donateurs, organiser la vente aux enchères et la tombola, penser l’art de la table, la musique et les animations.

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Nous avons également fait appel à une trentaine de jeunes bénévoles pour aider le jour du bal notamment à l’accueil des quatre cent vingt invités venus de toute l’Europe, des États-Unis et d’Amérique Latine et à l’organisation de la tombola. Des aquarellistes, une illustratrice, une sculptrice de mots, une silhouettiste et des photographes ont aussi animé la soirée. Tous ont offert leur talent.

Nous nous réunissions d’abord chaque mois, puis chaque semaine à l’approche du bal. Dans les dernières semaines, les échanges avec les équipes de l’Interallié et d’Alejandra Poupel étaient quotidiens. Leur accompagnement dans la conception et la coordination de la soirée a été précieux.

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Le comte Jacques de La Guillonnière (Président Fondateur du groupe Novelty) et son épouse.

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Trente jeunes bénévoles vendaient 2000 œillets blancs sur lesquels étaient accrochés des numéros pour la tombola.

J’avais également confié à deux membres du comité âgés de moins de trente-cinq ans la gestion de la liste des jeunes invités. De mon côté, je m’occupais des plus de trente-cinq ans.

La constitution de la liste était très importante, car je voulais que tous les invités soient personnellement connus par un membre du comité d’organisation. Nous n’avons vendu aucune table d’entreprise. Le bal était entièrement privé. Cette règle a beaucoup contribué à l’atmosphère chaleureuse de la soirée.

L. T. - Quel détail vous a demandé le plus d’attention, alors même qu’il est probablement resté invisible aux yeux des invités?

Françoise Péricaud-Duval - L’aspect technique a probablement été le plus compliqué.

Il a fallu créer et gérer les différents liens de paiement: pour les moins de trente-cinq ans, pour les plus de trente-cinq ans, pour les membres de l’Ordre et pour les personnes extérieures.

Le bal devant rester privé, il fallait également éviter qu’une personne puisse transmettre librement un lien d’inscription à quelqu’un que nous ne connaissions pas.

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Nous avions aussi installé de grands écrans sur lesquels étaient diffusés un film consacré à Lourdes et les noms ou visuels de tous ceux qui avaient soutenu l’événement. Il fallait remercier nos mécènes et leur apporter une visibilité, tout en assurant parfaitement le fonctionnement technique.

Ce sont des éléments que les invités ne remarquent pas nécessairement lorsque tout fonctionne, mais qui demandent énormément de préparation.

L. T. - Quelques instants avant l’arrivée des premiers convives, lorsque tout est enfin en place, quelle est votre émotion?

Françoise Péricaud-Duval - J’étais stressée. Je n’étais pas encore émue.

Tant que tous les invités n’étaient pas arrivés et installés à table, je restais dans l’appréhension. Je voulais m’assurer qu’il n’y aurait pas d’annulation de dernière minute, de difficulté en cuisine ou de problème qui puisse m’échapper. C’est certainement mon côté perfectionniste.

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Mais nous avions installé un décor photographique magnifique, entièrement fleuri. Lorsque les invités arrivaient, ils étaient photographiés dans ce cadre. Je les accueillais avec Olivier de La Chapelle, président de l’Association française des membres de l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint- Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, et beaucoup d’amis me demandaient de poser avec eux. Ces moments m’ont progressivement fait oublier mon stress.

Le temps de la transmission

«Une soirée s’achève. Mais ce qu’elle transmet peut traverser les années.»

L. T. - Le fait de voir plusieurs générations réunies autour de cette soirée avait-il une résonance particulière pour vous?

Françoise Péricaud-Duval - Oui, c’était clairement l’un des principaux objectifs de la soirée.

Je pense que cette diversité générationnelle a beaucoup contribué à son succès. Les parents étaient heureux de venir avec leurs enfants et de les voir s’amuser. Les jeunes étaient également heureux de partager ce moment avec leurs parents.

Nous avions aménagé deux salons, mais les invités circulaient constamment de l’un à l’autre. Il y avait le salon des jeunes et celui des «jeunes depuis plus longtemps», mais les générations se sont véritablement mélangées.

L’un des buts du bal était précisément de transmettre aux plus jeunes cette joie du don de soi. Nous étions environ quatre cent vingt invités, dont près de cent quatre-vingt-dix avaient moins de trente-cinq ans.

Je voulais que des jeunes qui connaissaient peu, ou pas du tout, l’Ordre de Malte puissent le découvrir et, peut-être, avoir ensuite envie de s’engager. Je suis persuadée que c’est dans le don que l’on trouve le bonheur.

Après le bal, plusieurs nouveaux participants ont rejoint le pèlerinage de Lourdes. C’est une petite victoire très importante à mes yeux: de nouveaux hospitaliers ont décidé de servir à Lourdes après avoir découvert le bal de l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte lors de cette soirée.

L. T. - Espérez-vous que ce bal devienne un rendez-vous appelé à s’inscrire durablement dans la vie de l’Ordre de Malte Paris et auprès des jeunes générations?

Françoise Péricaud-Duval - Oui, tout à fait. Une nouvelle édition du bal aura lieu en 2027, au même endroit. La date n’est pas encore arrêtée, mais nous souhaitons inscrire ce rendez-vous dans la durée.

Cette soirée était placée sous le signe du pèlerinage international de Lourdes. Je pensais beaucoup à cette expression: servir nos seigneurs, les pauvres et les malades. Être au service des plus faibles est quelque chose qui me tient profondément à cœur.

Une aventure profondément personnelle

«Certaines missions transforment autant ceux qui les portent que ceux auxquels elles sont destinées.»

L. T. - Qu’est-ce que cette aventure vous a appris sur vous-même?

Françoise Péricaud-Duval - C’est une question difficile, car je ne pense pas beaucoup à moi.

Je crois avoir découvert que ma force résidait dans ma capacité à créer des liens entre les bénévoles, les membres du comité d’organisation, les donateurs, les sponsors et toutes les personnes qui ont rejoint l’aventure.

C’est à la fois ce que j’aime et, probablement, ce que je sais faire. Lorsque l’on partage une même passion du don de soi, du service des autres et de la création de quelque chose de beau, on fait des rencontres extraordinaires.

J’ai compris que je pouvais réunir de belles personnes et les entraîner dans une aventure commune. Toute la gratitude reçue après la soirée m’a également nourrie. Je crois que c’est cela, mon moteur dans la vie.

L. T. - Vous semblez accorder une grande importance à l’attention portée aux autres. Est-ce cette disposition qui guide votre manière d’organiser un événement de cette ampleur?

Françoise Péricaud-Duval - Oui. C’est vraiment l’amour des autres qui me guide.

Quel que soit celui ou celle qui se trouve en face de nous, c’est l’amour de l’autre qui permet de créer un événement comme celui-ci.

L. T. - Si vous ne deviez garder qu’une seule image de cette soirée, laquelle choisiriez-vous?

Françoise Péricaud-Duval - Je garderais l’image des invités entrant dans le salon pour le dîner.

Ils arrivaient après le cocktail et découvraient les tables, les verres, les nappes, les fleurs, les chandeliers et le carnet de bal, qui avait demandé un travail considérable.

Sur chaque table se trouvait un twilly en soie spécialement créé pour l’événement et offert aux invités. Nous avions choisi ce format plutôt qu’un foulard afin que les hommes puissent également le porter, notamment dans la poche de leur veste. Valérie LeSport, fondatrice de V.L Carré de Soie, a généreusement réalisé ces twillys en soie, tandis que Florine Asch en a conçu le dessin original. L’illustratrice avait également créé, bénévolement, le carton d’invitation, les menus et le carnet de bal.

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Cette collaboration a donné à l’ensemble une identité visuelle délicate et cohérente. Beaucoup d’invités ont immédiatement noué le twilly autour de leur poignet ou de leur sac.

Lorsque les invités sont entrés dans la salle, ils ont découvert les carnets de bal, les twillys, les fleurs et les nappes bleu ciel assorties aux tons pastel de la décoration. Des violonistes, vêtues de magnifiques costumes de tulle rose, jouaient sur de petites estrades réparties dans le salon.

Il y avait quelque chose de féerique et de magique. Je n’oublierai jamais leur émerveillement.

L. T. - Lorsque les lumières s’éteignent et que les derniers invités quittent les lieux, que reste-t-il de cette aventure pour Françoise Péricaud-Duval?

Françoise Péricaud-Duval - Il reste le sentiment du devoir accompli, un grand bonheur et une grande sérénité.

Il est agréable de se dire que l’on a donné cent pour cent de soi-même, sans compter ses heures, et que ce travail a porté ses fruits: nous avons levé beaucoup d’argent pour le pèlerinage de Lourdes et réuni des générations qui ont dansé ensemble jusqu’à trois heures du matin.

La soirée avait été belle, chaleureuse et joyeuse. Il ne restait qu’une pensée très simple: «Merci, mon Dieu.»

Le mot que je ressentais à la fin du bal était «gratifiant». Donner de sa personne bénévolement procure une gratification qui n’est pas financière: elle vient du cœur.

Mon grand-père me disait toujours: «Le bonheur réside en nous.» Je crois profondément que nous pouvons décider d’être heureux, en choisissant d’aimer les autres, la vie et Dieu.


- Françoise Péricaud-Duval est également la fondatrice de N85 Paris, une agence d’événementiel et d’art de recevoir à la française. Elle est joignable par courriel au n85paris@gmail.com

- Crédits photographiques: @jesus_dupaux, @Olga.gasnier et @studio_vanssay.

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