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Opinion

Enfin, les procès de Damas!

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Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique de la province de Daraa, dans le sud de la Syrie, assiste à sa première audience au palais de justice de Damas, le 26 avril 2026. Ce procès marque le début des poursuites contre des personnalités importantes de l'ère du président syrien déchu Bachar al-Assad. (Rami Alsayed/NurPhoto via AFP)
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Par Youssef Mouawad
Publié mai 2, 2026 - 09:58

Des procès, il y en eut à Nuremberg (1945-46) et à Tokyo (1946-48), et même qu’à Istanbul, on dressa les potences en juillet 1919 pour exécuter de Jeunes Turcs responsables du génocide arménien.

Cela dit, l’on s’était légitimement demandé pourquoi le pouvoir d’Ahmed al-Chareh tardait à mettre en branle la machine judiciaire. Ce dernier hésitait-il à sanctionner les exactions commises contre tout un peuple par la dynastie des tyrans Al-Assad et par leurs camarillas?

La question était d’autant plus lancinante que plus d’une vingtaine de responsables – des premiers et deuxièmes couteaux, si vous me passez l’expression – avaient été appréhendés et croupissaient dans les geôles en attente d’un jugement. 

Or voilà que le 26 avril dernier s’ouvrait à Damas la première audience publique par cette déclaration du juge Fakhr al-Din al-Aryane : « Aujourd’hui, nous entamons les premiers procès relevant de la justice transitionnelle en Syrie ».


Brève comparaison


Qui ne souhaiterait à notre voisine la Syrie la tenue des procès publics lesquels, en condamnant les criminels du régime baasiste, feraient non point vengeance, mais justice? Et pour cela, ne faudrait-il pas éviter de prendre exemple sur le modèle irakien ou sur le modèle libanais ? 

Rappelons qu’en Irak, se déroula en 2006 un simulacre de procès, le fameux kangaroo trial de Saddam Hussein. Ce dernier fut exécuté à la hâte après sa condamnation dans l’affaire de Dujail et avant que ne s’achevât le procès relatif à l’affaire de Halabja de 1988, où des armes chimiques furent utilisées contre la population civile. Aussi, les Kurdes, comme tant d’autres proches des victimes, furent-ils privés d’une saine administration de la justice, qui aurait certainement atténué le sentiment d’iniquité absolue qu’ils éprouvaient: un procès dans les règles ne pouvant que contribuer au travail de deuil.

 Quant au Liban, pays d’exception qui avait connu quinze années de conflit civil larvé et d’occupations étrangères, on se révéla plus expéditif et autrement plus laconique : la loi d’amnistie de 1991 effaça d’un trait de plume les horreurs commises.


En attendant Bachar et Maher et les autres


Faut-il croire que les choses seront différentes en Syrie? En tout cas, les tribunaux syriens ne chôment pas le dimanche puisque c’est en un tel jour que s’était tenue à Damas la première audience d’un processus qui va décidément mettre à nu les horreurs du pouvoir déchu. Manquaient cependant à l’appel deux invités de marque: le président déchu Bachar al-Assad et son frère Maher. Ils s’étaient dissipés dans la nature comme tant d’autres massacreurs qui se la coulent douce soit en Russie, soit au Liban, soit en Irak ou en Iran, voire en Allemagne, en Suède et en Belgique, nous dit-on!


Les criminels du régime qui échapperont à la justice de leur pays se comptent par milliers.

Des « fusibles » payeront en lieu et place de ceux qui avaient planifié et ordonné carnages et tortures systématiques, cette marque déposée du système pénitentiaire syrien.


Justice transitionnelle et règle de droit ?


Un procès, il en faut, ne serait-ce que pour ses effets cathartiques. Mais point une revanche dictée par la loi du talion! La « justice transitionnelle » que n’a pas manqué de souligner le juge Al-Aryane ne doit pas prendre l’allure d’un règlement de compte; elle doit établir la vérité des faits, compenser les victimes et préparer la voie à une réconciliation nationale.

Mais, est-ce là autre chose qu’un vœu pieux ? 

Jeunes, nos maîtres nous prévenaient contre les illusions et l’idéalisme. Car, comme la charité, la justice ne saurait être dans sa mise en œuvre que « partielle et partiale ».


*Certains crimes comme ceux commis à l’encontre de personnalités politiques, religieuses ou diplomatiques n’étaient cependant pas couverts par la loi d’amnistie.


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