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L'Essentiel du jour

Nuit meurtrière au Liban-Sud

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Destructions à Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyé, après une frappe israélienne ayant visé un immeuble entier. Neuf membres d’une même famille ont été tués, dont deux nouveau-nés. (Mohammad Abushama / Anadolu via AFP)
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Par LevantTime .
Publié sept. 7, 2026 - 22:24

Le Liban s’est réveillé lundi sous le choc d’une nuit meurtrière au Liban-Sud, où au moins douze personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes, dont neuf membres d’une même famille, selon le ministère libanais de la Santé. L’escalade, qui s’est poursuivie dans la journée avec des frappes ciblées meurtrières et des raids menés pratiquement sans relâche, se concentre principalement autour de la ville de Nabatiyé. Elle alimente les craintes d’une expansion des opérations militaires israéliennes, maintenant que la colline stratégique de Ali el-Taher est tombée sous le contrôle de l’armée de Tel Aviv.

 

L’hécatombe a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, dans le village de Kfar Remmane, où un immeuble a été entièrement détruit. Neuf membres d’une même famille, dont deux nouveau-nés, y ont péri, suivis de deux secouristes des scouts d’al-Rissala islamique, relevant du mouvement Amal, ciblés par une frappe. Dans la journée de lundi, une douzième personne, ciblée par un raid, sur la route d’al-Rihane, à Jezzine, a été également tuée.

 

Dimanche déjà, huit personnes avaient péri dans des frappes israéliennes au sud du pays. Selon le ministère de la Santé, 27 personnes au total ont été tuées au cours des trois derniers jours et 69 autres ont été blessées dont des femmes et des enfants.

 

Israël reste plutôt discret sur ses intentions tactiques alors que sa stratégie militaire est connue: détruire l’arsenal et les structures militaires du Hezbollah et l’empêcher de reconstituer ses capacités de combat pour préserver la sécurité des habitants de ses localités frontalières. Un objectif qu’il suit méthodiquement, encouragé par deux facteurs: le refus total du groupe pro-iranien de déposer les armes et le refus du pouvoir libanais de passer à l’acte pour le désarmer et rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, pour diverses raisons, préférant attendre on ne sait quel règlement, diplomatique ou autre.

 

Selon plusieurs médias libanais et panarabes, des contacts sont actuellement en cours pour fixer la date et l’ordre du jour du huitième round de pourparlers directs entre Beyrouth et Tel-Aviv, à Rome. En attendant, les Libanais continuent de compter leurs morts et d’assister, impuissants, à la destruction des localités du Liban-Sud.

Après la prise de la colline de Ali el-Taher, ils redoutent que les forces israéliennes avancent vers Nabatiyé, qui risque alors de subir le même sort que Bint Jbeil, à savoir une destruction totale.

Face à ce danger, des voix parlementaires et civiles se sont une nouvelle fois élevées pour presser les autorités de déployer l’armée dans cette partie du nord du Litani. Le plus important est que le collectif chiite à Nabatiyé et Tyr, qui avait lancé un appel en ce sens il y a quelques mois, est revenu à la charge lundi, avec insistance. Au sein de la communauté chiite, le cercle hostile aux armes illégales qui ont causé la perte du Liban-Sud, semble s’élargir.

La chaîne al-Hadath a ainsi rapporté lundi un accrochage entre des combattants du Hezbollah et des partisans d’Amal à Arabsalim où ces derniers ont tenté d’empêcher les miliciens pro-iraniens de transférer des armes d’une habitation à une autre dans le village, avant un raid israélien, précédé d’un appel à évacuer les lieux.

 

La «paix ou la guerre»?

 

Au niveau officiel, on continue de dénoncer les destructions israéliennes. Devant le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, qu’il a reçu au palais de Baabda, le président Joseph Aoun a condamné «la poursuite des frappes et le meurtre d’innocents», en interpellant les autorités israéliennes. «Israël veut-il la paix ou la guerre? S’il a opté pour la guerre, qu’il le dise clairement», a-t-il lancé, tout en renouvelant son engagement en faveur des négociations directes que le Hezbollah a de nouveau décriées lundi, par la voix d’un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

 

Ce dernier a plaidé en faveur de «la résistance», la seule voie, selon lui, pour «mettre fin à l’occupation israélienne» laquelle, on ne le répétera cependant jamais assez, est le résultat direct de l’aventurisme criminel de son groupe.

 

Lundi, l’armée israélienne a d’ailleurs justifié ses frappes nocturnes par les agissements du Hezbollah, qu’elle a accusé d’avoir lancé des «drones piégés»contre ses soldats.

 

Le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé à son tour des «violations continues» du cessez-le-feu, évoquant «des attaques répétées de drones, des dépôts d’armes, des infrastructures terroristes et des centres de commandement implantés dans des zones civiles». «Le Hezbollah continue d’essayer de reconstituer ses capacités militaires dans le sud du Liban.

 

Le gouvernement libanais cherche parallèlement à renforcer la présence internationale au Liban-Sud, alors que le mandat de la Finul, déployée dans cette partie du pays, expire à la fin de l’année. Au Caire, où il représente le Liban à une réunion de la Ligue arabe, le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a souligné la nécessité d’un «mécanisme onusien renforcé» pour une application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité (qui prévoit le désarmement des milices et l’extension de l’autorité de l’État sur tout le territoire) et de l’accord-cadre avec Israël.

 

Tour de force yéménite

 

Au niveau régional, l’actualité se concentre, en ce lundi, principalement au Yémen où les forces du gouvernement ont lancé une offensive d’envergure contre la milice pro-iranienne des Houthis dans le nord du pays. Leur objectif est d’avancer pour reprendre le contrôle des secteurs pris par ce groupe et alléger la pression sur le front ouest, notamment à Taiz et Hodeidah, sur la mer Rouge, où les Houthis cherchent, sous l’impulsion de leur mentor iranien, à avancer vers Bab el-Mandeb, le détroit aussi stratégique que celui d’Ormuz pour le commerce maritime.

 

Selon le correspondant de la chaîne al-Hadath, les forces gouvernementales ont déjà pris le contrôle de la base militaire d’al-Labanat, dans al-Hazm, la capitale provinciale de Jawf. Les Houthis, pour leur part, ont affirmé avoir abattu un drone de surveillance saoudien à Jawf.

 

Côté iranien, il est intéressant de relever l’émergence de mouvements de protestation sociale, dans plusieurs provinces, où des fonctionnaires réclament le paiement de leurs salaires, notamment à Ispahan, pendant que Téhéran se targue d’augmenter sa production d’équipements militaires, dans la perspective d’une potentielle reprise de la guerre avec les États-Unis ou Israël.

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