


Dans le livre d’histoire pour le baccalauréat français, figure un chapitre à la page 138 intitulé «La naissance de l’État d’Israël». Sauf que, bizarrement, on passe de la page 137 à la page 140, les deux pages du chapitre susmentionné étant collées l’une sur l’autre. Ainsi, nos enfants seront épargnés d’apprendre la création d’un pays, que le nôtre refuse de reconnaître, et donc qui n’existe pas officiellement… Bonjour les résultats au bac si ce sujet sera posé.
Par contre, l’armée du pays qui n’existe pas, quant à elle, décime tout sur son passage ou lors de ses survols. On pourrait conclure que nous sommes attaqués par des fantômes ou des esprits. Nous n’avons pas besoin de forces régulières ou de soi-disant «résistance» paramilitaire, mais d’un exorciste.
Sur un autre plan, la BDL a annoncé l’augmentation des plafonds des deux circulaires 158 et 166, de deux cents et cent dollars respectivement, lesquels ne seront pas palpables mais virtuels (i.e. payables par cartes de débit uniquement).
Une chaîne de télévision a interrogé plusieurs personnes qui étaient contentes voire euphoriques de cette décision, de ce cadeau à l’approche des fêtes, ayant tendance à oublier qu’elles ont été initialement spoliées de leurs deniers, se satisfaisant des miettes de leurs propres sous que les banques leur reversent. Par ce merveilleux cadeau, les banques leur font l’aumône avec leur propre argent.
Là encore, l’État et les banques refusent de reconnaître leur responsabilité. En temps normal, cette situation aurait été dévastatrice pour les institutions publiques et financières, mais lorsque le peuple est doté d’une mémoire de poisson rouge, et s’évertue à ignorer qu’il a été littéralement volé, adieu les responsabilités et bonjour l’impunité.
Et au sujet de l’impunité et de l’oubli, le meilleur exemple est celui du 4 Août. Les autorités refusent une fois de plus de reconnaître une quelconque implication, voire une simple faute administrative, et nous-mêmes avons tendance à oublier ce qui fut l’un des pires cataclysme ayant frappé le pays: the show must go on…
La politique du déni est un suicide collectif. Si un jour un livre d’histoire devrait être écrit pour notre pays, les générations futures s’arrêteront probablement à l’indépendance… et pour le reste ce sera des feuilles blanches. En acceptant obséquieusement notre situation, au nom de cette fabuleuse stupidité qu’est la résilience, nous sommes devenus experts à nous effacer avant même d’être écrits….