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Politique

Une coopération riche en promesses, le Processus de Barcelone (3/5)

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La conférence plénière du 8e Forum régional de l'Union pour la Méditerranée à Barcelone, Espagne, le 27 novembre 2023. (Murat Gok/Anadolu via AFP)
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Par Jean-Patrick Dayras
Publié janv. 20, 2026 - 13:29

Troisième article de notre série d’articles sur le partenariat euro-méditerranéen: le Processus de Barcelone, ses évolutions, son financement puis son remplacement à partir de 2008 par l’Union méditerranéenne devenue Union pour la Méditerranée

La Méditerranée riche de cultures, espace d’interconnexion, carrefour de civilisations, est un ensemble de pays partageant un patrimoine, dans lequel leurs cultures différentes se sont enrichi les unes des autres. Les relations se sont étendues à des échanges économiques et scientifiques. Cette identité unique a favorisé la création de réseaux qui perdurent sur fond d’un sentiment d’unité régionale.

L'Union européenne proposa un cadre de coopération multilatérale avec l’ensemble des pays du bassin méditerranéen initiant une nouvelle phase dans leurs relations, abordant pour la première fois les aspects économiques, sociaux, humains, culturels et les questions de sécurité commune.

Ce partenariat s'est concrétisé par l’adoption d’une déclaration lors de la Conférence de Barcelone (27 et 28 novembre1995) par les États membres de l'UE et les douze pays tiers méditerranéens (PTM) : Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie (suspendue depuis mai 2011), Tunisie, Turquie, l’Autorité palestinienne et, en qualité d’observateur, la Mauritanie.

La Ligue des États arabes et l'Union du Maghreb arabe (UMA) étaient invités. La déclaration finale de la Conférence euro-méditerranéenne a été le démarrage de ce que l’on a appelé le « Processus de Barcelone » ou « Partenariat euro-méditerranéen » (PEM), également appelé « Euromed ».

Ses objectifs et ses modalités s’articulent autour de trois volets structurants : coopération politique et de sécurité dans le but de définir un espace commun de paix et de stabilité, coopération économique et financière pour la construction d'une zone de prospérité partagée, coopération culturelle et sociale pour favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles.

L’objectif final était ainsi de créer une zone de prospérité partagée dans une Zone de Libre-échange Euro-Méditerranéenne (ZLEM), ce qui a été engagé dans le cadre alors de l’UpM en 2010. L’instrument financier de cette politique euro-méditerranéenne était le programme MEDA (Mesures d’Accompagnement financières et techniques) de l'UE pour la mise en œuvre du partenariat euro-méditerranéen et de ses activités. A partir du 1er janvier 2007 l'Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP) prendra le relai. Dix pays partenaires de l'UE bénéficient, à travers le programme MEDA, de fonds de la Banque européenne d'investissement.

Cette conférence et la déclaration adoptée ont posé les fondements d'un processus visant à atteindre un cadre multilatéral de dialogue et de coopération entre l'UE et les pays tiers méditerranéens, permettant en outre de définir un programme de travail :

Dans le cadre du partenariat politique et de sécurité les membres s’engagent à soutenir le règlement juste, global et durable des conflits au Moyen-Orient, en se fondant notamment sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dans le cadre du partenariat économique et financier la mise en place de la ZLE euro-méditerranéenne est encadrée par les accords d’association euro-méditerranéens et des accords de libre-échange entre les PTM. Ces accords sont conclus dans le respect des règles de l'Organisation mondiale de commerce (OMC).

Les partenaires définissent des priorités pour faciliter la mise en place de la ZLE et doivent également fixer des priorités de coopération concernant les infrastructures de transport, le développement des technologies de l'information et la modernisation des télécommunications.

Pour ce qui concerne le partenariat social, culturel et humain, les membres coopèrent dans le but de développer les ressources humaines et pour favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles.

En 2005, dans le but de renforcer et resserrer les liens du partenariat tout en réaffirmant et développant ses objectifs qui prennent ainsi de la profondeur, l’objectif d’instaurer une zone de libre-échange entre tous les pays d’Euromed est affirmé.

Ce partenariat, fondé sur les rapports de paix entre tous les États membres qui ont des intérêts communs ainsi qu'un long passé d'échanges mutuels, s’étend à l’immigration et à la lute contre le terrorisme qui deviennent des domaines prioritaires

Le Processus de Barcelone, lancé en 1995, est une initiative unique et ambitieuse qui a jeté les bases d’un nouveau partenariat régional dans le cadre de la coopération euro-méditerranéenne. Le partenariat a été implémenté en 2008 avec la mise en place de l'Union pour la Méditerranée. Novembre 2025 a été le 30e anniversaire du processus de Barcelone, initiative historique de coopération euro-méditerranéenne lancée en 1995 dans l’espoir d’une paix partagée au Moyen-Orient.

Cette initiative a réuni des pays des deux rives de la Méditerranée pour renforcer leurs liens et relever des défis communs dans les domaines politique, économique, culturel, social et environnemental. Le processus de Barcelone a ouvert la voie à la création de l’Union pour la Méditerranée (UpM) en 2008, consolidant un esprit de coopération régionale qui perdure encore aujourd’hui.

Le conflit au Moyen-Orient a prouvé que la stabilité de la région est cruciale pour la sécurité mondiale, et toute crise en son sein ou autour d’elle se répercute inévitablement dans le monde entier. En outre, la région est confrontée à des disparités économiques croissantes, à une urgence climatique grandissante, à une fragilité sociale et présente une vulnérabilité prégnante.

Dans un contexte aussi critique, il est important de se demander si des efforts suffisants ont été déployés au cours des trente dernières années pour renforcer les cadres de coopération régionale et multilatérale afin de relever les défis communs.

Prochain article : l’Union pour la Méditerranée, bilan général depuis 1995 et, sans cacher les freins, offrira des perspectives pour 2026

Articles précédents :

1/5 Union méditerranéenne: qu'est devenu le processus de Barcelone?

2/5 L’idée méditerranéenne à l’épreuve des équilibres européens


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