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Pour Téhéran, Ormuz vaut une bombe atomique

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Une visualisation, du site web MarineTraffic, des données du trafic maritime dans le golfe Persique, le détroit d'Ormuz et le golfe d'Oman, montre les milliers de navires bloqués de part et d’autre du détroit (en haut sur l’image). (AFP)
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Par LevantTime .
Publié mai 9, 2026 - 01:43

Alors qu’une brève confrontation navale a opposé les Américains aux Iraniens dans le détroit d’Ormuz, un conseiller du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré vendredi que ce passage maritime, par lequel transite 20 % du brut mondial, représentait «une opportunité aussi précieuse qu’une bombe atomique».


«Nous avons négligé pendant des années l’atout que représente le détroit d’Ormuz. Disposer d’une position permettant d’influencer l’économie mondiale par une seule décision constitue une opportunité majeure», a déclaré Mohammad Mokhber, réputé proche de l’aile dure du régime des mollahs.


Une réflexion qui donne à penser sur la véritable stratégie de l’Iran, alors que chaque déclaration est scrutée à la lumière des soupçons, fondés ou non, de divisions au sein de la classe dirigeante à Téhéran. Cette fracture transparaît chaque fois que les positions modérées des « colombes » du régime iranien sont contredites par les déclarations incendiaires des responsables des Pasdaran.


Dans le détroit contesté, dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces américaines ont affirmé avoir «riposté» après que trois de leurs destroyers lance-missiles eurent été attaqués par des «missiles, drones et petites embarcations» iraniens alors qu’ils franchissaient Ormuz en direction du golfe d’Oman.


Téhéran a dénoncé «une violation flagrante du droit international et du cessez-le-feu», tandis qu’un responsable iranien a fait état de dix marins blessés et de cinq disparus après une attaque américaine contre un cargo iranien.


L’attaque contre les navires américains a été qualifiée de «broutille» par le président américain Donald Trump, qui a estimé qu’elle ne remettait pas en cause le maintien du cessez-le-feu.


Mais les affrontements se sont poursuivis vendredi, menaçant davantage la trêve, alors que Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition visant à mettre durablement fin aux hostilités.


Comme à l’accoutumée, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a indiqué que l’Iran «étudiait toujours la proposition», affichant une posture de fermeté ou un apparent sang-froid, alors même que le pays a subi d’importantes destructions et que son économie est exsangue.


Négociations libano-israéliennes à Washington


Au Liban, le président Joseph Aoun a reçu le diplomate Simon Karam et « lui a donné ses directives » avant son départ pour Washington, où est prévue le 14 mai une réunion avec la délégation israélienne, selon un communiqué de la présidence. 


L’ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d’affaires adjoint ainsi qu’«un militaire» feront partie de la délégation, a précisé la même source.


«Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels : consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d’Israël (…) et étendre l’entière souveraineté de l’État sur le territoire national», a déclaré pour sa part le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi.


La première réunion entre les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, s’était tenue le 14 avril à Washington. Il s’agissait de la première rencontre de ce type depuis 1993.


Le président américain Donald Trump avait annoncé, à l’issue de la seconde réunion organisée à la Maison Blanche, une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre les deux pays.


Au Liban-Sud, le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a revendiqué vendredi deux attaques contre des bases militaires dans le nord d’Israël, en réponse à des frappes israéliennes menées au Liban et qui ont fait, le même jour, dix morts.


Le Hezbollah avait auparavant indiqué avoir lancé des missiles contre une base militaire proche de la ville de Nahariya, en représailles à des frappes israéliennes.


Les bombardements israéliens ont tué vendredi dix personnes, dont deux enfants et trois femmes, dans quatre localités du sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé. La Défense civile a également annoncé plus tôt la mort de l’un de ses secouristes, tué dans une frappe.

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