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L'Essentiel du jour

Dory Chamoun, l’une des figures de proue du 14 Mars, n’est plus

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Par Taline Becharraoui
Publié sept. 15, 2026 - 00:22

Au-delà des informations habituelles sur la guerre au Moyen-Orient tout comme sur le front du Liban-Sud, une triste nouvelle a été annoncée lundi matin au Liban. Dory Chamoun, ancien député et ancien président du Parti national libéral, est décédé à l’âge de 95 ans à Beyrouth.

 

Fils de l’emblématique président libanais Camille Chamoun, Dory Chamoun a marqué l’histoire du Liban durant les différentes phases de la guerre libanaise, plus particulièrement à la suite de l’assassinat de son charismatique frère, Dany Chamoun, avec sa famille. Le Liban entrait alors dans une période de durcissement de l’occupation syrienne qui devait durer jusqu’en 2005.

 

Farouchement hostile au régime syrien de Hafez Assad, Dory Chamoun a fait partie des personnalités libanaises de premier plan qui ont joué un rôle-clé contre l’influence de l’ancien régime syrien (tombé en décembre 2024) au Liban. Il a été l’une des figures marquantes du rassemblement de Kornet Chehwan, qui militait pour l’indépendance et la souveraineté du Liban, et qui constituera, sous la houlette du patriarche maronite Nasrallah Sfeir, le fondement du mouvement du 14 Mars, apparu après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005. L’émergence du 14 Mars aboutira au retrait de l’armée syrienne du Liban en avril 2005.

 

Dory Chamoun a été proche de la ligne de l’ancien président Michel Aoun, avant de devenir l’un de ses farouches opposants après son retour d’exil, en 2005, lorsque Aoun s’est éloigné du camp souverainiste pour se rapprocher de figures et partis pro-syriens, notamment du Hezbollah en 2006.

 

Sur le plan de la carrière politique, Dory Chamoun a présidé le PNL après l’assassinat de son frère. Il a été élu président de la municipalité de Deir el-Qamar (Chouf, Mont-Liban) de 2004 à 2009, année au cours de laquelle il a été élu député du Chouf. Son fils Camille est lui-même député depuis 2022. La nouvelle de la disparition de Dory Chamoun a provoqué une pluie d’hommages, lundi.

 

La commémoration de l’assassinat du président Bachir Gemayel

 

Le hasard du calendrier a voulu que Dory Chamoun s’éteigne le jour du 44eanniversaire de l’assassinat du président-élu Bachir Gemayel, il y a 44 ans, le 14 septembre 1982. Comme chaque année, les Forces libanaises ont commémoré en grande pompe la date de l’assassinat de leur fondateur dimanche soir, à Achrafieh (Beyrouth). Les discours prononcés, notamment celui de son fils le député Nadim Gemayel, ont abordé sans surprise les derniers développements de la guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël.

 

Rebondissant sur l’initiative des autorités libanaises d’initier des pourparlers directs avec Israël, Nadim Gemayel n’a pas hésité à déclarer qu’il n’a aucune objection à ce que le Liban fasse la paix avec tout son entourage, inclus avec Israël, si cela est dans l’intérêt du pays. La spécificité de la cérémonie de cette année a été la participation de personnalités de différentes communautés libanaises.

 

Ces pourparlers israélo-libanais sont actuellement gelés jusqu’au mois d’octobre, en raison des agressions israéliennes continues au sud et du refus catégorique du Hezbollah (qui est contre ces négociations) de tout ce qui peut conduire à son désarmement. Un nouveau round de négociations devait se tenir cette semaine à Rome, il a été ajourné au mois d’octobre, selon un responsable du département d’État américain, qui l’avait annoncé vendredi. Cependant, les ambassadeurs du Liban et d’Israël à Washington devraient se rencontrer dans la capitale fédérale cette semaine.

 

Dans l’attente des élections israéliennes

 

Un élément de réponse à la cause de la stagnation qui marque les négociations avec Israël a été apporté par David Schenker, ancien adjoint du secrétaire d’État américain pour les affaires du Proche-Orient, au cours d’une entrevue télévisée ce week-end. Selon lui, l’accord-cadre signé entre le Liban et Israël en juin, et qui devait mener à un retrait progressif israélien suivi d’un déploiement de l’armée libanaise, est gelé jusqu’aux élections législatives en Israël en octobre.

 

Ce scrutin est crucial pour l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ne part pas favori et qui préfère garder la pression sur le Hezbollah au sud en vue de consolider sa position lors de ce scrutin. M. Netanyahu devrait, selon les informations de la MTV, continuer de profiter de la destruction, jeudi dernier, des tunnels construits par l’Iran sous la colline stratégique de Ali el-Taher (près de Nabatiyeh), un bastion du Hezbollah, en «révélant» ce que contenaient ces tunnels. Des rumeurs selon lesquelles des miliciens étrangers s’y trouvaient sont rapportées par diverses sources.

 

Côté libanais, notons enfin que le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar est arrivé lundi au Pakistan pour une visite officielle. Le Pakistan est, rappelons-le, le médiateur privilégié dans les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis.

 

Report de la réunion de Mascate

 

Au niveau du conflit régional, l’événement marquant de ce lundi aura été le report d’une réunion ministérielle prévue à Oman, à l’initiative de Téhéran, entre l’Iran et les pays du Golfe, en vue de discuter d’un éventuel arrangement portant sur le détroit d’Ormuz. Aucun des pays n’a répondu à l’appel. Le Bahreïn avait publiquement refusé d’y participer. Oman a évoqué la nécessité d’ajourner la rencontre pour réunir «des conditions propices à un dialogue constructif».

 

Le président américain Donald Trump, note-t-on sur ce plan, avait déclaré auparavant que cette réunion l’importait très peu. L’Iran, pour sa part, a accusé l’Arabie saoudite d’avoir demandé le report de la réunion, sous «prétexte» de l’escalade de la guerre au Yémen.

 

Sur le terrain au Moyen-Orient, le point le plus chaud reste effectivement le Yémen. Les Houthis pro-iraniens ont affirmé en matinée que l’armée saoudienne a mené une cinquantaine de frappes au Yémen en 24 heures. Les Houthis, de leur côté, ont affirmé avoir ciblé des installations militaires saoudiennes plus tard en journée.

 

Par ailleurs, une source de l’Organisation mondiale de la santé a affirmé que l’intensification des combats au Yémen ont fait, en quelques jours, 2.883 victimes, dont 504 morts et 2.379 blessés, entre le 6 et le 12 septembre. L’Iran, ciblé par des critiques américaines et saoudiennes concernant l’escalade initiée par son proxy yéménite, a démenti, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, avoir un quelconque lien avec la recrudescence de ces opérations militaires.

 

L’autre affaire qui a secoué le Moyen-Orient lundi est un scandale rapporté par des médias américains, portant sur une affaire d’espionnage: ce seraient ainsi des informations fournies par des services secrets chinois qui auraient guidé l’armée iranienne en juillet pour mener une frappe contre une base américaine en Jordanie, qui avait alors tué trois soldats américains. La Chine a démenti ces informations, affirmant qu’elles sont «sans fondement». Le président Trump en a minimisé la portée, en soulignant que si la Chine espionne les États-Unis, cela est réciproque. Le président chinois Xi Jinping devrait effectuer une visite officielle à Washington fin septembre.

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