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L'Essentiel du jour

Au dixième jour de la guerre, la rhétorique s’enflamme entre les belligérants

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Une fois de plus, les quartiers de la banlieue sud paient au prix fort les aventures guerrières du Hezbollah. (AFP)
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By Taline Becharraoui
Published mars 10, 2026 - 17:45

Au dixième jour du début de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran qui a embrasé la région, Liban inclus, la tension continue de monter. Les autorités américaines et israéliennes haussent le ton, et les piliers du régime iranien, qui joue sa survie, répondent avec une virulence accrue, comme s’ils avaient repris du poil de la bête depuis l’annonce de l’identité du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

 

Le président américain Donald Trump avait donné le ton, lundi, en déclarant penser que «la guerre est finie, quasiment», dans une interview à la chaîne CBS, considérant que le conflit est «très en avance» sur le calendrier initial. «C’est nous qui déciderons de la fin de la guerre», ont rétorqué les Gardiens de la révolution dans un communiqué.

 

Mais les Iraniens ne se sont pas suffi de déclarations intempestives. Ils ont menacé de «bloquer les exportations de pétrole pour la durée de la guerre». Ce qui a appelé une réponse de Trump. Le président américain a menacé de «frapper encore plus fort» au cas où Téhéran mettrait en œuvre sa menace. Le chef de la sécurité du régime iranien, Ali Larijani, a rétorqué que les menaces de Trump, «sont creuses» et que «l’Iran n’a pas peur».

 

Que cache cet échange acerbe de déclarations, notamment du côté iranien? Très peu de détails filtrent sur la situation en Iran, en raison notamment des violents bombardements israélo-américains incessants sur les villes et notamment les infrastructures iraniennes.

 

Dans tous les cas, une nouvelle déclaration de Donald Trump mardi, qui se plaît à souffler le chaud et le froid, est venue brouiller les pistes, puisque le président américain a assuré «avoir entendu dire que Téhéran voulait discuter», et qu’il serait prêt à le faire.

 

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré être en train de «briser les os» du régime iranien, appelant de nouveau le peuple iranien à se révolter.

 

Les chrétiens du Sud

 

Au Liban, la guerre bat toujours son plein, et les avis d’évacuation de régions entières, lancés par l’armée israélienne, se succèdent. L’aviation israélienne continue de s’acharner notamment sur l’outil financier du Hezbollah, le Qard el-Hassan, dont plusieurs succursales sont déjà détruites, en majorité dans la banlieue-sud de Beyrouth. Les habitants de sept quartiers de ce secteur ont été appelés à les évacuer «jusqu’à nouvel ordre».

 

Ces deux derniers jours ont été cependant marqués par des incidents sanglants dans des villages frontaliers chrétiens qui ne sont de toute évidence pas des fiefs du Hezbollah. À Alma el-Chaab, un septuagénaire, Sami Ghafari, a été ciblé dimanche par un drone alors qu’il arrosait son terrain. Sa mort a interpellé les observateurs.

 

Lundi, c’était au tour de Qlayaa de subir un cycle de violence dont le prêtre Pierre Raï a payé le prix de sa vie, parce que des combattants du Hezbollah se sont réfugiés derrière une maison habitée pour lancer des roquettes contre Israël. L’armée israélienne a publié lundi une vidéo, dans laquelle elle montre une «infiltration d’éléments armés dans un village chrétien du Liban-Sud», en d’autres termes des membres du Hezbollah.

 

Ces ciblages étaient-ils destinés à effrayer les habitants de ces villages, qui tiennent à rester chez eux, ou ceux-ci sont-ils réellement pris entre l’enclume du Hezbollah et le marteau d’Israël? Quoi qu’il en soit, les habitants de Alma el-Chaab ont décidé d’évacuer leur localité sous la protection de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), et ceux de Rmeich ont reçu des appels de l’armée israélienne exigeant qu’ils évacuent des déplacés chiites qu’ils avaient accueillis chez eux, et qui ont été relocalisés à Tyr.

 

Face à l’escalade des violences au Liban, la France a exprimé sa vive préoccupation. Elle a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU à New-York, qui se tiendra demain mercredi 11 mars.

 

Première apparition publique de Mohammad Raad

 

La journée du 9 mars (ou plutôt la soirée) a aussi été marquée par un discours du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, dont c’était la première apparition publique depuis les rumeurs sur son assassinat par Israël, aux premiers jours du conflit. Quelques heures seulement après sa participation à la séance parlementaire au cours de laquelle ses collègues et lui ont voté en faveur d’une prorogation de leur mandat de deux ans, M. Raad a repris les arguments du secrétaire général de son parti, Naïm Kassem, attaquant le gouvernement pour sa décision du 2 mars de considérer comme illégales les activités militaires de la milice, et assurant que le Liban «n’avait d’autre choix que la résistance».

 

De tels propos sont un défi de plus pour le gouvernement et le président de la République Joseph Aoun, qui accusait la veille le Hezbollah de provoquer l’effondrement du Liban. Ils sont aussi une nouvelle tentative de resserrer les rangs d’une base populaire de plus en plus désillusionnée.

 

Joseph Aoun, pour sa part, a effectué un déplacement au ministère de la Défense mardi, prenant la défense de l’armée dont le commandant en chef, le général Rodolphe Haykal, est de plus en plus la cible d’attaques depuis que le Hezbollah a, à nouveau, entraîné le Liban dans une guerre absurde et que l’institution militaire a été chargée de mettre en œuvre la décision du gouvernement d’interdire les activités paramilitaires destructrices de ce groupe. Le président a fait comprendre que celui-ci «ne serait pas limogé», critiquant les voix qui s’élèvent pour revendiquer son départ.

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